Archive | juillet 2016

Agatha Raison enquête : la quiche fatale

Présentation de l’éditeur :

Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

Merci à Aurore, des éditions Albin Michel, pour m’avoir fait parvenir les deux premières enquêtes d’Agatha Raisin traduites en français. Je ne les ai pas lus dans l’ordre – étant toujours très logique.

Mon avis :

On ne parlera jamais assez des dangers de la cuisine anglaise ! Grâce à ce roman, le premier volume des enquêtes d’Agatha Raisin qui en comptent vingt-cinq à ce jour, le lecteur a droit à une mise en garde très précise.

Avant toute chose, laissez-moi vous présenter Agatha Raisin. C’est une femme qui s’est faite toute seule, ne pouvant pas compter sur ses parents, encore moins sur son mari (vite oublié) pour l’aider. A cinquante, elle vend sa florissante entreprise de relations publiques et s’achète un charmant cottage, dans un non moins charmant village des Costwolds. Les habitants sont … fort peu accueillants. Un brin profiteur pour certains. Et Agatha de désespérer de s’intégrer un jour, aussi décide-t-elle de s’inscrire à un concours de cuisine, un de ses charmants concours qui fleurissent dans les petits villages anglais, tels que les concours de confiture ou les concours d’élégance canine (à quand un concours d’élégance féline ?).

Ce n’est pas vraiment sa faute si le juge s’écroule, empoisonné, après avoir mangé sa quiche – elle ne l’avait même pas cuisiné elle-même, et la police conclut à un accident. Mais cela risque de le devenir aux yeux des villageois, ou du moins aux yeux des femmes qui n’avaient d’yeux que pour le juge. Que faire ? Déménager ? Non, enquêter ! Agatha y met la même passion et la même énergie qu’elle en mettait à son travail, découvrant des personnes bien plus chaleureuses que celles qu’elle a côtoyées à son arrivée. Je pense à la femme du pasteur, une personnalité indispensable à la survie de la vie sociale du village, ou encore à Bill Wong, l’agent de police qui n’a de cesse d’être toujours là au bon moment et de répéter à Agatha de ne pas se mêler de l’enquête. Un jeune homme véritablement charmant, et un véritable ami des bêtes qui plus est.

Bien sûr, certains pourraient trouver que le rythme de l’enquête est un peu lent. Comment pourrait-il être rapide puisqu’il n’y a pas d’enquête officielle et qu’Agatha n’a pas autant de moyens qu’un enquêteur officiel. En tout cas, là où Agatha passe, elle fait bouger les choses, ce qui est plutôt positif, tout en incitant les autres à se remuer :

« Pourquoi nous conduisons-nous comme des brebis errantes ? se demanda Agatha. Pourquoi les Britanniques sont-ils si peureux, soumis et placides? Pourquoi est-ce que personne ne crie, ne demande à voir le contrôleur pour exiger une explication ? D’autres peuples, plus expansifs, ne se laisseraient pas faire ainsi.  »

Agatha Raisin enquête – ou la preuve que l’heure de la retraite n’est pas l’heure du repos.

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Un peu de musique pour votre samedi

Il est des matins plus difficiles que d’autres, des matins où l’on n’a pas envie, et où les informations ne nous apprennent rien  de bon. Et, en écrivant ceci, j’ai vraiment l’impression de manier l’art de l’euphémisme.

Pour les matins difficiles, pensons à des chanteurs à l’énergie communicative (et pour qui le mot « talent » me semble trop faible »).

Voici donc, en live, Claude Nougaro et son Nougayork (ce pied de nez à la maison de disque qui l’avait très gentiment viré).

Bonne journée à tous, prenez soin de vous et des personnes que vous aimez.

