Le chat qui parlait aux fantômes de Lilian Jackson Braun

Mon résumé :

Jim Qwilleran est le célibataire le plus riche de tout le comté de Moose. Il vit seul avec ses deux siamois. Ce soir là, il reçoit un appel angoissé de son amie Iris Cabb : quelque chose l’effraie suffisamment pour qu’elle le contacte en pleine nuit. Elle décède peu après, de mort naturelle, apparemment. Qwill n’y croit pas : quelqu’un s’est débrouillé pour l’effrayer au point qu’elle en est morte. Qui ?

Mon avis :

Si, comme moi, vous lisez ou relisez les enquêtes de Jim Qwilleran, vous savez fort bien que ce n’est pas pour le suspens, mais plutôt pour cette manière de décrire l’Amérique du Midwest sans avoir l’air d’y toucher. Le comté de Moose n’existe pas ? Qu’à cela ne tienne, il nous dit pourtant beaucoup sur cette Amérique rurale, cette Amérique où le souvenir des pionniers est encore bien vivace et où le présent se fait au rythme des saisons. Ce n’est pas l’Amérique profonde, non, plutôt une paisible Amérique des classes moyennes. Pourtant, même là, le drame, la tragédie, peut survenir au milieu d’une ville paisible.
Qui pouvait bien vouloir la mort d’Iris Cabb ? Cette femme, qui avait enterré plusieurs maris, n’était pas si proche que cela de son fils, qui ne semble d’ailleurs pas manifester un chagrin outrancier à l’annonce de son décès : elle n’avait toujours pas fait connaissance avec son petit-fils, elle n’avait jamais trouvé le temps pour aller le voir, et avait refusé que son fils vienne la visiter. Conservatrice du musée de la ville (place enviée), fan de rose, elle avait tout de la femme apparemment inoffensive (certains de ses maris ne seraient sans doute pas d’accord).
Qwill ne dit rien, n’en pense pas moins et n’hésite pas à prendre la place de conservateur par intérim pour mieux découvrir ce qui s’est passé, et aussi empêcher un charmant voisin de mettre trop facilement la main sur le poste. Les nouveaux venus se remarquent très facilement dans cette petite communauté, et si, pour Kristi, la voisine de Qwill, il s’agit d’un retour au pays après quelques errances personnelles et sentimentales, pour d’autres, les raisons de leur venue dans cette petite communauté paisible sont plus obscures.
Paisible ? Il faut parfois le dire très vite. il suffit de lire le récit des catastrophes, pas toujours naturelles, qui ont endeuillé la communauté au fil des siècles. Les amateurs de généalogie sont les bienvenus : les Bibles familiales, scrupuleusement remplies, permettent de connaitre les descendants de chacun, mais aussi les aléas de leur vie. Les connaissances historiques de Qwill lui permettent aussi de chercher les anomalies qui peuvent survenir. Et s’il ne croit pas aux fantômes, il sait que les vivants peuvent faire beaucoup de dégâts – sur les hommes et sur les animaux. Et parce qu’il est seul, sans autre famille que celle qu’il s’est constitué, il sait que favoriser les siens au détriment du bien commun n’est pas une bonne chose. Qwill est journaliste, les petits secrets ne lui résistent pas.
Bien sûr, dans cette petite communauté, la morale bien pensante domine. Et s’il ne fait pas bon vivre sans être marié, il est pire encore de négliger compagne et enfants.
Le chat qui parlait aux fantômes est l’un des opus les plus sombres de cette série. Pour l’humour, cependant, vous pouvez compter sur la première apparition de Bootsie, le siamois de Polly Duncan, l’amie de Qwill. Il n’est pas sûr que Koko et Yom-Yom sen remettent.

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7 réflexions sur “Le chat qui parlait aux fantômes de Lilian Jackson Braun

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  2. J’en avais lu un ou deux, de cet auteur, mais j’avais laissé tomber, à cette époque, je cherchais l’adrénaline dans mes policiers et pas la profondeur ou le portrait de l’Amérique rurale. D’ailleurs, je n’aurais même plus su dire où l’action se déroulait… 😳

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