Tout ce qu’on ne s’est jamais dit de Celeste Ng

Merci aux éditions Sonatine et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce roman commence comme un roman policier : une jeune fille est décédée, morte noyée. La police ouvre une enquête. Meurtre, accident, suicide ? Pourtant, cette jeune fille avait tout pour être heureuse. Enfant « du milieu », elle a un grand frère et une petite soeur, elle était pourtant considérée comme le rayon de soleil de ses parents. Brillante élève, elle avait beaucoup d’amies, était appréciée de tous. Que s’est-il donc passé ?
Peu à peu, des failles apparaissent. Pas des zones d’ombre qui viennent ternir ce portrait si parfait, non. Lydia remplissait exactement toutes leurs attentes, tous leurs rêves. Et quelles étaient les siens ? Ses parents croient le savoir. Ses parents croient se connaître.
Une des toutes premières failles est que Lydia est métisse. Vue de France, cela ne me paraissait pas poser de soucis. Je ne pensais pas qu’un couple sino-américain soit si rare, si ostracisé. Nous parlons beaucoup de différences, de son acceptation. Ce qui me frappe est l’absence de véritable dialogue. Oui, les personnages se parlent, le père, la mère, mais ils plaquent l’un sur l’autre leur propre crainte, leur propre désir, et n’entendent dans la voix, dans les paroles, dans le comportement que l’autre que le reflet de leur propre crainte, leur propre désir. Histoire tristement banale, puisqu’ils veulent que leurs enfants vivent la vie qu’eux non pu mener. Nous sommes en Amérique, pas l’Amérique profonde, non, mais une Amérique bien réactionnaire, où la place des femmes est à la maison, auprès de leur mari et de leurs enfants, où le seul but des études, pour une femme, est d’attendre de trouver un bon mari. Faire bouger les choses n’est pas chose aisée et peu ont le courage d’aller au bout – mais certaines le font. Je ne vous parle même pas de l’image de la jolie famille américaine moyenne qui sort plus qu’écorner de ce roman – lire le manuel de la parfaite cuisinière, ou plutôt le manuel de la parfaite femme effacée.
Faux roman policier, vrai roman psychologique, Ce que l’on ne s’est jamais dit nous renvoie à nos propres non-dits. Il nous renvoie à la place que l’on veut bien faire aux autres dans notre propre vie. Un roman à faire lire aux parents, mais aussi aux adolescents. premier roman

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9 réflexions sur “Tout ce qu’on ne s’est jamais dit de Celeste Ng

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