Le croque-mort enfonce le clou de Tim Cockey

Présentation de l’éditeur (un peu bricolée) :

À son corps défendant, Hitchcock, croque-mortde Baltimore part en croisade pour innocenter son ami Sisco, un musicien ascendant mauvais garçon, soupçonné du meurtre du mari de sa maîtresse.
Entre deux visites à Peggy, une vieille amie retrouvée par hasard dans une maison de retraite, il n’a de cesse de chercher le coupable. Mais lorsque celle-ci décède à son tour, la situation prend une nouvelle tournure. Perplexe et sceptique, notre détective amateur tâtonne, mais ne se rend pas !

logopolarssharon1Mon avis :

C’est la première aventure du croque-mort que je lis, et ce n’est sans doute pas la dernière – il faut juste que je parvienne à mettre la main sur les autres volumes.

Hitchcock a des amis fort sympathiques – et, en tant qu’ami, il est tout prêt à les aider, dans les limites de la légalité ! Sisco a d’immenses capacités à se fourrer dans des situations invraisemblables, et il y en aura d’autres dans le roman. Hitch devra encore (et toujours) lui venir en aide, et aussi lui dire quelques vérités par toujours agréable à entendre. Pour l’instant, Hitch, après s’être assuré que le mari, Jake, ne respirait plus du tout (mais sa femme, oui, elle était même en pleine santé), découvre que la police n’a pas été prévenue. Et bien non, quand on a un ami croque-mort, n’est-ce pas ???

Hitch ne se fait pas que des amis dans cette enquête – c’est fou le nombre d’hommes qui ne veulent absolument pas qu’il approche de leur femme ! Pauvres petites femmes, incapables de se protéger elles-mêmes, incapables, aussi, pour certaines, de réfléchir par elles-mêmes.  La gent féminine ne sort pas forcément grandie de cette intrigue, la gent masculine non plus, je vous rassure tout de suite.

La fidélité et l’ambition sont les deux moteurs de cette intrigue. Fidélité à un homme, à une entreprise, à des valeurs, à des souvenirs. Ambition de s’élever dans la société, de s’enrichir, de se venger également. Quant au courage, il n’est pas très fréquent. Ne perdons pas les acquits. Ayons le beurre et l’argent du beurre.

Le croque-mort enfonce les clous est un roman agréable à lire, lui qui montre une réalité (la manière dont les personnes âgées sont traitées, par exemple) qui ne l’est pas toujours.

 

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Mortel Sabbat de Douglas Preston et Lincoln Child

Présentation de l’éditeur :

Pendergast est contacté par Percival Lake, un sculpteur à qui on a volé une collection de vins rares. En compagnie de Constance Greene, Pendergast se rend à Exmouth, petit village de pêcheurs situé au nord de Salem, dans le Massachusetts.
En examinant la cave pillée, Pendergast découvre, derrière les rayonnages, une niche secrète ayant abrité un corps. Le vol des précieux flacons ne serait donc qu’un leurre destiné à masquer la disparition du squelette…
Peu après leur arrivée, un historien qui enquêtait sur le naufrage d’un navire, à la fin du xixe, est assassiné. Son corps mutilé et recouvert de symboles sataniques est retrouvé dans les marécages. Puis c’est au tour du notaire local de subir le même sort…

50Mon avis :

Je ne vous cache pas qu’il faut passer outre la couverture, qui n’est pas exactement mon genre – pour ne pas dire pas du tout. En revanche, je pense qu’elle séduirait une personne de mon entourage. Le seul point positif, si j’ose dire, est qu’elle est une invitation à ouvrir le livre très vite afin de ne plus la voir !

Cette lecture est une première rencontre pour moi avec Douglais Preston – j’ai déjà lu un roman écrit en solo par Lincoln Child. Première rencontre également avec Pendergast et Constance, son assistante. J’ai envie de m’attarder sur celle-ci. Elle semble vivre hors du temps, par sa manière de s’habiller, de s’exprimer, pourtant elle pense et agit non comme une jeune femme d’aujourd’hui, mais comme une jeune femme capable de se sortir de toutes les situations périlleuses (ou non) dans lesquelles elle pourrait se trouver. Et elles sont assez nombreuses.

