Archive | juillet 2016

Le lagon noir d’Arnaldur Indridason

Mon résumé :

1979. Une jeune femme se baigne dans les eaux du lagon parce que sa boue a la vertu d’apaiser les maladies de peau. Ce jour-là, elle a le malheur (pour elle et pour lui) de trouver un corps dans le lagon. Marion et le jeune Erlendur sont chargés de l’enquête. Lui-même, à ses heures perdues (il vient de divorcer) enquête sur la disparition d’un jeune fille, 26 ans plus tôt.

Mon avis :

J’aimerai dire simplement : c’est un roman d’Arnaldur Indridason alors lisez-le. Ce serait tellement plus simple de rédiger une critique ainsi, vous ne trouvez pas ?

Ce roman nous permet de découvrir Arnaldur jeune enquêteur, peu loquace sur sa vie privée et personnelle. Pourtant, cela ne l’empêche pas, déjà, de faire preuve d’empathie envers les proches des victimes, comme Nanna, la soeur du jeune homme retrouvé assassiné, ou Svava, la tante de la jeune fille disparue presque trente ans plus tôt. De ténacité aussi, lorsqu’il interroge quelqu’un qui n’a pas envie de se livrer. Il faut dire qu’avec Marion, il est à bonne école : elle renonce très rarement et sait utiliser tous les arguments dont elle dispose pour parvenir à ses fins. Marion, ou l’art de maîtriser le langage et de l’utiliser à bon escient. La pugnacité aussi, comme il le prouvera lors du dénouement.

N’anticipons pas trop. Pour l’instant, nous sommes non loin de la base américaine, et la victime avait des liens avec elle. Il avait fait ses études aux Etats-Unis, s’habillait de vêtements américains à une époque où ce n’était pas légion, et travaillait en liaison avec cette fameuse base américaine, qui comportait autant de fans que de détracteurs. La base jouit de la même impunité qu’une ambassade, et il est difficile de savoir ce qui s’y trame réellement. Et les américains ne sont pas tendres avec les islandais, qu’ils méprisent, voire insultent, comme si l’Islande ne devait être qu’une vaste base américaine (je paraphrase Erlendur).

Ne rien lâcher, être patient, écouter, écouter même les silences qui en disent longs sur la volonté de ne pas se confier. Prendre des risques aussi. Marion pourra compter sur Caroline, une jeune officier de la base. Point qui ne sera dévoilé qu’au cours de l’enquête : Caroline est noire. Cela n’a pas d’importance pour Marion, cela en a pour certains membres de la base. Et cela en dit long sur eux, et sur la ténacité de Caroline, pour être parvenue jusque là.

Le lagon noir est – encore – une très bonne double enquête d’Erlendur. Ne passez pas à côté d’elle, ce serait vraiment dommage.

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Un reptile par habitant de Theo Ananissoh

Mon résumé :

Narcisse est enseignant dans un lycée, il a un certain succès auprès de ses lycéennes, auxquelles il donne rendez-vous dans une ancienne plantation de manguier. Il a aussi du succès auprès des femmes. Alors qu’il est avec Joséphine, une quadragénaire divorcée, il n’aurait pas dû répondre à l’appel d’Edith. Il n’aurait pas dû aller chez elle en pleine nuit et découvrir, assassiné, le corps du vice-président du pays.

Sur l’auteur :

Theo Ananissoh est né en 1962 en Centrafrique de parents togolais. Docteur es lettres modernes, il enseigne la littérature africaine de langue français à l’université de Cologne.

Mon avis :

Ce court roman (une centaine de pages) nous raconte l’histoire de Narcisse, un professeur, mais surtout, un impénitent coureur de jupons, qui appelle un chat un chat. Ce pourrait être un vaudeville, si ce n’est que le second amant de sa seconde maîtresse (respectons l’ordre chronologique) a la mauvaise idée d’être inopinément assassiné chez elle, alors qu’il est le vice-président, et le beau-frère du président en titre. Que faire, que faire ? Narcisse aurait aimé une solution simple : prévenir la police et surtout, ne pas avoir accouru chez Edith ! Edith, qui, devant le manque flagrant de bonne volonté de Narcisse, appelle son troisième amant, le sous-préfet, qui prend les choses en main.

