Archive | 14 juillet 2016

Confessions du (pas si) grand méchant loup

Présentation de l’éditeur :

«Je sais, je n’ai pas une très bonne réputation. C’est sûr qu’engloutir des mères-grand, des chaperons rouges et des petits cochons ne fait pas de moi le loup le plus populaire du village!
Mais j’ai changé! Mon époque de carnivore raffolant de côtelettes de porc est révolue!
Apprenez à connaître le nouveau moi en lisant mon journal! j’accepte de vous le livrer même si je ne suis pas fier de tout ce que j’y raconte…»

Préambule :

Réécriture ou suite ? Ce livre laisse la parole au loup, mais pas n’importe lequel : celui qui s’est attaqué aux trois petits cochons et au petit chaperon rouge. Le choix des adjectifs n’est pas négligeable, les héros sont petits, l’adversaire est grand.

Mon avis :

Ce livre serait à lire à tous les louveteaux garous – oui, je sais, je me permets un lien lecture/écriture, mais après tout, je suis sur mon blog. En effet, afin de faire passer le goût de la viande à un charmant loup qui parle, comme tous les loups ou presque dans les contes et les fables, celui-ci suit une thérapie très pointue, à base d’entretien avec un psy un peu obtus, d’écriture d’un journal intime, de cure de légumes et de jus de légumes, quand il ne se retrouve pas purement et simplement en train de cultiver les sus-dits légumes. Efficace ? Apparemment oui, même si Balthazar, tel est son prénom, aurait mérité un meilleur thérapeute.

Il faut dire aussi que nous ne sommes pas dans l’univers intemporel des contes, où seuls quelques indices nous permettent de deviner où se passe l’action – pour le quand ? c’est simple, elle se passe toujours « autrefois » ou « jadis ». Ici, nous sommes dans une société bien établie, où le prince gouverne et rend la justice (quand il est là); où les petits cochons dirigent une entreprise, et où Boucle d’Or, en dépit du traumatisme qu’elle a fait subir aux trois ours, est devenue une journaliste connue, à la recherche du moindre scoop. Le loup, pardon, « Balthazar », doit donc faire les preuves de sa métamorphose, indemniser ses victimes voire même se porter à leurs secours.Dans le monde des contes, il y a pire que le grand méchant loup.

Si j’ai bien aimé lire ce livre, j’aimerai maintenant lire le sixième tome de cette série, qui met en scène le frère jumeau de ce cher BaltHAZAR.

 

Le pays des contes, tome 2 de Chris Colfer

Préambule :

Aujourd’hui, ce sera la journée réécriture de contes sur mon blog.

Mon avis :

Revoici les jumeaux Alex et Conner. Contrairement à d’autres romans qui mettent en scène des personnages récurrents, celui-ci ne montre pas des personnages qui n’ont pas évolué. Je vous rassure : Alex est toujours aussi sage et déterminé. Conner, lui, a enfin trouvé une matière qui l’intéresse, ou plutôt, il a développé, grâce à ses aventures, un goût certain pour l’écriture – et il a la chance d’avoir un professeur qui a l’esprit ouvert aux écritures d’invention, ce qui n’est pas le cas de tous.

Tout devrait aller bien au pays des contes – mais s’il y a un tome 2, ce n’est pas pour nous raconter que tout est bien qui finit bien. Au contraire, tout ne semble que commencer, et si l’ennemie du tome 1 s’était révélée plus humaine qu’il n’y paraissait, celle du tome 2 est bien éloignée de cela. Ce qui différencie les réécritures des contes des contes anciens est que l’on cherche des causes à la « méchanceté » des … et bien des méchants, justement, ou, pour utiliser une terminologie chère à l’étude des contes, des opposants au héros du conte. Ici, les choses sont un peu différentes. Le lecteur est amené à comprendre le cheminement qui a conduit à faire d’Emzia, l’enchanteresse, ce qu’elle est devenue, il n’est pas amené à éprouver de l’empathie pour elle tant est subjective sa vision des événements, tant, aussi, elle n’a tiré aucune leçon.

Les points forts de ce livre ? L’équilibre entre le monde des humains et le monde des contes, les deux  parties ont à peu près la même importance dans le roman. La quête, qui mène les personnages à s’unir, à visiter leurs ennemis, et à rechercher ce qui va leur permettre de vaincre d’enchanteresse. L’union entre des personnages qui, bien qu’ils vivent au pays des contes, ne sont pas forcément les meilleurs amis du monde. Mention spéciale pour le petit chaperon rouge et son tout nouvel animal de compagnie.

Son point faible ? La manière dont l’enchanteresse est vaincue, un peu trop moralisatrice. Mais cela n’engage que moi.