Archive | juin 2016

Cours, Alex Cross de James Patterson

Merci aux éditions Jean-Claude Lattès et à Netgalley pour ce partenariat.

Présentation de l’éditeur :

Le chirurgien esthétique Elijah Creem est réputé non seulement pour son talent au bloc opératoire, mais pour ses « réceptions professionnelles » débridées, qu’il agrémente de strip-teaseuses et de mannequins, la plupart mineurs. Du moins jusqu’à ce que l’inspecteur Alex Cross lui gâche son plaisir en faisant une descente au beau milieu de l’une de ces parties fines. Creem est désormais prêt à tout pour éviter la prison.
Mais Alex n’a pas le temps de s’attarder sur le cas de Creem. Une femme vient d’être découverte dans sa voiture, assassinée, la chevelure cisaillée avec fureur. Puis c’est une deuxième victime que l’on trouve, cette fois pendue à sa fenêtre du sixième étage. Lorsqu’apparaît un troisième cadavre, l’hypothèse de trois tueurs en série lâchés dans la nature mobilise la police de Washington et inquiète sérieusement la population.
Pour résoudre ces sinistres affaires, Alex travaille sous pression, au point de ne pas se rendre compte que quelqu’un est en train d’enquêter sur lui. Le voici dans le collimateur d’un individu tortueux, hanté par le désir obsessionnel d’une vengeance qu’il est déterminé à obtenir à n’importe quel prix.

Mon avis :

S’il faut faire une critique brève, elle sera simple : les fans liront le livre, les autres passeront leur chemin, parce qu’il s’agit là de la vingtième aventure mettant en scène Alex Cross.
Je reconnais que c’est un peu court…. Le romancier est toujours aussi efficace, et donne envie de connaitre la fin de l’intrigue, surtout pour ceux qui connaissent déjà bien Alex, Nana, Bree et les autres – je regrette toujours que John Sampson soit passé au second plan depuis quelques intrigues déjà.
Efficace,oui, puisqu’Alex doit traquer deux tueurs qui agissent de manière quasi synchrone. Coïncidence ? Oui/Non/Peut-être. Et une autre affaire surgit quasiment au même moment, lui donnant bien du fil à retordre – contrairement aux enquêteurs de séries télévisées, il n’est pas en charge d’une seule enquête.
Ce que je regrette ? Le fait qu’il soit donné trop d’importances aux tueurs : le lecteur les connaît, connaît en partie leur motivation, et n’a pas forcément envie de passer beaucoup de temps avec eux, parce que rien ne permet d’éprouver de l’empathie pour eux. Je regrette aussi, même s’il s’agit sans doute du reflet de ce qui se passe aux Etats-Unis, l’importance donnée à l’ingérence de civils, ou plutôt d’empêcheurs d’enquêter dans l’enquête, sans que quiconque puisse faire quoi que ce soit. Je me demande même comment un policier aussi aguerri qu’Alex Cross peut tomber ne serait-ce qu’une fois dans les pièges qui lui sont tendus. Méconnait-il à ce point le rôle des médiats ? Le héros est-il fatigué ? IL faut dire aussi que sa vie familiale n’est ni lisse, ni simple. Vouloir le meilleur pour les siens, s’y employer, ne suffit pas toujours, même en déployant beaucoup de temps et d’énergie pour cela. Et le dénouement du roman… Je laisse les autres lecteurs juger.
Cours, Alex Cross est un roman qui met à mal le héros. Parviendra-t-il à changer le cap dans le volume suivant ?

Papas et pirates de Katarina Mazetti

Présentation de l’éditeur :

Pour la première fois, les cousins découvrent l’île aux Grèbes sous la neige. Le cadre idéal pour des vacances d’hiver inoubliables ! Au programme, batailles de boules de neige, séances de patinage et goûters réconfortants… Jusqu’à ce que les amis remarquent des phénomènes étranges. Les bonshommes de neige se déplacent la nuit, des lumières s’allument dans la forêt : et si les cousins n’étaient pas seuls sur l’île ?