Ce que nous raconte l’auteur n’est ni plus ni moins qu’un coup d’état dans un pays qui n’en demandait pas tant. Narcisse, le personnage principal, ne s’intéresse ni à la politique, ni à l’histoire qu’elle soit passée ou contemporaine, contrairement à son collège Zuptizer, le professeur…. d’histoire, qui apporte un éclairage tout personnel (ou pas ?) sur le rôle des tirailleurs sénégalais. Narcisse, lui, est plus préoccupé par ses conquêtes que par ce qui se passe autour de lui, sauf quand il craint de finir emprisonner pour l’aide qu’il a apporté presque malgré lui à Edith. Il s’inquiète, et ne se pose pas trop de questions – il craint cependant qu’Edith ne craque, après tout, elle est une femme qui bavarde facilement.

Un reptile par habitant est le conte d’un coup d’Etat presque ordinaire, presque prévisible, du moins, si l’on regarde un peu plus loin que son nombril, contrairement à ce que fait Narcisse le bien nommé. Professeur, il ne se pose finalement guère de question sur ce qui s’est réellement passé ce jour-là. Il en pose beaucoup après, dans un pays où les informations parviennent au compte-gouttes, quand elles ne sont tout simplement pas détournées, arrangées, faussées. Il en pose peut-être un peu trop. A voir. La fin est quasiment ouverte, tout en fermant, tout de même, des possibilités pour au moins un des personnages. Que fera Narcisse ? Il est à noter qu’un mystérieux narrateur à la première personne apparaît de temps en temps et semble être un élève de Narcisse. Peut-être est-ce une manière de nous montrer ce qui est advenu après le dernier chapitre du roman.

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La rivière de sang de Jim Tenuto

Présentation de l’éditeur :

Ex-star de football universitaire et vétéran de la guerre du Golfe, Dahlgren Wallace n’aspire qu’à poser ses valises. Aussi, lorsque le magnat des médias Fred Lather lui propose de devenir guide de pêche dans sa propriété du Montana, l’occasion est trop belle. Jusqu’au jour où l’un des invités se fait assassiner à quelques pas de lui. Accusé du meurtre, Wallace est contraint de mener sa propre enquête.

b93ab-102bans2bgallmeister2bchallengeMon avis :

J’ai lu un article, récemment, sur les avertissements que certains croient utiles de mettre sur les livres (je crois que cela se passe aux Etats-Unis, pas en France, du moins, pas pour l’instant). je ne parle pas bien sûr des bandeaux mis par les libraires pour présenter les livres et dire à quel point ils les ont aimés, non. Je parle de bandeaux expliquant que telle ou telle personne ne devait pas lire ce livre parce que… parce que …. On ne sait jamais ! Lire nuit gravement à la santé.

Je confirme pour ce livre : il nuit gravement à la bêtise, à l’étroitesse d’esprit et à l’inculture. Non, parce que, si vous avez l’esprit étroit, ne jurez que par les belles lettres, les très belles lettres, celles où pas un seul mot ne dépasse, où tout est de bon ton, vous êtes vraiment mal barré. Le langage peut être une arme très efficace. Prenez notre héros, Dahlgren Wallace. Il tient toujours ses promesses. Quand, plus que malmené, il promet à ses tortionnaires « un coup de pied qui lui ferait confondre ses couilles avec sa pome d’adam », et bien il le fait. Et pourtant, il n’avait rien demandé à personne.  Il mène une vie bien tranquille dans le Montana, où il est guide, un peu comme le héros de William G. Tapply dans le Maine. Sa journée idéale se résume à une belle rivière, le calme, et la pêche à la mouche. Une existence des plus ordinaires pour un homme qui a un passé qui l’est un peu moins. Ah, si, tout de même : il a une aversion pour les Californiens, qui se prennent de passion pour la pêche à la mouche tout en n’y connaissant rien du tout mais croyant tout savoir ou presque grâce à leur matériel. Il ne supporte pas non plus les Mormons – et je dois dire que, eu égard à tout ce que j’ai appris sur eux dans ce roman, je les supporte fort peu également, si tant est que j’ai eu des affinités avec eux (lire Le retour du gang de la clef à molette au cas où vous voudriez en faire vos meilleurs potes).  Tout allait presque bien dans la vie de Dahlgren, jusqu’à ce que son patron convie pour le week-end la personne à qui il compte acheter beaucoup d’actions, et qui se trouve être mormon ET californien – et oui, tous ne vivent pas en Utah. Il ne vient pas seul : il est accompagné de sa femme, ex-miss Utah. Par contre, c’est seul, au milieu d’une rivière, qu’il a le bon goût de se faire assassiner – et Dahlgren de se retrouver le suspect n°1, ce sont il se passerait bien.

