Archive | 4 juillet 2016

Maman est là de Ganbaatar Ichinnorov

Présentation de l’éditeur :

Au nord de la Mongolie s’étendent d’obscures forêts qu’on appelle « taïga ». Les gens de là-bas mènent une vie tranquille en compagnie des rennes. Mais au plus profond des bois, guettant les tout petits enfants, vit aussi le renard, malin et cruel.

Mon avis :

Voici un très joli conte traditionnel mongol – ou comment une maman prend soin de son enfant, tout en s’occupant des rennes qui lui donnent le lait pour son bébé.

L’ennemi ? Le froid, bien sûr, le manque de nourriture mais aussi, comme dans la culture européenne, le renard. Il pense avant tout à se nourrir, et les petits abandonnés sont des proies faciles – si la maman n’est pas suffisamment attentive.

Chaque étape de ce conte nous montre comment  la mère parvient à déjouer, au beau milieu de la Mongolie, chacune des incursions du renard, même si celui-ci se révèle particulièrement rusé, apte lui aussi à surmonter les moyens mis au point par la maman pour protéger son enfant.

Les dessins sont superbes, le récit, qui marque une progression certaine jusqu’au dénouement, est remarquablement bien construit. Un conte à lire et à partager.

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Journal d’un louveteau garou, tome 2, jour 2

Cher journal
« On reconnaît un alpha à sa capacité à fermer sa gueule quand il le faut ».
Liutpold Griffenfer, alpha de notre meute en 2012.
Je dois dire qu’il avait raison.
Ce matin, j’ai défié Paul, le nouvel alpha de mon ancienne classe, en combat singulier. Il a dit :
– D’accord. Retrouvons-nous à quatorze heures. Sur le terrain.
J’ai oublié le nom des prises qu’il m’a faites. Il faut que je les apprenne d’urgence. Il paraît que ce sont des prises de base, très simples, que tout alpha se doit de maîtriser. Je n’ai pas pu faire grand chose, le combat n’a duré que cinq minutes – c’est ce que l’on m’a dit, après coup. Moi, je ne sais pas, l’on m’a porté à l’infirmerie parce que je m’étais évanouillé. Enfin, tout ça pour dire que j’ai compris, après deux prises, pourquoi il est un alpha majeur, et moi, un alpha mineur.
J’ai failli oublier : j’ai réussi à l’égratigner. Du coup, l’infirmière l’a soigné en premier. Et oui, il y a des priorités dans la vie d’une infirmière nouvellement nommée, surtout quand son premier patient se trouve être son petit frère chéri, aimé, adoré, protégé depuis des années. J’avais la tête dure, paraît-il, je pouvais bien attendre qu’elle désinfecte la plaie. Et j’avais osé défier son frère, je n’avais qu’à m’en prendre qu’à moi-même.
Les jours à venir vont être difficiles, mais je sais que je peux compter sur l’inconditionnel soutien de mon frère Valère, qui sent que ce n’est pas demain la veille qu’il sera alpha, même d’une toute petite classe.
Je te laisse, cher journal, il faut que je soigne mon orgueil blessé.
Anatole Sganou.