La dorade me donne le hoquet de Jesse Eisenberg

Merci aux éditions Jean-Claude Lattès et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Je suis une ex-accro aux séances de cinéma – pas un film vu en salle depuis janvier, et je dois dire que cela me manque ! J’avais considérablement diminué le rythme de visionnage depuis deux ans, donc je ne peux pas vraiment dire que je sois fan de l’acteur Jesse Eisenberg – je crois même n’avoir vu aucun de ses films, c’est vous dire. Non, ce qui m’a attiré dans ce recueil de nouvelles, c’est le titre. Et certaines nouvelles de ce recueil sont toute aussi surprenantes.
Ainsi, la toute première nouvelle est à mes yeux la plus réussie. Le jeune narrateur accompagne inlassablement sa mère dans les différents restaurants où celle-ci l’entraîne. Volonté de découvrir de nouveaux lieux, de nouveaux mets ? Pas du tout, plutôt celle de faire payer (dans les deux sens du terme) son ex-mari, parti avec une autre femme et qui mène désormais une vie… ni plus heureuse, ni plus épanouie que celle qu’il menait avec la mère de son fils. Celui-ci regarde les adultes et leurs travers, leurs pauses sans naïveté, avec une pointe d’ironie bienvenue. Je ne vous parle même pas des conventions gastronomiques, ou des modes alimentaires, à la limite du sectarisme, qui sont passés en revue. Ses têtes à têtes avec sa mère lui permettent de mieux la comprendre, d’aller au-delà des apparences : « une vie pénible à deux est préférable à une existence facile mais solitaire. » Un texte que j’ai pris plaisir à lire et à relire.
Autre réussite : Ma colocataire m’a volé mes nouilles. Ou comment donner la parole à une jeune femme névrosée qui aurait parfaitement sa place dans un film de Woody Allen. Si l’on rit de ses excès, on ne peut que s’interroger sur sa solitude, amoureuse et affective – ses parents ne semblent pas lui avoir donné toute l’attention qu’elle méritait et mérite encore – et sur l’incompréhension qu’elle rencontre. Ses écrits vont jusqu’au bout de ses délires – je l’aurai bien suivie encore un peu.
Les autres nouvelles, regroupées selon des thématiques, sont moins abouties, courtes vignettes qui ont en commun une abondance de paroles, et une incompréhension de la part de ses interlocuteurs. Je retiens surtout les adeptes de la théorie du genre qui poussent jusqu’à l’absurde ces principes et m’ont rappelé d’autres personnages de la littérature (ou pire, de la vie bien réelle) qui appliquent à la lettre leurs croyances, leurs préceptes, en oubliant qu’en face d’eux se trouvent d’autres hommes, d’autres femmes qui veulent juste profiter de leurs loisirs en paix.

La dorade me donne le hoquet est un recueil de nouvelles qui nous questionnent sur notre solitude, à une époque où l’on n’a jamais été aussi connecté aux autres.

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14 réflexions sur “La dorade me donne le hoquet de Jesse Eisenberg

  1. Je lui dois la découverte d’un de mes films devenus cultes (enfin, aussi parce qu’il y a Woody Harrelson dedans, n’oublions pas Woody, c’est un de mes héros) : Bienvenue à Zombieland, avec de gens mangeurs de chair humaine dedans. Et c’est drôle en plus 😉

    Je ne savais pas que Jesse Eisenberg s’était mis à l’écriture, mais ce format de petites nouvelles (comme Woody Allen, tiens, d’ailleurs) m’intéresse beaucoup. Et puis le titre suffirait pour me faire acheter le livre sans même lire la quatrième de couverture. J’adore tout ce qui sonne ouvertement décalé, presque grotesque !

    Merci pour la découverte, qui va s’ajouter à la (longue)(trop longue) liste de tous les trucs que je veux lire… Et espère lire un jour, ahah!

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