Pendergast lui, s’amuse – presque. Se rendre dans le Massachusetts, non loin de Salem, pour enquêter sur la disparition de bouteilles de vin, si fameuses soient-elles peut surprendre. Ce qu’il découvre dans cette bourgade presque charmante, presque tranquille est… inimaginable. Je vous rassure, je ne vous le raconterai pas. Mais je peux cependant vous dire que ce livre est vraiment très prenant, que l’intrigue est remarquablement construite. Pendergast s’y entend pour révéler ce que personne (ou presque) ne s’attendait à découvrir. A certains moments du texte, je me suis sentis proche des meilleures pages signées Jules Verne (Les Indes noires).

Et puis l’on bascule. Dans les deux premiers tiers du récit, il y avait eu quelques indices, comme négligemment laissés là. Le dernier tiers du récit est véritablement un paroxysme qui nous entraîne ailleurs, tout en restant dans ces marais de la Nouvelle-Angleterre fort peu accueillants. Frissons garantis, quelle que soit la température. Et j’espère bien qu’il y aura une suite.

Et une pensée pour Chablis, 17 ans, qui est resté sur moi pendant presque toute la lecture (autant mettre une photo qui l’avantage).

 

Et pour toujours, ce sera l’été de Valentin Spitz

Présentation de l’éditeur :

Au cœur de l’été, Lucas, 17 ans, arrive à Saint-Tropez dans la maison louée par Marc, son père, un acteur célèbre. Le jeune homme n’a de cesse d’attirer l’attention de ce père absent et froid. Livré à lui-même, Lucas se perd dans les nuits tropéziennes, jusqu’à l’arrivée de Marie-Baptiste, sa belle-mère qui gère la carrière de Marc et tente d’occuper la place laissée vacante par sa mère, mystérieusement disparue après sa naissance.  Cet été là, le jeune homme va revisiter son histoire familiale et plonger au cœur de ses failles les plus profondes.

Merci à Valentin Spitz qui m’a proposé son premier roman et aux éditions Jean-Claude Lattès.

Mon avis :

Il n’est jamais facile de chroniquer un livre qui vous a été proposé par l’auteur. Ce n’est pas tant le fait que l’on puisse aimer ou non le lire, mais que l’auteur n’apprécie pas ou n’accepte pas ce que l’on pense de son roman, à plus fort raison quand il s’agit d’un premier roman.

J’ai lu ce livre très facilement, une fois que je me suis plongée dedans. Les premières pages m’ont rappelé l’univers de Lolita Pille (Hell) ou de Sacha Sperling (Mes illusions donnent sur la cour) : un adolescent, presque majeur mais encore lycéen, profite de ses vacances d’été. Il est très libre, de ses loisirs, de ses déplacements, de ses rencontres, très libéré aussi, ne manque jamais d’argent et le dépense sans rendre de compte. Il met sa vie en danger, non avec l’inconscience de la jeunesse qui se croit immortel, mais avec le désir d’en finir. Pourquoi ?

Bien que plusieurs points de vue soient présents, celui de Lucas domine. Fils unique d’un acteur de cinéma et d’une mère mystérieusement disparue, il apprécie peu Béatrice, l’assistante de son père, l’une des rares, avec le père, dont on n’entend pas la voix, et surtout pas Marie-Baptiste, l’agent de son père. Marie-Baptiste, un prénom qui virilise curieusement la première compagne de Marc, le père de Lucas, elle par qui le lecteur apprend le passé de Marc, leur lente ascension commune, la façon dont ils se sont déchirés. Une chronologie ferme, daté, comme un point fixe auquel le lecteur puisse se raccrocher. Même si le journal de Lucas est daté, des failles apparaissent (entre le 7 et le 16 août, qu’a-t-il bien pu se passer ?) ou bien des journées sont extrêmement développées. Lucas aussi se replonge dans le passé, de manière à élucider la disparition de sa mère, dont on sait peu de choses, finalement. Flous aussi, ses propos au sujet de son père, que l’on peut accuser de…. Le lecteur peut soupçonner, sans avoir jamais réellement de preuves puisque les faits qui sont suggérés ne sont racontés que par Lucas. Une autre interprétation (au moins) est possible. Au lecteur de décider, comme dans un récit fantastique.