La suite n’est pas que rocambolesque. Elle permet de découvrir non seulement la beauté des paysages du Montana, mais aussi bien des aspects de l’Amérique profonde. Non, il ne s’agit pas de cow-boy bas de plafond – les cow-boys sont loin d’être les pires et gagnent à être connus, tel le taciturne régisseur de Fred. Non, les pseudo-intellectuels, empêtrés dans leurs croyances, sont de loin bien plus dangereux et bien plus puérils. Ils peuvent faire sourire, parfois. Il faut bien du courage, pour ne pas dire de la témérité à Dahlgren pour les affronter comme il le fait, et de manière pas vraiment volontaire. Ce n’est pas son passé lors des opérations de la guerre du Golf qui peut l’amener à surestimer ses activistes du dimanche qui se croient très malins. Ils se croient très fort, les chers petits – ils ne le sont pas vraiment. Ils pourraient presque faire rire si l’on ne savait qu’il existe, dans chaque parti extrême, des gens prêts véritablement à tout. Et si Fred, le grand patron de Wallace, n’est pas toujours sympathique, ses opposants ne le sont jamais. Et, comme Dahlgren, Fred n’a pas peur d’employer un langage très cru : « Quoi les autres employés du ranch ? Y s’raient pas foutus de vider une botte pleine de pisse même si le mode d’emploi était détaillé sur le talon.  » ou encore « J’ai lêché tellement de culs de banquiers que j’ai la langue en costume trois pièces ».

Quant aux enquêteurs officiels…. ils sont très doués. Mention spéciale pour l’agent du FBI, qui pratique la récupération de manière particulièrement active.

La rivière de sang est un excellent roman noir, à découvrir pour ceux qui n’ont pas peur des gens qui disent crument ce qu’ils pensent.

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Jazz Band de Grégoire Lacroix

Présentation de l’éditeur :

Nous Autres les Surdoués sommes des guerriers redoutables lorsque les cibles sont clairement désignées. Et elles le sont : les sectes et mafias de toute nature. Cette lutte est ma seule raison de vivre, que dis-je, de survivre…
Mon arsenal :
– Mon étonnante super-efficience mentale.
– La précision diabolique de mes tirs.
– Mon imparable pouvoir de séduction.
Trois atouts sublimés par mon talent reconnu de guitariste.
Mon adjoint, Basile Duglandier, souffre un peu de l’ombre que je lui porte mais je le rassure en lui disant, en toute modestie, que « l’ombre d’un génie c’est encore du soleil ». Nous formons donc, à nous deux, une équipe d’une stupéfiante efficacité comme le prouvent les deux incroyables enquêtes que je relate dans ce livre…

Mon avis :

J’espère sincèrement que l’auteur a pris plaisir à écrire ce roman, parce qu’il serait quand même rudement dommage d’écrire une œuvre aussi jubilatoire, bourré d’inventivité et de nous servir après le couplet de « l’écriture est une souffrance » avec forces soupirs.

Je ne parlerai pas non plus de la construction de l’intrigue qui est totalement rocambolesque du début jusqu’à la fin, que ce soit pour la première « mission » de Jazz Band ou pour la « seconde ». Il faut oser, de temps en temps, aller au-delà de ce qui paraît raisonnable – et pourquoi toutes les intrigues devraient être ultra-réalistes, je vous demande un peu ?

Si Jazz est un surdoué, il a également un égo surdimensionné – qu’il exprime parfaitement dans son texte. Mais j’ai préféré l’inénarrable Basile Duglantier. Comme dit si bien Jazz Band « L’ennui, avec lui, c’est la rareté de la matière première : quand il a une idée derrière la tête, c’est loin derrière et comme il n’en a qu’une à la fois, elle s’enfuit aussitôt par peur de la solitude. « 

Jazz Band, un livre à lire si vous aimez les romans d’espionnage qui sortent de l’ordinaire.

