Archive | 16 mai 2016

L’incendie du Crystal Palace de Deborah Crombie

Mon résumé :

Un avocat est retrouvé mort, assassiné, dans une situation plus que compromettante. Gemma James et son adjointe enquêtent.

Merci à Netgalley et au livre de poche pour ce partenariat.

Mon avis :

Quand un lecteur suit une série avec des personnages récurrents, il le fait autant pour les enquêtes policières que pour retrouver les personnages qu’il apprécie. Le tout est de ne pas le décevoir, et de faire en sorte (du moins, c’est mon point de vue) que la vie privée des personnages ne monopolise pas l’intrigue – certaines séries sont de véritables contre-exemple.
Rien de tout cela ici. Gemma James et Duncan Kincaid forment un couple assez atypique puisqu’il a mis sa carrière entre parenthèses pour prendre soin de leur fille adoptive Charlotte. Elle est sur le terrain, jonglant entre constatation, interrogation, compte-rendu et relations avec la presse – pour ce dernier point, elle ne voit aucun inconvénient à être remplacée. Le roman montre la minutie du travail de police, la nécessité de vérifier, de revérifier, d’interroger. il est peu questions de preuves scientifiques, même si elles ne sont pas négligées, mais véritablement du côté humain des enquêtes.
Les victimes ont été des êtres humains, avant d’être des victimes. C’est avant toute chose en les cernant que les enquêteurs peuvent trouver leur meurtrier. Bien que plusieurs meurtres aient eu lieu avec le même mode opératoire, il n’est pas question pour les enquêteurs de parler de tueur en série, afin d’éviter les généralisations abusives, et, pour la construction de l’intrigue, une certaine facilité. Dans certains romans, le tueur en série traditionnel est le centre du roman, les victimes sont réifiées non seulement par lui, mais par les autres personnages: ce ne sont pas elles qui l’intéressaient, mais un stéréotype. Gemma et ses enquêteurs cherchent véritablement des liens, des preuves et enquêtent au moins autant à charge qu’à décharge : il est toujours utile d’ôter un suspect de la liste, et de ne pas être obligé de l’y ajouter à nouveau (pratique fréquente dans certaines séries policières).
Autre point fort de ce roman : la complexité des personnages. Pas de gentils, de méchants, mais des êtres remplis de contradiction, qui ont subi des épreuves, ont des préoccupations diverses et variées, interagissent avec leurs voisins, leurs proches, leurs collègues, leurs familles, et finissent par se croiser dans cette belle ville de Londres. Un fil ténu se trouve ainsi tissé, liant passé et présent, pour ne prendre véritablement sens qu’au dénouement, surprenant mais résolument rempli d’espoir.
Note : le système éducatif anglais, et la manière dont les enseignants et les élèves sont traités a de quoi surprendre. Des excès dans lesquels nous ne tomberons jamais, du moins je l’espère.

Domgodji, tome 1 : Ombre et lumière de Christophe Vaudin.

Merci au forum Partage-Lecture et à l’auteur pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce roman de fantasy commence à notre époque… Une époque que je n’ai pas vraiment reconnue, tant la dureté des relations entre le fils et sa mère, qui ordonne à son enfant de « déguerpir », p. 11, m’a surprise. Elle ne surprend guère le personnage principal, néanmoins, qui ne se pose pas trop de questions. Il s’en posera cependant quand des phénomènes étranges surviendront, et qu’il basculera dans un autre monde, qu’il fera de multiples rencontres, et devra lutter contre l’ennemi qui menace cet univers – et en a déjà une partie sous sa coupe.
L’intrigue apparaît ici assez classique. Mais, ce qui m’a dérangée, c’est la disproportion entre les véritables aventures (entraînements, combats, pièges dans lesquels ils tombent) et la narration de faits très banals. Domgodji et ses amis prennent leurs trois repas par jour, les plats qu’ils dégustent sont toujours surprenants et succulents, ils se lavent, dorment dans de vrais lits, ne sont jamais véritablement dérangés pendant ces activités. Même quand l’un des leurs perçoit quelque chose de « louche », p. 153, cela ne les empêche pas de continuer comme si de rien n’était, et de s’en sortir sans trop de soucis. J’ai eu l’impression que les événements, qui, parfois, sont tout de même dramatiques, glissent sur eux sans les atteindre – et sans atteindre non plus les habitants de cette contrée « qui ne se prennent pas la tête pour si peu », p. 205. Tout survient trop rapidement à mon goût dans ce récit, y compris les sentiments amoureux ou les amitiés profondes.
De même, j’ai trouvé les personnages beaucoup trop bavards. Domgodji est très rapidement rejoint par une, puis deux, puis trois compagnons, et à chaque fois qu’ils discutent d’un sujet sérieux ou quelconque, chaque membre de l’équipe prend la parole, pour finalement dire la même chose que les autres, ou approuver ce que le premier personnage a dit, ce qui n’apporte pas grand chose à l’intrigue, si ce n’est montrer leur belle cohésion. De plus, je n’ai pas été sensible à leur manière, très familière, de parler, avec parfois l’emploi d’une syntaxe pas toujours correcte.
Bref, la rencontre entre moi et cet univers fantasy n’a pas été des plus concluantes, mais les lecteurs assidus de ce genre littéraire apprécieront sans doute davantage.