Ce n’est pas le seul genre (en plus du journal intime, ne l’oublions pas) auquel ce livre empreinte. Comme dans un roman policier, le lecteur, quand il referme le livre, est invité à retourner en arrière, pour examiner les indices, et trouver des preuves de son interprétation. Bref, Et pour toujours, ce sera l’été n’est pas une romance distrayante à lire sur un transat, même s’il est inscrit dans l’air du temps, avec l’importance, pour Lucas, de l’utilisation des réseaux sociaux. Même si je me demande avec qui il interagit, lui qui poste des videos, et reçois des sms (plutôt correctement écrits) plutôt qu’il n’en écrit.

Et comme je ne suis pas une critique professionnelle mais une blogueuse, je termine par un point qui m’a amusé : l’importance du petit déjeuner traditionnel café/croissant/jus d’orange, comme un rituel rassurant, qui n’empêchera pourtant pas les événements de survenir.

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Le retour du gang de la clef à molette d’Edward Abbey

Présentation de l’éditeur :

Le monstre est en marche : le super-excavateur géant Goliath, le plus terrifiant engin jamais construit par l’homme, menace les déserts de l’Ouest. C’est compter sans le farouche Hayduke et ses amis, bien décidés à enrayer la course du titan. Le Gang de la Clef à Molette est de retour ! S’engage alors un combat désespéré contre la « Machine » industrielle. Les usines explosent, les bulldozers s’évanouissent dans la nature… Contre l’asservissement des esprits, tous les coups sont permis ! Tout à la fois outrancier et nostalgique, Le Retour du Gang de la Clef à Molette est une dénonciation cinglante de l’ordre établi et un chant d’amour aux espaces sauvages.

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Mon avis :

Tout d’abord, je dois dire que je préfère nettement le titre original, à savoir Hayduke lives ! Cependant, pour le lectorat français, ce titre-ci a le mérite d’être clair, et c’est bien la suite du gang de la clef à molette que nous avons entre les mains.

Le révérend Love est en forme, si, si, vraiment très en forme, preuve que Doc Sarvis a vraiment fait du bon boulot. Il est revenu à ses premières amours. Non, je ne parle pas de sa femme, avec laquelle il a eu onze enfants, comme le lui commande son église, je parle de sa volonté d’asservir la nature afin que l’homme puisse en tirer le plus de profit possible. Son discours est parfaitement rôdé, parfaitement logique, pour peu que l’on apprécie la logique des politiciens de tout poil, et des religieux de tout bord. Love applique à la lettre les préceptes qu’il enseigne, et sa détermination n’a fait que croitre – les moyens pour la mettre en oeuvre aussi.

Ses opposants aussi ont pris du poil de la bête. Non, je ne parle pas des quatre membres du gang, je parle des activistes d’Earth First ! Ils sont nombreux, sympas, non-violents, et, en dépit de leur nombre, de leur engagement, ne semblent guère avoir de chance face à la force (armée) des gentils tenants du progrès et de l’argent. Ils ne manquent pas de moyen, et ils ont la loi de leur côté – enfin… parce qu’ils savent la contourner, et mettre devant le fait accompli avant que tous les recours ne soient déposés. C’est cela aussi, l’Amérique.

Pendant ce temps, et bien nos trois héros n’ont pas vraiment envie de s’en mêler : leur période de probation est presque terminée. Doc Sarvis, qui exerce dans des conditions plus modestes que dans le gang, n’en reste pas moins un bon médecin, il est marié à Bonnie, ils ont un petit garçon Reuben, et Bonnie attend leur second enfant. Une famille des plus ordinaires, presque comme celles qu’a fondé Seldom Seen avec ses trois femmes. Reste donc Georges Hayduke, bien vivant, de retour, qui n’a pas envie de laisser faire les choses, mais qui a bien l’intention d’en découdre et de faire revenir dans la lutte ses amis. Ils aiment bien Georges, ils l’aiment même beaucoup mais… non, sans façon. Du moins dans un premier temps.