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Maman est là de Ganbaatar Ichinnorov

Présentation de l’éditeur :

Au nord de la Mongolie s’étendent d’obscures forêts qu’on appelle « taïga ». Les gens de là-bas mènent une vie tranquille en compagnie des rennes. Mais au plus profond des bois, guettant les tout petits enfants, vit aussi le renard, malin et cruel.

Mon avis :

Voici un très joli conte traditionnel mongol – ou comment une maman prend soin de son enfant, tout en s’occupant des rennes qui lui donnent le lait pour son bébé.

L’ennemi ? Le froid, bien sûr, le manque de nourriture mais aussi, comme dans la culture européenne, le renard. Il pense avant tout à se nourrir, et les petits abandonnés sont des proies faciles – si la maman n’est pas suffisamment attentive.

Chaque étape de ce conte nous montre comment  la mère parvient à déjouer, au beau milieu de la Mongolie, chacune des incursions du renard, même si celui-ci se révèle particulièrement rusé, apte lui aussi à surmonter les moyens mis au point par la maman pour protéger son enfant.

Les dessins sont superbes, le récit, qui marque une progression certaine jusqu’au dénouement, est remarquablement bien construit. Un conte à lire et à partager.

Journal d’un louveteau garou, tome 2, jour 2

Cher journal
« On reconnaît un alpha à sa capacité à fermer sa gueule quand il le faut ».
Liutpold Griffenfer, alpha de notre meute en 2012.
Je dois dire qu’il avait raison.
Ce matin, j’ai défié Paul, le nouvel alpha de mon ancienne classe, en combat singulier. Il a dit :
– D’accord. Retrouvons-nous à quatorze heures. Sur le terrain.
J’ai oublié le nom des prises qu’il m’a faites. Il faut que je les apprenne d’urgence. Il paraît que ce sont des prises de base, très simples, que tout alpha se doit de maîtriser. Je n’ai pas pu faire grand chose, le combat n’a duré que cinq minutes – c’est ce que l’on m’a dit, après coup. Moi, je ne sais pas, l’on m’a porté à l’infirmerie parce que je m’étais évanouillé. Enfin, tout ça pour dire que j’ai compris, après deux prises, pourquoi il est un alpha majeur, et moi, un alpha mineur.
J’ai failli oublier : j’ai réussi à l’égratigner. Du coup, l’infirmière l’a soigné en premier. Et oui, il y a des priorités dans la vie d’une infirmière nouvellement nommée, surtout quand son premier patient se trouve être son petit frère chéri, aimé, adoré, protégé depuis des années. J’avais la tête dure, paraît-il, je pouvais bien attendre qu’elle désinfecte la plaie. Et j’avais osé défier son frère, je n’avais qu’à m’en prendre qu’à moi-même.
Les jours à venir vont être difficiles, mais je sais que je peux compter sur l’inconditionnel soutien de mon frère Valère, qui sent que ce n’est pas demain la veille qu’il sera alpha, même d’une toute petite classe.
Je te laisse, cher journal, il faut que je soigne mon orgueil blessé.
Anatole Sganou.

Mon gateau anglais sablé

 

IMG_7944Je n’en avais encore jamais donné la recette, par manque de temps. Je profite de ce premier dimanche de juillet sous la pluie pour le faire. Elle est adaptée au goût de mes proches.

Ingrédients :

deux oeufs.
125 grammes de vergeoise brune.
150 grammes de farine.
100 grammes de beurre demi-sel.
Un pot de confiture d’abricot.

Comment faire ?

– Garder son calme.
– Faire fondre le beurre.
– Battre les oeufs en omelette.
– Mélanger les oeufs, la vergeoise brune, puis le beurre.
– Ajouter la farine petit à petit.
– Mettre dans un moule et faire cuire 30 minutes à 180 °.
– Servir avec de la confiture d’abricot (j’avais la chance d’avoir de la confiture maison) dont le pot a été ouvert par quelqu’un qui a conservé son calme.

Marilyn 1962 de Stéphane Cauchon

Présentation de l’éditeur :

Eunice, Whitey, Agnes, Ralph, Ralph encore, mais aussi Paula, Inez, Larry, Evelyn, Cherie, Bert et Pat.
C’est à leurs côtés que Marilyn Monroe vécut ses derniers mois à Los Angeles en 1962. Des amis, des collaborateurs, des proches… en réalité quasiment tous ses employés. Pas un parmi eux du moins dont le quotidien professionnel n’était alors directement lié à sa relation privilégiée avec l’actrice. Et tous virent leur destin bouleversé à la mort de la star.

