Meurtres au kibboutz de Batya Gour

Mon résumé :

Aharon a très bien réussi dans la vie. Cependant, il revient dans le kibboutz où il a grandi, et dont il est parti très jeune. La cause ? Osnat, avec laquelle il avait grandi, était amoureuse d’un autre. Aujourd’hui, Osnat est veuve. Commencent entre eux une liaison, qui prend fin à la mort d’Osnat. Pneumonie ? Non, empoisonnement. Le commissaire Ohayon, dont le fils unique termine son service militaire, enquête.

Mon avis :

Quand j’ai commencé la lecture de ce livre, je me suis dit qu’il comportait des longueurs, de brefs récits secondaires dont on aurait pu se passer. Cependant, si l’auteur les a placés dans son récit, il avait une excellente raison. Laquelle ? Nous montrer qu’il est impossible de résoudre une enquête sans s’appuyer sur le passé, sur les expériences des enquêteurs mais aussi sur celles de l’entourage de la victime, et de la victime elle-même. Le roman policier, ou un long retour vers le passé.

Aharon revient vers le sien. Des regrets ? Non. Il n’aurait pas pu faire d’autres choix que les siens, mais la femme qu’il aime oui. Et c’est à ce moment de mon avis que je rappelle que ce blog est personnel, subjectif, et, par moment, pas vraiment littéraire. Osnat, la victime, a construit sa vie contre les personnes qui l’avaient jugé parce qu’elle était la fille de…, parce qu’elle avait besoin d’intimité, l’intimité la plus élémentaire dans une société qui n’en admet aucune. Je ne connaissais que très vaguement le fonctionnement des kibboutz (même pas sûre que mon pluriel soit correct) et je ne parviens pas à comprendre ce mode de fonctionnement. Je ne comprends pas que l’on abdique toute volonté personnelle, je ne comprends pas que ses propres enfants dorment dans un dortoir collectif et soient élevés « de manière égalitaire » par des puéricultrices qui, pour certaines, n’en ont strictement rien à faire des enfants. Je ne comprends pas que chacun connaisse les petits secrets des autres, y compris les faits les plus intimes. Et s’il est un personnage dont je me sens proche dans cette histoire, ce n’est pas tant Osnat, c’est Moysh, qui ose se rebeller (et en payer le prix) pour que ses propres enfants ne souffrent pas  de ce dont lui-même souffre aujourd’hui.

L’enquête n’est pas facile à mener, l’enquête prend du temps – et non pas prend son temps, ce n’est pas du tout la même chose. Dans une communauté où personne ne pense avoir de secrets, où personne n’imagine même qu’un meurtre soit possible, il est non pas difficile d’enquêter, mais de mettre les membres de cette communauté en face de la réalité – leur réalité.

Meurtres au kibboutz n’est pas qu’un roman policier, il nous interroge sur notre mode de vie, et sur la faillite de certaines utopies.

 

 

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9 réflexions sur “Meurtres au kibboutz de Batya Gour

  1. Je connais un peu le fonctionnement des kibboutz, j’en ai même visité un et ça ne fait pas rêver du tout ! Comme tu le dis si bien dans ta dernière phrase, « la mort de certaines utopies »…mais qui ont eu le temps de faire des dégâts…

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