Mon avis :

Les cousins Karlsson, c’est un peu le club des cinq en Suède : quatre cousins, deux garçons et deux filles, un animal de compagnie sous la forme d’un chat obèse et d’un poney sauvage nommé Gervir, une île, théâtre d’aventures mouvementées mais crédibles, et une certaine liberté offerte par des parents, puisque, dans cette épisode, ils vont rester tous les quatre seuls sur l’île. En effet, Frida, leur tante, la seule à ne pas avoir d’enfants, s’est cassé la jambe en des circonstances qu’elle refuse de révéler, et prépare une nouvelle reconversion professionnelle – et il suffit d’avoir lu les tomes précédents pour savoir qu’elle n’a jamais manqué de créativité dans ce domaine.

Pour les cousins, tout se passait bien – ou presque. Ils arrivent sur l’île, heureux de se retrouver, malgré le froid et l’isolement relatif – on peut compter sur Taxi-Maxi pour les approvisionner et ne pas manquer d’ingéniosité pour se rendre sur l’île, même quand elle paraît coupée du monde. Et justement, là est son avantage et son inconvénient, déjà prouvé dans le passé. Mais qui peut avoir envie de se réfugier dans cette île qui ne compte à l’année que deux habitants, cheval compris ?

Sous couvert de vacances et de gastronomie (Alex expérimente toujours pour ses cousins de nouvelles recettes), ce roman questionne sur les liens parents/enfants, sur ce que l’on a envie de leur transmettre, ou pas, et sur comment leur transmettre. Qui a dit qu’être parents était facile ?

Stardust Académie de Siobhan Rowden

Présentation de l’éditeur :

Au contraire de ses parents qui tentent sans cesse de faire la une des journaux, Vip ne rêve pas de célébrité : il veut devenir vétérinaire. Forcé de se présenter aux auditions de la célèbre Stardust Académie, l’école qui forme les futures vedettes, le pauvre Vip parvient à peine à effectuer son numéro après avoir vomi sur un professeur… Pas question pour Fenella Stardust de recruter un tel looser ! Mais en revanche, la directrice de l’école ne résiste pas à Olive, la brillante chatte de Vip, clou de son numéro. Olive n’obéissant qu’à son maitre, Vip se voit malheureusement obligé d’intégrer l’école et en découvre bientôt les bizarreries. Il décide, avec ses nouveaux amis, de percer les mystères de cette étrange Académie et de son inquiétante directrice…

Mon avis :

Un livre dans l’air  du temps a-t-il une chance de trouver des lecteurs quelques années après la fin du phénomène dont il parle ? Oui, sans doute, s’il parle d’un phénomène intemporel : les parents qui portent toutes leurs ambitions, toutes leurs frustrations sur leur progéniture.
Vip (je vous laisse deviner pourquoi ses parents l’ont appelé ainsi) est un petit garçon bien dans sa peau, passionné par les animaux et qui a un objectif dans la vie : devenir vétérinaire. Ses parents, qui ont connu une gloire éphémère qu’ils pensent pourtant éternelle. Ils n’aiment leur enfant qu’à la condition qu’il devienne comme eux : connu (et non reconnu pour ce qu’il a fait). Le père, à cet égard, est un modèle d’égocentrisme, sans être pourtant un monstre. Lui et sa femme prennent soin de leur fils – à leur façon. La Stardust académie leur permet d’accomplir leur rêve, et de rencontrer d’autres parents qui peuvent à leur tour réaliser le leur, sous couvert du bien-être de leur enfant. Prenez Melody, elle est véritablement douée pour le violon, elle pratique quotidiennement son instrument et souhaite vivre de sa passion – et pas forcément en faisant la couverture des magazines. Sa mère la pousse à toujours en faire plus, jamais satisfaite, prenant à son propre compte les efforts et l’assiduité de son enfant. Prenez aussi Perry, et son étonnante marionnette, presque un double courageux : sa mère veut qu’il soit célèbre afin de lui offrir tout ce dont il a besoin pour le soigner, lui qui est si fragile (à se demander comment sa mère a pu accepter qu’il rentre dans cette académie pas tellement hypoallergénique). Libre au lecteur de se demander quel médecin a pu diagnostiquer ses nombreuses allergies.
Oui, aussi, ce livre restera d’actualité tant qu’il existera des personnes qui veulent être célèbres à tout prix, et peu importe pour quelles raisons. IL suffit de lire, au sein de cette académie, ce que sont devenus les anciens pensionnaires. Hilarants ? Pas tant que cela, la caricature est proche de la réalité. De même, les cours dispensés dans cette académie ne permettent en aucun cas – ou presque aucun – de développer ses talents, mais d’accroitre sa visibilité et ses contacts avec les médias. Oui, il y a de « vrais » cours – ils sont presque accessoires, dans cet univers, où le merveilleux ne tarde pas à faire irruption. A moins qu’il ne s’agisse d’horreur, cela dépend du point de vue selon lequel on considère les choses. Et c’et rudement bien trouvé.
Bien trouvé aussi que le personnage d’Olive, le chat surdoué de Vip au prénom si commun. Un soutien, que dis-je, une adjuvante de poids pour Vip, d’autant plus insoupçonnable que, comme tous les chats, elle a la capacité à se fondre dans le décor, et à apparaître, disparaître, au moment où l’on s’y attend le moins. Ou comment changer la face d’un livre avec adresse.
Stardust académie est un livre à lire autant par les enfants que par les parents.