Mon avis :

Si vous êtes fan de Marilyn Monroe, de son oeuvre, de la figure mythique qu’elle représente, vous avez certainement lu une ou plusieurs biographies qui lui sont consacrées. Certaines sont intéressantes, d’autres partiales. Marilyn 1962 s’intéresse à la dernière année de la vie de la star (pour une fois, le mot n’est pas galvaudée) et des personnes qui l’ont entourée.
Mon premier constat est simple : pas de famille (sa mère, Gladys, est internée, sa demi-soeur, rencontrée sur le tard, est éloignée), plus de mari, peu de véritables amis. Ceux-ci se révèleront véritablement après sa mort, tel Pat, qui refusa toujours d’écrire, de témoigner sur celle qu’elle considéra davantage comme son amie que son employeur, ou Allan Whitey, le fidèle maquilleur. Marilyn vit dans une immense solitude, rémunérant tous ceux qui l’entourent ou presque, se montrant d’une très grande générosité. Cela va de pair avec les vastes difficultés financières qu’elle dut affronter, et tout ce qu’elle devait effectuer pour rester la star qu’elle était.
Mon deuxième constat est sur l’industrie du cinéma, dure, impitoyable. Etre une bonne actrice ne suffit pas, financer un film, gagner son indépendance est un travail quotidien. Et sur le plateau, la coiffure, le maquillage, les conditions de tournage sont bien plus complexes qu’on ne peut le penser en regardant le résultat final.
Mon troisième constat est que l’on découvre une Marilyn dont la santé physique et mentale est fragile. Bien sur, après coup, il est facile de voir la catastrophe venir, de tout interpréter comme des « présages ». On ne récrit pas l’histoire, et l’auteur ne se propose pas de le faire, simplement, il l’éclaire en nous montrant qui l’entourait, et pourquoi.

Marilyn 1962, un livre pour tous ceux qui veulent en savoir plus sur la dernière année de Marilyn.

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Vivre vite de Philippe Besson

Présentation de l’éditeur :

En trois films et un crash automobile, James Dean est devenu une icône intemporelle, toujours aussi insaisissable. Vivre vite, roman choral tout en nuances, porte un regard intime et inédit sur l’existence tumultueuse du jeune prodige, mort à l’âge de 24 ans.

Mon avis :

Autant je n’avais pas aimé le premier livre que j’ai lu de Philippe Besson (De là, on voit la mer), autant j’ai apprécié celui-ci. Biographie romancée de James Dean, Vivre vite laisse place, toute la place à James Dean, et à ceux qui l’ont connu, ou croisé simplement et en ont gardé un souvenir, une empreinte. Construit de manière circulaire, ce roman donne la parole à la première personne qui l’a aimé, encouragé, qui a cru en lui et se referme sur une dernière parole pour elle : sa mère, Mildred, disparue prématurément alors que James Dean, fils unique, n’avait que neuf ans et qu’il voyagea dans le même train que le cercueil qui ramenait sa mère de la Californie, où elle mourut, à l’Indiana qui les avait vus naître, elle et son fils. Son père était plus distant, géographiquement (James sera élevé par son oncle et sa tante dans leur ferme de l’Indiana) et humainement : il veut que son fils fasse des études « sérieuses », du droit, non du théâtre. La suite, nous la connaissons, et pourtant, nous redécouvrons le parcours de ce jeune homme, insaisissable souvent, imprévisible presque tout le temps.

L’auteur ne cache pas ses amours masculines, ce que certains jugent « de bon ton » d’ignorer. Je déteste pour ma part ce « politiquement correct » quand il s’agit de biographie, même romancée. Il ne cache pas non plus ses amours féminines – pas de partie pris, mais le récit de la vie d’un jeune homme qui avait des mentors féminins, et non masculins, telles que sa première professeur de théâtre ou ses agents successives. Philippe Besson se garde bien de juger, mais n’oublie pas que, si certains l’ont admiré, aimé, protégé, d’autres l’ont détesté – presque pour les mêmes raisons.

Je terminerai par cette citation :
« On me répondait qu’il vaut mieux une vie brève et bien remplie qu’une longue existence morne. Oui, peut-être. mais ça ne m’a jamais consolé ».

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