Swan Peak de James Lee Burke

Présentation de l’éditeur:

Dave Robicheaux, son épouse Molly et son ami Clete Purcel tentent d’oublier le traumatisme de Katrina en s’immergeant dans la nature somptueuse et sauvage du Montana. Alors qu’il pêche tranquillement, Clete est pris à parti par deux individus qui l’ont reconnu à cause d’une sordide affaire pourtant très ancienne. Ces hommes aux manières brutales et au passé trouble travaillent pour un riche entrepreneur extrêmement déplaisant. Alors qu’une ambiance malsaine s’installe, d’horribles faits divers se produisent…

Préambule :

J’ai lu ce livre dans le cadre du challenge Livra’deux pour Pal’addict. Mon binôme estAud042, dont vous pouvez découvrir le blog . 

 

Mon avis :

Je commencerai par un trait d’humour (et comme le roman est tout sauf drôle, ce sera quasiment le seul) : il ne faut pas prendre de vacances lorsque l’on est un enquêteur. Ja-mais. Je ne connais pas un seul enquêteur qui ait pu avoir des vacances reposantes. Sur le papier, pourtant, tout devait bien aller : le Montana n’est pas l’état le plus réputé pour son taux de criminalité, les gens y viennent pour pêcher, non pour se quereller. Sauf que, si vous avez lu comme moi Rivière de sang, vous savez bien que ce n’est pas aussi simple que cela, quelle que soit la sérénité qui se dégage des paysages..

C’était bien parti pourtant, enfin, pour les vingt premières pages, puisque très vite, deux individus s’en prennent à Clete Purcel, le meilleur ami de Dave Robichaux. Dans la rubrique « on marche sur la tête », ce sont ses agresseurs qui lui demandent de se tenir tranquille. Mais quel lièvre (ou quel brochet) a-t-il bien pu soulever ? Peu après, deux jeunes étudiants sont retrouvés assassinés, après qu’ils ont été torturés. Cela s’est passé tout près du ranch d’Albert, l’ami de Dave qui les héberge : humaniste, écologiste, il a fait de la prison quand il était tout jeune, et sait fort bien les séquelles que l’on peut avoir,même après un court séjour. Ce n’est pas une seconde chance qu’il offre à ses employés, il n’a pas cette prétention, c’est le fait de les accueillir, quel que soit leur passé, du moment qu’ils sont là pour travailler. Et l’un de ses employés, justement, a vécu une expérience tout sauf facile : dans un second temps, c’est son histoire que nous allons suivre, la sienne et celle de son « gardien », un ancien de l’armée, viré pour des actes que l’armée condamne après avoir fermé les yeux dessus. Ou comment, encore une fois , raconter noir sur blanc une réalité que beaucoup ne veulent pas voir.

Le Montana ? Un état idéal dans lequel la largeur d’esprit n’a pas vraiment cours. L’expression « Amérique profonde » est très souvent employé, je pense que l’on est rarement confronté dans les romans, et à plus forte raison à la télévision, à des personnages comme ceux de Troyce Nix ou de Quincey. Sans vous dévoiler trop l’intrigue (et je sais que je ferai peut-être hurler ceux qui ont lu le roman), Troyce, par son devenir, par sa complexité aussi (il n’est pas que la brute qu’il paraît être), est un personnage auquel le lecteur peut s’attacher, progressivement. Il est la preuve, tout comme Candace, avec laquelle il va former un duo détonnant, que l’Amérique n’en a pas grand chose à faire de ses enfants. Famille, qu’as-tu fait pour moi ? M’apprendre la supériorité de la race blanche, comme l’a fait celle de Quincey, apprendre à se faire respecter par ceux qui sont jugés inférieurs ? Apprendre à être le larbin de la famille Wellstone, surtout de Leslie Wellstone et de Jamie Sue, sa femme, chanteuse qui a connu son heure de gloire et qui chante maintenant au cours de cérémonie religieuse revivaliste. Leslie, qui est l’ennemi juré de Clete, dont on reparle du passé. Le FBI veut faire toute la lumière sur la mort de Sally Dio, un mafieux que fort peu de monde regrette mais,peut-être que, dix-sept ans plus tôt (voir Black Cherry Blues), Clete a peut-être prêté la main au malencontreux accident qui l’a emporté. Cela fait beaucoup de peut-être. Une certitude : un des anciens hommes de main de Sally travaille maintenant pour Leslie. Le passé ne vous laisse jamais en paix, et ce n’est pas Clete, Dave, hantés tous deux par le Vietnam, qui diront le contraire.

Rien ni personne ne semble pouvoir les apaiser, et si les deux hommes enquêtent, c’est avant tout pour ne pas laisser un crime de plus impuni. En toute légalité ? Pas nécessairement. La cavalerie n’arrive pas toujours quand on l’attend ou bien elle prend des formes vraiment bizarres.

logopolarssharon250

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 réflexions sur “Swan Peak de James Lee Burke

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