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Fairy Oak, tome 2 : le sort de l’obscurité d’Elisabetta Gnone

Présentation de l’éditeur :

A Fairy Oak, la paix est compromise. L’Ennemi est revenu, assoiffé de revanche. Son pouvoir devient plus fort de jour en jour : le Seigneur de l’Obscurité veut plonger le monde dans les Ténèbres. L’antique alliance entre Lumière et Obscurité vacille. Cependant, un lien semble indissoluble : celui qui unit Vanilla et Pervinca, les sorcières jumelles, égales et opposées. Et c’est sur ce lien que l’Ennemi va faire tomber sa hache.
Pervinca pourra-t-elle résister au sort de l’Obscurité ? Le salut des Magiques et des Non-Magiques de la Vallée en dépend…

Mon avis :

J’avais bien aimé le tome 1 de cette série, et je dois dire que ce tome 2 est son prolongement logique mais parfois étonnant. En effet, nous plongeons dans le passé de Fairy Oak, ce village où magiques et non magiques se cotoient en toute sérénité. Nous plongeons dans sa création si j’ose dire, non par le biais de retours en arrière pesants mais par la lecture d’un livre qui raconte, finalement, le début de la lutte contre leur ennemi actuel – et fait voir certains personnages sous un jour nouveau. On ne ressemble pas forcément à ses ancêtres. Et un prénom ne détermine pas tout.
Malgré le danger, la vie continue, et les adultes essaient de tout faire pour que les plus jeunes souffrent le moins possible. Pas toujours évident. Surtout quand il faut se méfier de presque tout.  La magie est bien présente, pas toujours pour le meilleur.
Ce livre, facile à lire, superbement illustré, réserve son lot de surprises et donne envie, une fois refermé, de connaître la suite de l’histoire de Vanille et Pervinca, pour qui va ma préférence. Il n’est jamais facile d’être l’ombre face à la lumière.

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Flan au chocolat

Bonjour à tous

Ma recette du jour n’est pas très anglaise… mais c’est tout ce que j’ai fait cette semaine (à part le traditionnel gâteau de semoule).

Les ingrédients :

– Un yaourt (nature).
– deux oeufs.
– 100 grammes de sucre.
– 100 grammes de chocolat noir.
– 200 grammes de farine.
– 50 grammes de beurre demi-sel.
– 1/3 litre de lait écrémé.

Comment faire ?

– Faites fondre le chocolat.
– Faites fondre le beurre.
– Mélangez les oeufs, le yaourt, le sucre, le beurre et le chocolat fondus.
– Ajoutez la farine et le lait.
– Versez la préparation dans un moule et faites cuire 40 minutes à 180 °.

Le résultat en image :

IMG_8114IMG_8115Bon dimanche !

Mon marathon de lecture

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Du repos, du repos, et encore du repos ! Aussi, ai-je décidé de consacrer mon week-end à la lecture (et à une visite chez le vétérinaire pour Violette Désirée, mais là, c’est indépendant de ma volonté). Mon objectif ? Mille pages aujourd’hui, et demain, on verra bien.

10 h 22 :

J’ai lu à peu près 240 pages du tome 2 de Fairy Oak.

12 h 30 :

De retour du cabinet vétérinaire dans lequel j’ai lu une vingtaine de pages : Violette Désirée a des spasmes digestifs. Passage en cuisine pour faire un flan au chocolat et un gâteau de semoule (oui, j’ai une forte tendance à cuisiner en grand).

