Archive | 31 juillet 2016

Corbeaux de Vidar Sundstol

Présentation de l’éditeur :

Son frère Andy est-il un assassin ? Hanté par cette question, Lance fuit les forêts du Minnesota marquées par la mort. Mais sa nièce Chrissy lui demande de l’aide : Andy est devenu fou et cadenasse la jeune fille. Lance découvre que Chrissy était présente sur les lieux du crime le soir du drame. Les bois cachent-ils encore d’autres ombres ?

Mon avis :

Toi et moi, on est comme des corbeaux qui traversent les épreuves de l’hiver. On résiste à tout. Rien ne peut nous abattre, p. 245.

J’ai laissé passé trois ans et trois mois entre ma lecture du tome 2 et  celle du tome 3 – en partie par peur d’être déçue par cette lecture. Et bien, ça y est, c’est fait, j’ai lu et je suis déçue.

Deux mois se sont écoulés entre la fin du tome 2 et le début du tome 3, deux mois pendant lequel Lance Hansen a fait croire qu’il était parti en Norvège alors qu’il n’était pas loin, au Canada. Il se décide à revenir, passe négligemment voir sa vieille mère, Inga, à qui il s’est débrouillé pour envoyer des cartes postales depuis la Norvège, puis enquête à nouveau. Son but ? A la fois innocenter celui qui croupit en prison, prouver la culpabilité de son frère Andy et rendre justice au jeune norvégien assassiné.

Ce troisième tome comporte nettement moins de substance que les autres. Certes, nous en apprenons un peu sur la culture ojibwa, nous découvrons Lance en train de tenter de rêver à nouveau, mais je n’ai pas ressenti à cette lecture la force et l’émotion qui se dégagent des pages écrites par Craig Johnson. Peut-être parce qu’il y a une différence essentiel : Walt Longmire agit pour les autres, avant tout, Lance Hansen agit pour lui, en oubliant un peu (beaucoup) ceux qui l’entourent. Parfois même, cela vire à la bluette sentimentale (si, si, je vous assure) et j’ai eu du mal à cacher mon ennui, pour un livre qui pourtant se lit très facilement. J’ai dû d’ailleurs faire des retours en arrière parce que, par moment, j’avais l’impression d’avoir déjà lu tel ou tel passage.

Lance Hansen a des excuses… Il découvre que des membres de sa famille lui ont menti depuis… fort longtemps. Peut-être aussi parce que lui non plus n’a pas pris la peine de poser des questions, d’aller au-delà des apparences. Un comble pour un policier qui n’a pas vu ce qui se passait pas très loin de chez lui. S’intéresser au passé, c’est bien. Regarder le présent aurait été mieux. A Lance de regarder vers un avenir qui n’offre pas des perspectives très réjouissantes, comme le montre l’épilogue.

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Le brigand bien-aimé d’Eudora Welty

Mon avis :

Il était une fois un brigand qui menait le jour la vie d’un honnête et la nuit (ou était-ce d’autres jours ?) celle d’un remarquable brigand. L’action se passe dans le bel état du Mississippi, et les descriptions de ses paysages sont absolument somptueuses.
Il était une fois un naïf marchand, qui pourrait être le frère du père de la Belle. Lui aussi a une très belle fille, Rosamonde, elle et lui sont les seuls survivants d’une attaque d’indiens. Clément Musgrove, le marchand, s’est remarié avec Salomé, aussi laide qu’elle est méchante, ce qui n’est pas peu dire. La marâtre, comme toutes les marâtres de contes de fée, cherche tous les moyens de se débarrasser de sa belle-fille – elle n’a pas songé que l’un des moyens était de la marier – et son naïf mari ne s’aperçoit de rien.
Il était une fois un garçon nommé Bouc, nantie de six soeurs pas vraiment jolies, qu’il souhaite toutes marier. Maltraité par tous ou presque, muni d’une très riche employeur qui ne le paie que de mots – elle sait y faire- il est lui aussi assez naïf puisqu’il respecte les préceptes qu’on lui a enseignés et qu’il a retenus on se demande bien comment. Par contre, les notions classiques de « bien » et de « mal » sont un peu passées à la trappe.
IL était une fois un brigand (oui, lui encore), qui enlève sa belle, la perd, l’enlève et la reperd, avant, peut-être, de la retrouver définitivement ou de se perdre lui-même.
Il était une fois des objets qui parlent, des animaux qui parlent, et des êtres humains qui parlaient trop.
IL était une fois un gentilhomme qui doit libérer une naïve jeune fille en détresse, et un bandit (oui, cela fait trois fois que je le nomme, le chiffre trois est important dans ce livre) qui tourmente une jeune idiote – mais peut-être ne s’agit-il que d’un seul et même couple ?
Vous l’aurez compris, il s’agit d’un conte de fée à la sauce western, et l’ensemble prend très bien !

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