Archive | février 2016

Peabody secoue le cocotier de Patrick Boman

et cela va faire très mal !
Oui, je sais, je n’ai pas pu m’en empêcher.
Peabody est toujours au fin fond de l’Inde, mais là, c’est une affaire d’importance qui l’appelle : un avocat bien connu a été tué, une partie de sa jambe découpée et dévorée, rien que cela ! Josaphat Peabody a beau être en poste depuis quarante ans, il n’a jamais vu un tel crime. Non, je ne vous dirai pas qu’il va tout mettre en oeuvre pour trouver le coupable – il ne ferait qu’exercer son métier – je vous dirai qu’il ouvre l’oeil, et qu’il n’est pas question pour lui que la justice ne soit pas la même pour tout le monde. En effet, un autre crime est commis, peu de temps après, et même si l’une des victimes est vivante, Peabody mettra tout en oeuvre pour que les coupables reçoivent un châtiment exemplaire. Que cela ne plaise pas à tout le monde, surtout aux charmants représentants de la couronne britannique n’est franchement pas son problème.
Peabody est un enquêteur atypique : très porté sur les femmes (sans jamais faire preuve de violence d’aucune sorte à leur égard, désirer n’est pas un crime), très porté sur la nourriture aussi, il vit du mieux qu’il peut avec les indiens. Il s’oppose ainsi, implicitement, au juge Frazier, à ses prétentions hygiénistes, ou encore au charmant Reginald Batterbury-Woods, qu’il a retrouvé, complètement déconfit, après les aventures de Peabody se mouille mais flanqué de son épouse en chair et en os. Qui a dit que le mariage était facile ? Pas Peabody en tout cas !
Même si l’inspecteur se retrouve dans des situations rocambolesques, il parvient toujours à s’adapter, et à s’en tirer. Ce n’est pas le cas de tous. Gare à ceux qui se sont crus trop malins ou au-dessus des lois.
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Le cake au citron de Miss Marple

gourmandise

Je devais faire cette recette la semaine dernière, et j’ai singulièrement manqué d’envie pour la réaliser – et de citrons dignes de ce nom. Syl vous a présenté le 14 février Le cake au citron de Miss Marple. J’ai suivi la même recette, celle d’Anne Martinetti dans le livre crème et châtiment.

Voici les ingrédients :
– 200 g de farine (pour ma part, je prends désormais de la farine bio T65).
– 150 g de beurre (doux).
– 100 g de sucre
– 4 œufs
– 2 citrons non traités (indispensable !).
– 1 sachet de levure

Comment préparer ?
– Préchauffez votre four, thermostat 6 ou 180 °.
– Faites fondre votre beurre (et ne l’oubliez pas).
– Mélangez le sucre avec les œufs jusqu’à ce que le mélange blanchisse, puis ajoutez la farine peu à peu, la levure, le beurre fondu et le jus des 2 citrons.
– Coupez en petits morceaux la peau des citrons, ébouillantez-les et ajoutez-les dans la pâte.
– Mettez la pâte dans un moule à cake et enfournez environ 45 minutes.

Le cake est en train de cuire.

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Edit de 13 h 46 : le cake est cuit, deux parts ont été mangées, ma maman l’a trouvé très bon.

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Violence à l’origine


Merci à Babelio et aux éditions Kennes pour ce partenariat. Merci aussi pour l’organisation de la rencontre avec Martin Michaud.

Mon avis :

Je découvre Martin Michaud avec la quatrième enquête de Victor Lessard, et j’ai depuis très envie de lire les trois opus précédents. Sergent détective de son état, il est divorcé, père de deux grands enfants. Il vit avec une collègue et, ma fois, leur relation est harmonieuse, puisqu’ils sont tous les deux aussi passionnés par leur travail.L’un avec l’autre, ils ont trouvé un équilibre : Victor a mené des enquêtes difficiles, douloureuses, dont le souvenir le hante encore et l’ont fait sombrer.
Il a à faire à un tueur comme il en existe rarement dans les romans policiers. Je dirai même que c’est un tueur qui défie le manuel du parfait petit profileur, non parce qu’il fait peu de victimes, mais parce qu’il a une fâcheuse tendance à varier les méthodes d’exécution. De plus, il ne semble pas y avoir de liens entre les différentes victimes – mot féminin, pour désigner ici des êtres masculins. Non que les hommes ne puissent être victimes de tueur en série, l’histoire nous le prouve assez. Simplement, leur mort nécessite plus de ruse et de force physique, surtout que les hommes qui ont été assassinés n’étaient pas des tendres, chacun dans leur domaine.
Victor Lessard enquête donc, et si, contrairement à d’autres enquêteurs, il travaille à vaincre ses démons, ses collègues ont tous une forte personnalité, un peu barré, à commencer par Jacinthe, au franc parler réjouissant, au régime rempli de transgression, toujours prête à aider les siens – et les résultats sont là.
Je ne peux pas parler de ce livre sans parler de sa construction. Il commence presque à la fin, au coeur de l’action. Il nous replonge dans le passé aussi, quelques trente ans plus tôt, au plein coeur de l’hiver alors que le récit principal prend place en été. Comme en un jeu de piste avec le lecteur, les retours dans le passé, bien mis en valeur dans le texte, nous aide à reconstituer le passé de personnages clefs pour le présent de l’enquête.
Le dénouement devrait également faire réfléchir. Lessard fait un choix, et l’on serait bien en peine de se dire si ce choix est conscient ou non. Ce qui est sûr est que Lessard n’est pas un enquêteur conformiste, ceux qui nous donnent des leçons de morale ou qui résolvent les problèmes très facilement (j’ai quelques séries françaises en tête, heureusement, nous en sommes loin !). S’il est intransigeant envers les autres membres de la police, il a aussi des faiblesses. La différence ? Elles ne sont pas à son profit personnel, bien au contraire.
Violence à l’origine est un roman qui nous questionne sur notre sens de la justice, mais aussi sur cette origine de la violence, questionnement que des auteurs français développent aussi dans leurs romans. Sur ce plan-ci, pas d’angélisme non plus, ni de diabolisation – mais des personnages, des actes, des réflexions, qui tranchent avec ce que l’on a pu déjà lire. Bref, Violence à l’origine est un roman hautement recommandable.