17 h 59 :

Le flan au chocolat est cuit depuis belle lurette, le gâteau de semoule mangé, le linge étendu, et j’ai terminé Fairy Oak, tome 2 soit 425 pages. J’ai commencé Stardust Académy de Siobhan Rowden et Papas et Pirates de Katarina Mazetti, soit 120 pages supplémentaires.

19 h 23 :

Ciboulette a protesté énergiquement quand j’ai changé les draps du lit de « leur » chambre. J’ai lu 160 pages de Stardust Académy et 130 de Papas et pirates. J’en suis donc à 715 pages lues aujourd’hui. Et pendant ce temps, mes chats font face à une crise du logement : Violette Désirée, Ciboulette, Annunziata, Chablis, Paprika (dont les poils ne repousseront pas à l’identique), Tamara, Framboise et Alias Sérafina. Givre et Vitamine ont préféré s’isoler. IMG_811021 h 54 :

J’ai terminé Stardust Académy et Papas et pirates. J’en suis donc à 930 pages. Plus que soixante-dix pour réussir d’ici minuit, c’est vraiment faisable.

Edit au matin : 104 pages supplémentaires lues : j’ai donc lu 1044 pages en tout. Pari réussi.

 

Le ventre et l’oreiller de Nicole Batlaj

Edition Publishroom – 67 pages.

Résumé.
Une nuit, place de l’Ecole militaire, la narratrice rencontre Michel. Hôte des rues, il murmure silencieusement pour apprivoiser sa solitude, psalmodiant les béatitudes de César Franck. Peu à peu, ils se domptent l’un l’autre. Il lui ouvre les portes du secret de ses nuits, faites d’alcool, de dangers et de frénésies. Elle lui ouvre les portes de son enfance, de sa mélancolie. Elle lui offrira un abri, un accueil, une trêve et lui sa présence, solide et apaisante.

Mon avis :

Ce qui m’avait attirée dans ce livre, plus que le titre, qui trouve pourtant toute son explication au fur et à mesure de la lecture, c’est la couverture, très belle. D’autres dessins (aquarelles ? fusain ? Je ne m’y connais pas assez) vont rythmer cette lecture, d’un texte qui tient à la fois du récit et de la poésie.
Récit, parce qu’il raconte la rencontre entre deux êtres, la narratrice et Michel, un clochard (employons les mots qu’on ne dit plus, plutôt que des euphémismes). Un artiste aussi, un homme qui vit dans la rue, une existence singulière que personne ne veut voir : le mépris, l’indifférence, la violence aussi sont très bien rendus.
Poésie aussi, parce que ce texte est un poème. Prose ou vers libre, quelle importance ? La poésie n’est pas dans le nombre de strophes, de vers, ou de mètres choisis, elle est dans le choix des mots, leur justesse, la résonance qu’ils créent en nous, les images qu’ils font naître. Les parties de ce récit ne sont pas des chapitres, mais des poèmes qui nous racontent Michel, nous font deviner son enfance, ses blessures, physiques et morales, sa capacité, sa lucidité, sa pudeur aussi. Il ne s’agit pas tant de retracer la chronologie d’une vie que de faire rejaillir les événements importants qui ont (dé)construit Michel mais aussi la narratrice, dont la vie apparaît en filigrane dans ce texte. Pas de misérabilisme, des faits, un constat et cette citation de l’abbé Pierre :
« Cessez de vous sentir impuissants
devant tant de souffrance,
évitez que votre inaction ne devienne
un crime contre l’humanité ».

Merci à Publisroom et au forum Partage-Lecture pour ce partenariat.