Et oui : on peut être rangé, avoir une petite vie bien tranquille et s’engager malgré tout, parce que l’on a des convictions, que le quotidien n’a pas émoussé, non, juste un peu mis de côté. Et l’énergie, l’envie de lutter, est là, elle transparaît dans l’écriture, énergique, vive, pleine d’ironie parfois, de colère aussi, face au gâchis programmé. Pour ne pas oublier aussi que parler, c’est bien, agir, c’est mieux.

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Les carnets retrouvés de Dang Thuy Tran (1968-1970)

Présentation (très complète)  de l’éditeur :

En 1966, Dang Thuy Tram s’engage comme volontaire pour participer à la lutte contre les Américains. Elle a 23 ans, elles est médecin et tient un journal de sa vie de guerre. Elle a en charge un hôpital de campagne dans la région de Quang Ngai. En juin 1970, l’hôpital est bombardé, Dang Thuy Tram et ses compagnons sont repérés par une patrouille américaine. Sa longue et périlleuse guerre prend fin, elle meurt touchée en plein front. Les deux carnets qui composent son journal sont retrouvés sur la piste par un agent des services secrets américains, échappent par miracle à la destruction et sont conservés dans un dépôt de l’armée américaine pendant 35 ans. Ce n’est qu’en 2005, à la suite d’une longue enquête et de hasards heureux, que les carnets sont enfin restitués à sa famille vietnamienne. Dang Thuy Tram devient une héroïne nationale. Ses cendres sont placées dans un mausolée.

Mon avis :

Nous connaissons tous des films, des séries télévisées, des romans, qui parlent de la guerre du Vietnam du point de vue américain. Des personnages bien connus de la littérature américaine sont des vétérans de la guerre du Vietnam et en conservent les traumatismes. Mais pouvez-vous me citer un film, une série télévisée, un roman qui nous montre la guerre du point de vue des vietnamiens ?

Ce livre est un document unique parce qu’il n’est pas un roman, mais les carnets d’une jeune doctoresse vietnamienne, engagée volontaire, morte en 1970. C’est une lapalissade de dire que ces carnets n’étaient pas destinés à être publiés, et que la jeune femme écrivait avant tout pour elle, pour sa famille aussi. Elle y parle donc de ses sentiments amoureux pour M, de la complexité de leurs relations, de ses amitiés avec ceux qu’elle rencontre, de sa difficulté à intégrer le parti communiste. Elle relève même dans son carnet son évaluation par le parti. Comme il peut nous sembler lointain, pour nous, de France, en 2016, ce désir de se fondre ainsi dans une organisation. Comme cela peut nous sembler compliqué, ces relations sociales dans lesquelles les « grandes soeurs », ou  les « petits frères » sontsouvent évoqués, sans qu’un lien de parenté les sous-tendent.

Cequi dominent, cepenant, c’ela violence des combats, les conséquences, palpables, quotidiennes. Combien de fois Thuy devra-t-elle soigner un blessé, et ne pas parvenir à le sauver ? Combien de fois devra-t-elle pratiquer une amputation ? Je ne vous parle même pas de l’hôpital, qui sera attaqué à plusieurs reprises, et qui devra déménager, des villages, détruits. Il n’est pas de famille qui n’ait perdu au moins un des siens. Il n’est pas de famille qui ne se sente concernée directement par cette guerre qui se passe sur son territoire et n’ait envie de lutter contre les américains, malgré leur puissance de feu. Oui, certains faits ne sont pas faciles à lire, mais nier le caractère sanglant et dévastateur des combats n’est pas rendre service. Les guerres « sanitaires » n’existent pas, quoi que certains prétendent.

Les carnets retrouvés sont une oeuvre à lire pour ceux qui veulent en savoir plus sur la guerre du Vietnam.