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Au rendez-vous des mariniers de Frédéric Vitoux

Présentation de l’éditeur :

C’est l’histoire d’un restaurant populaire dans l’île Saint-Louis, où l’on prenait ses repas à même le marbre des tables et où la patronne présentait l’addition sur une ardoise. Son enseigne ne trompait pas : Au Rendez-vous des Mariniers…
Au 33, quai d’Anjou, s’y donnèrent rendez-vous, de 1904 à 1953, les habitants du quartier, les patrons des péniches amarrées sur les berges et les blanchisseuses des bateaux-lavoirs tout proches…

Merci aux éditions Fayard pour ce partenariat.

Mon avis :

Il est plus facile de parler d’un roman que de parler d’un récit. Le personnage principal de ce livre est le restaurant, le bistro plutôt : Aux rendez-vous des mariniers. Ce bistro vécut presque un demi-siècle, quasiment l’espérance de vie d’un homme au XIXe siècle. Trois familles se succèdent à la tête du restaurant, qui chacune imprima sa patte à ses lieux.
Banal restaurant ? Non. Et s’il a intéressé l’auteur, ce n’est pas uniquement parce qu’il est lié à son histoire personnelle. C’est aussi parce qu’il fut le lieu de rendez-vous, pour ne pas dire aussi d’inspiration, d’écrivains de tout bord. Certains sont toujours très connus de nos jours, tels Aragon, qui met en scène le restaurant dans Aurélien ou Simenon, qui, s’il ne le cite pas, a toujours montré son attirance pour le monde des mariniers. D’autres sont injustement oublié, tel Jean de La Ville de Mirmont, poète tué pendant la première guerre mondiale. Il est intéressant de voir comment des créateurs se sont croisés en ses lieux, Dos Passos et Hemingway, qui n’étaient pas encore les auteurs renommés qu’ils sont devenus. Plus étonnant, ce dîner qui réunit Ramon Fernandez, Céline et François Mauriac, en 1933.
Frédéric Vitoux ne prétend pas tout savoir sur l’histoire de ce lieu. Il s’appuie sur une documentation solide pour retracer l’histoire des lieux, et pose des hypothèses, romance un peu, il précise aussi ce qu’il ignore, comme le devenir des premiers patrons des lieus, ceux qui, finalement, ont véritablement crée le rendez-vous des mariniers. Madame Leconte devait être non seulement une excellente cuisinière, mais aussi une maîtresse femme pour avoir su attirer autant de clients différents sur son île.
Le risque est peut-être là, aussi, pour ce livre: que son audience soit limitée parce qu’il parle d’un petit coin de Paris, d’une époque révolue. J’aimerai, pour ma part, qu’il redonne envie de lire certains auteurs.bannière vle2Challenge-Rentrée-littéraire-janvier-2016-150x134

Cold in hand de John Harvey

Présentation de l’éditeur (extrait ) :

Le jour de la Saint-Valentin, une confrontation entre gangs rivaux dégénère et une adolescente est tuée. Lynn Kellogg, collègue et maîtresse de Charlie Resnick, est impliquée dans la fusillade. Le père de la jeune fille décédée cherche à lui faire porter le chapeau, l’accusant de s’être servie de la victime comme bouclier humain. Charlie Resnick tente d’aider sa partenaire à se sortir de cette situation.