Journal d’un louveteau garou – 14 juin

Coucou journal

J’ai une méga super bonne nouvelle à t’annoncer : on va passer un certain temps ensemble ! Trop de la balle !
Je t’explique : Anatole ne va pas pouvoir s’occuper de toi pendant un certain temps, parce qu’il a été pidnaqué encore une fois. C’est une habitude chez lui, deux fois cette année que cela lui arrive. Pire qu’une demoiselle en détresse ! Va vraiment falloir récrire les contes pour les louveteaux.
Comment c’est arrivé ? Alors là, c’est presque compliqué, et je ne suis pas sûre de parvenir à être méga claire. Depuis trois jours, Gentiane Du Coussinet Tordu montait « son » dragon et Anatole, et bien Anatole, en Alpha de la 4e Bleu, prenait son rôle très à coeur et avait « tancé vertement » Gentiane pour son attitude « dangereuse ». Gentiane lui a répondu : « va te vernir les griffes ou mieux : fais-toi épiler les coussinets ! » J’étais pétée de rire ! Anatole était super méga vexé, surtout que Gentiane lui a dit : « tu ne serais même pas capable de monter dessus ». Piqué au vif (surtout par une fille qui a des coussinets de traviole), Anatole est monté derrière elle.
Bon, ils ont volé une dizaine de minutes, et c’est là que ça se méga-gatte. Deux, oui, deux gros dragons, mais alors vachement plus gros que celui qu’on a – ils doivent bouffer des tonnes de fromage ! ont fait leur apparition dans les airs. L’un a pris le dragonneau à droite, l’autre l’a pris à gauche, puis ils ont tourné, inversé, retourné, ils ont même volé sur le dos, je sais pas comment qu’ils font, jusqu’à ce que ce couillon de dragonneau les suive – il avait même l’air vachement content de les voir vu les petits cris tout mignons qu’il poussait.
Enfin… moi qui croyais que les chevaliers dragons, c’était des machines, et bien pas du tout ! Je peux même dire que le mec (ou la méquette ? Difficile à dire avec les gros bazars qu’ils portent), il était vachement souple ! Celui sur le dragon bleu était un peu moins doué. Ah, oui, je n’ai pas précisé : il y avait un dragon blanc et un dragon bleu. Celui qui pilotait le blanc a foutu Anatole (le pauvre ! ) en travers de sa selle. Il faut dire que ce couillon se tenait mal et s’était pété le museau ! Par contre, Gentiane, elle est restée bien en selle, mais son dragonneau était vachement content de partir… et elle n’allait pas sauter !
Bref, on est tous consigné jusqu’à ce que ces couillons reviennent, et madame Cobert est principale par interim : monsieur de Nanterry et notre prof de sport sont partis à leur rescousse, mais je sais pas très bien comment ils vont faire.
Enfin, tout ça pour te dire qu’à moins que tu ne te téléportes, et bien je te garde jusqu’où retour d’Anatole. Ces deux grands frères vont encore être ravis.
Zoubis affectueux.
Diane, 4e Bleu.

La montagne en sucre de Wallace Stegner

Quatrième de couverture :

Dakota, 1905. La jeune Elsa a fui les plaines du Minnesota dans l’espoir de fonder un foyer. Lorsqu’elle rencontre Bo Mason, bourlingueur en quête d’aventures et de fortune, elle voit en lui la promesse d’un monde nouveau. Elle n’imagine pas la vie à laquelle les désirs de grandeur de Bo les destinent. Saloons clandestins, conquête de la terre, mine d’or, trafic d’alcool… Bo Mason, héros américain par excellence, se réinvente au fil des opportunités qui se présentent à lui, entraînant les siens dans sa poursuite effrénée d’un horizon qui semble se dérober au fur et à mesure qu’il s’en approche. Et pendant ce temps-là, l’Amérique continue à se construire et à charrier des mythes.

Mon avis   :

La montagne en sucre, c’est l’histoire d’une femme. Elsa, 18 ans. Avec l’intransigeance de la jeunesse, elle fuit son père, qui s’est remarié. Dans le Dakota, elle rencontre un homme, Bo. Aventureux, ambitieux. Elle l’aime, elle l’épouse, elle le soutiendra, vaille que vaille, malgré les nombreuses épreuves, les très mauvaises passes, les douleurs. Elle est celle qui unit, celle qui vit une vie qu’elle n’avait pas vraiment souhaité, mais qu’elle estime, parfois, meilleure que celle d’autres femmes, parfois pire. Lucide, toujours, sur elle, sur son père, sur l’homme qu’elle a sincèrement aimé, elle prend des décisions, douloureuses, elle agit, fait toujours non pas de son mieux, mais tout son possible. Pas d’auto-apitoiement, pas de misérabilisme chez elle, toujours, même dans les pires moments, un regard d’une rare acuité (voir son dialogue avec son fils p. 670).

