Archive | 21 juillet 2016

Mortel Sabbat de Douglas Preston et Lincoln Child

Présentation de l’éditeur :

Pendergast est contacté par Percival Lake, un sculpteur à qui on a volé une collection de vins rares. En compagnie de Constance Greene, Pendergast se rend à Exmouth, petit village de pêcheurs situé au nord de Salem, dans le Massachusetts.
En examinant la cave pillée, Pendergast découvre, derrière les rayonnages, une niche secrète ayant abrité un corps. Le vol des précieux flacons ne serait donc qu’un leurre destiné à masquer la disparition du squelette…
Peu après leur arrivée, un historien qui enquêtait sur le naufrage d’un navire, à la fin du xixe, est assassiné. Son corps mutilé et recouvert de symboles sataniques est retrouvé dans les marécages. Puis c’est au tour du notaire local de subir le même sort…

50Mon avis :

Je ne vous cache pas qu’il faut passer outre la couverture, qui n’est pas exactement mon genre – pour ne pas dire pas du tout. En revanche, je pense qu’elle séduirait une personne de mon entourage. Le seul point positif, si j’ose dire, est qu’elle est une invitation à ouvrir le livre très vite afin de ne plus la voir !

Cette lecture est une première rencontre pour moi avec Douglais Preston – j’ai déjà lu un roman écrit en solo par Lincoln Child. Première rencontre également avec Pendergast et Constance, son assistante. J’ai envie de m’attarder sur celle-ci. Elle semble vivre hors du temps, par sa manière de s’habiller, de s’exprimer, pourtant elle pense et agit non comme une jeune femme d’aujourd’hui, mais comme une jeune femme capable de se sortir de toutes les situations périlleuses (ou non) dans lesquelles elle pourrait se trouver. Et elles sont assez nombreuses.

Pendergast lui, s’amuse – presque. Se rendre dans le Massachusetts, non loin de Salem, pour enquêter sur la disparition de bouteilles de vin, si fameuses soient-elles peut surprendre. Ce qu’il découvre dans cette bourgade presque charmante, presque tranquille est… inimaginable. Je vous rassure, je ne vous le raconterai pas. Mais je peux cependant vous dire que ce livre est vraiment très prenant, que l’intrigue est remarquablement construite. Pendergast s’y entend pour révéler ce que personne (ou presque) ne s’attendait à découvrir. A certains moments du texte, je me suis sentis proche des meilleures pages signées Jules Verne (Les Indes noires).

Et puis l’on bascule. Dans les deux premiers tiers du récit, il y avait eu quelques indices, comme négligemment laissés là. Le dernier tiers du récit est véritablement un paroxysme qui nous entraîne ailleurs, tout en restant dans ces marais de la Nouvelle-Angleterre fort peu accueillants. Frissons garantis, quelle que soit la température. Et j’espère bien qu’il y aura une suite.

Et une pensée pour Chablis, 17 ans, qui est resté sur moi pendant presque toute la lecture (autant mettre une photo qui l’avantage).

 

Et pour toujours, ce sera l’été de Valentin Spitz

Présentation de l’éditeur :

Au cœur de l’été, Lucas, 17 ans, arrive à Saint-Tropez dans la maison louée par Marc, son père, un acteur célèbre. Le jeune homme n’a de cesse d’attirer l’attention de ce père absent et froid. Livré à lui-même, Lucas se perd dans les nuits tropéziennes, jusqu’à l’arrivée de Marie-Baptiste, sa belle-mère qui gère la carrière de Marc et tente d’occuper la place laissée vacante par sa mère, mystérieusement disparue après sa naissance.  Cet été là, le jeune homme va revisiter son histoire familiale et plonger au cœur de ses failles les plus profondes.

Merci à Valentin Spitz qui m’a proposé son premier roman et aux éditions Jean-Claude Lattès.

Mon avis :

Il n’est jamais facile de chroniquer un livre qui vous a été proposé par l’auteur. Ce n’est pas tant le fait que l’on puisse aimer ou non le lire, mais que l’auteur n’apprécie pas ou n’accepte pas ce que l’on pense de son roman, à plus fort raison quand il s’agit d’un premier roman.

J’ai lu ce livre très facilement, une fois que je me suis plongée dedans. Les premières pages m’ont rappelé l’univers de Lolita Pille (Hell) ou de Sacha Sperling (Mes illusions donnent sur la cour) : un adolescent, presque majeur mais encore lycéen, profite de ses vacances d’été. Il est très libre, de ses loisirs, de ses déplacements, de ses rencontres, très libéré aussi, ne manque jamais d’argent et le dépense sans rendre de compte. Il met sa vie en danger, non avec l’inconscience de la jeunesse qui se croit immortel, mais avec le désir d’en finir. Pourquoi ?

Bien que plusieurs points de vue soient présents, celui de Lucas domine. Fils unique d’un acteur de cinéma et d’une mère mystérieusement disparue, il apprécie peu Béatrice, l’assistante de son père, l’une des rares, avec le père, dont on n’entend pas la voix, et surtout pas Marie-Baptiste, l’agent de son père. Marie-Baptiste, un prénom qui virilise curieusement la première compagne de Marc, le père de Lucas, elle par qui le lecteur apprend le passé de Marc, leur lente ascension commune, la façon dont ils se sont déchirés. Une chronologie ferme, daté, comme un point fixe auquel le lecteur puisse se raccrocher. Même si le journal de Lucas est daté, des failles apparaissent (entre le 7 et le 16 août, qu’a-t-il bien pu se passer ?) ou bien des journées sont extrêmement développées. Lucas aussi se replonge dans le passé, de manière à élucider la disparition de sa mère, dont on sait peu de choses, finalement. Flous aussi, ses propos au sujet de son père, que l’on peut accuser de…. Le lecteur peut soupçonner, sans avoir jamais réellement de preuves puisque les faits qui sont suggérés ne sont racontés que par Lucas. Une autre interprétation (au moins) est possible. Au lecteur de décider, comme dans un récit fantastique.

Ce n’est pas le seul genre (en plus du journal intime, ne l’oublions pas) auquel ce livre empreinte. Comme dans un roman policier, le lecteur, quand il referme le livre, est invité à retourner en arrière, pour examiner les indices, et trouver des preuves de son interprétation. Bref, Et pour toujours, ce sera l’été n’est pas une romance distrayante à lire sur un transat, même s’il est inscrit dans l’air du temps, avec l’importance, pour Lucas, de l’utilisation des réseaux sociaux. Même si je me demande avec qui il interagit, lui qui poste des videos, et reçois des sms (plutôt correctement écrits) plutôt qu’il n’en écrit.

Et comme je ne suis pas une critique professionnelle mais une blogueuse, je termine par un point qui m’a amusé : l’importance du petit déjeuner traditionnel café/croissant/jus d’orange, comme un rituel rassurant, qui n’empêchera pourtant pas les événements de survenir.

premier roman