Mon avis :

Après avoir lu l’avis de Cannibal lecteur, notre Belette du polar sur un roman de John Harvey, j’ai eu envie de découvrir cet auteur. Je suis donc allée à la bibliothèque et j’ai emprunté ce titre, qui était disponible.
Rien ne va bien au Royaume de sa très gracieuse majesté. Des gangs rivaux passent leur temps à se quereller et parfois, il y a un mort. La bonne question n’est pas : que fait la police ? La bonne question est : que font les parents ? Ils sont trop occupés à mener leur vie d’adulte, de couple, voir d’amoureux pour apporter le temps, le soin à leur progéniture, qui n’est pourtant pas là par hasard. Ils ferment les yeux, aussi, parfois, parce que c’est tellement plus facile de dire que l’on ne sait rien, ne voit rien, ne sent rien non plus.
La police enquête, et pas toujours adroitement – avec le recul du lecteur, il est facile de dire que, tout au long du récit, Charlie s’implique trop, en fait trop. Il n’est pas le seul d’ailleurs, comme si la subtilité n’était pas la marque de fabrique de ses messieurs de la police. Sa compagne (pourquoi le quatrième de couverture dit-il qu’elle est sa maîtresse ? Ils vivent ensemble, et n’ont d’autres engagements que le leur), comme d’autres enquêteurs, en plus du traumatisme subi et des menaces endurées, jongle avec plusieurs enquêtes, dont une lui tient particulièrement à coeur : le meurtre d’une prostituée et la protection des deux seuls témoins dont elle dispose. Il est des morts qui ne pèsent pas lourds face à d’autres intérêts.
Et tout bascule, coupant le roman en deux. Non, je ne vous dirai pas comment, mais nous avons des pages particulièrement poignants, crues, réalistes, mettant en scène Charlie, en solitaire. D’autres enquêtes surviennent : il en faut beaucoup pour arrêter les crimes, même les inondations qui ravagent le sud du Yorshire. Et si Charlie est « inapte au travail », il est d’autres enquêteurs qui prennent leur métier à coeur, tout en gardant la distance nécessaire pour faire éclater la justice et la vérité. Dommage qu’ils ne soient pas tous ainsi.

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Brunetti entre les lignes de Donna Leon

Présentation de l’éditeur :

En ce maussade lundi de printemps, le commissaire Guido Brunetti pensait n’avoir rien d’autre à faire que de lire des rapports, quand il reçoit soudain un appel fiévreux de la directrice d’une prestigieuse bibliothèque vénitienne. Plusieurs livres anciens et de grande valeur ont été endommagés, d’autres ont même disparu. Les employés soupçonnent un chercheur américain venu à plusieurs reprises consulter les livres, mais pour Brunetti, quelque chose ne colle pas. Prenant l’affaire en main, le commissaire commence par enquêter sur les visiteurs réguliers de la bibliothèque et en conclut que le voleur n’a pas pu agir seul. Mais quand l’un des suspects est retrouvé mort chez lui, l’affaire prend une tournure beaucoup plus sinistre.

Merci aux éditions Calmann-Levy et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Les fans du commissaire Brunetti seront ravis. Le commissaire ne change pas : il est toujours aussi consciencieux, et tant pis si son supérieur a d’autres préoccupations. Ceux qui sont sous ses ordres, à commencer par Elettra, lui sont entièrement dévoués, et effectuent tout ce qu’il leur demande. D’un autre côté, il ne demande jamais rien qui ne soit pour le bien de l’enquête. Heureux en ménage, Brunetti n’a pas non plus de soucis avec ses enfants ou ses beaux-parents : la sérénité de sa vie privée est assez rassurante.
Les thèmes de l’enquête tranchent aussi avec la violence d’autres polars actuels. Pourtant, la violence est bien là, dans le pillage systématique de la culture italienne. Des livres anciens sont mutilés, volés, qui s’en inquiètent véritablement ? Certainement pas les hommes politiques italiens. La culture n’a plus rien à faire là-dedans, au contraire du désir de possession, de la volonté d’épater les autres. Dans le même registre, on peut trouver les dérogations pour le passage des gigantesques bateaux de croisière – et tant pis pour Venise et ses vieilles pierres.
Il n’est pas que les hommes politiques qui en prennent un coup, les hommes d’église ne sont pas épargnés, ceux qui ne le font que par désir de pouvoir, et peu leur importent les dégâts qu’ils causent.
Deux regrets cependant : le dénouement est un peu trop abrupte et j’aurai véritablement aimé revoir certains personnages qui nous quittent au beau milieu du récit.

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Pourquoi le lion est-il le roi des animaux ?

Présentation de l’éditeur :

Pourquoi le lion est-il le roi des animaux ?
Pourquoi la girafe a-t-elle un si long cou ?
Deux histoires pour revisiter, avec humour, la vie de la jungle et ses légendes.

laboxdepandore_partenaire_halloween_sMon avis :

Voici un album qui était contenu dans la box de pandore, box pour enfant de janvier.
Ce livre contient deux très bons contes qui font l’éloge de la différence et du vivre ensemble. Dis ainsi, cela semble presque pompeux. Et pourtant… cette album montre que chacun a ses défauts, mais aussi ses qualités, et qu’il est parfaitement possible de vivre les uns avec les autres. Les illustrations sont très belles, très colorées, et devraient plaire aux enfants.