La montagne en sucre, c’est l’histoire d’un homme qui veut vivre le rêve américain des années après la conquête de l’Ouest.  Un homme issu d’une famille aussi désunie qu’une portée de chiot qu’on a confiés à droite à gauche, Un homme qui n’attend pas, que l’une ou l’autre des affaires qu’il a entreprises prospère suffisamment, toujours à courir vers de nouvelles perspectives d’enrichissement, que ce soit grâce à des terrains, des mines, ou du trafic d’alcool (l’une des parties les plus passionnantes du roman), un homme qui ne s’est jamais préoccupé de construire un foyer pour sa famille, un homme qui, s’il n’avait pas eu une femme comme Elsa à ses côtés, n’aurait jamais été capable de prendre soin des siens.

La montagne en sucre, c’est l’histoire de l’Amérique. Pas l’histoire avec ses dates, même si la première guerre mondiale fait irruption dans le récit sans crier gare. Une Amérique des champs, des bois, des vagabonds. Une Amérique où les routes ne sont pas encore praticables, où l’on n’a pas de voisin, où les communications fonctionnent mal, voire très mal. Une Amérique où l’on est attentif aux bruits, aux sons, aux odeurs. Une Amérique où le sport comptait déjà beaucoup. Cela va peut-être paraître étrange, mais j’ai pensé à La petite maison dans la prairie en lisant ce livre, pas la série, non, mais les livres dans lesquels Laura narre les épreuves endurées par sa famille – elle aussi vécut dans le Minnesota et le Dakota.

Oui, la montagne en sucre mesure plus de 800 pages, et, parfois, il faut s’accrocher pour lire la vie quotidienne de cette famille, non que ce soit difficile à lire, mais parce qu’il s’agit vraiment du quotidien d’une femme, d’un homme, pas toujours là, et de leurs deux fils, l’un téméraire, l’autre moins. Pourtant, il n’est pas facile de quitter ce livre, de laisser les personnages ainsi, sans doute parce que nous les avons accompagnés non le temps d’un récit, mais le temps de toute une vie.

Merci au forum Partage-Lecture et aux éditions Gallmeister pour ce partenariat.

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A chacun sa mort de Ross MacDonald

Mon résumé :

Elle se nomme Galatea, et sa mère est très inquiète pour elle. Voici deux mois que sa fille unique, infirmière, orpheline de père, n’a pas donné de nouvelles. Elle demande à Lew Archer d’enquêter pour savoir ce qui est arrivé à sa fille. A-t-elle des ennuis ? Vit-elle dans le péché avec un homme ? Sa beauté ne lui attire que des ennuis. Belle, Galatea l’est. Les ennuis ? Elle semble les chercher, oui.

Mon avis :

Lew Archer est un détective qui peut se laisser convaincre par une femme de mener une enquête à laquelle il ne croit. La condition ? Que cette femme soit sincère et désespérée, comme c’est le cas pour la mère de Galatea. Quant à cette dernière, surnommée Galley, Lew est persuadé qu’elle s’est attirée de gros ennuis, quand elle n’en est pas elle-même la cause. Il n’est pas sa mère, il n’est pas prêt à tomber amoureux d’elle, si belle soit la photographie qui lui est montrée, il a donc le recul nécessaire pour juger de la situation de la jeune femme (et un bon coup sur la tête lui aurait remis les idées en place, si tant est qu’elles ne l’étaient pas déjà).

Le second avantage de ce coup sur la tête est de vous montrer que l’affaire est bien plus grave qu’il ne le pensait. La jeune femme, qui se révèle être mariée (de quoi rassurer un peu sa mère) ne fréquente pas des gens très fréquentables. Etre l’infirmière d’un trafiquant de drogue, soit, on soigne qui se présente à l’hôpital, c’est un devoir. Epouser un homme – Jo-  qui n’est même pas suffisamment poli pour être honnête, manager un peu, trafiquant beaucoup, doté d’une mère qui l’a toujours préféré à son frère Mario et lui a donc donné toute confiance en lui et en ses capacités n’est pas franchement la décision qui donne une bonne opinion de soi.

Oui, Lew prend des risques dans cette enquête, parce qu’il ne supporte pas de voir des gamins, des gamines, perdre la vie, se bousiller la santé à cause de la drogue dont on les rend dépendants – déjà à cette époque. Il sait aller au-delà des apparences, dans un monde où elles comptent pourtant beaucoup. Mention spéciale, également, pour le curieux médecin légiste obstétricien – et sa capacité à aller aussi au-delà des apparences.

Encore un très bon cru signé Ross MacDonald.