L’assassinat de Gilles Marzotti de Christophe Desmurger.

.Présentation de l’éditeur :

Raoul est un écrivain qui commence à être reconnu, il vit avec sa compagne Nicole et dirige une entreprise prospère. Il est plein de projets et d’énergie. Mais il ne peut s’empêcher de dépenser plus qu’il ne gagne. Hanté par les dettes et les crédits, il leur donne un visage, celui de son banquier Gilles Marzotti.

Merci aux éditions Fayard et à Marie, leur attaché de presse, pour ce partenariat.

Mon avis :

Le titre compte double. Est-ce Gilles Marzotti qui est assassiné ou est-ce lui qui assassine ? Il est un personnage récurrent dans ce roman, celui qui ancre le narrateur dans le réel économique contemporain, celui qui va également focaliser toute la haine contre lui. Gilles Marzotti, un banquier ordinaire.
Le roman commence quasiment par la fin, et c’est là que nous rencontrons le narrateur. Quitté par Nicole, la femme qu’il aime, séparé par la force des choses de son fils Matteo, Raoul est un romancier qui ne parvient plus à écrire. Aussi, tout le reste du roman, en dépit de moments de joie certains (la parution de son roman, la naissance de son fils) ne peut qu’aboutir à cette désillusion finale. Reste à savoir justement comment Raoul en est arrivé là.
Raoul et Nicole, Nicole et Raoul, deux artistes aux prénoms hors du temps – seul Matteo, leur fils, est bien ancré dans les années 2000. A travers eux, l’auteur posent la question de la création artistique : Raoul et Nicole ne vivent pas hors du temps, d’ailleurs Raoul apprécie d’offrir à sa compagne des signes de réussite sociale, que ce soient des vacances ou une belle voiture. Leur paradoxe est là : ils sont des artistes, mais aussi des consommateurs. Leur situation est tristement banale : l’un ne sait pas gérer un budget, l’autre ne semble pas s’y intéresser, du moins pas avant que les difficultés n’interviennent, leur fibre artistique n’a rien à voir là-dedans puisqu’ils ne se sont pas endetter pour créer mais pour avoir un certain confort (et pour avoir été aussi négligent).
La création est bien là, mais passe au second plan face à la dépression dans laquelle plonge Raoul. Elle n’est pas nommée puisqu’il est dedans et qu’elle l’empêche de voir, de comprendre. En même temps, le fait de nous focaliser sur Raoul nous empêche véritablement de connaître ceux qui l’entourent : lors du dénouement, il n’y a pas que Raoul qui sera surpris, le lecteur aussi. Il permet aussi d’utiliser des ellipses : nous ne pouvons pas savoir toutes les étapes de la dégringolade de Raoul, puisque lui-même se voile la face.
Reste la question de l’assassinat de Gilles, ou plutôt de savoir ce qui fait de nous un assassin ? Est-ce l’acte en lui-même ou le fait de le désirer ? Pour moi, la réponse est évidente – et ce n’est pas le questionnement du narrateur qui me fera changer d’avis.

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2 réflexions sur “L’assassinat de Gilles Marzotti de Christophe Desmurger.

    • C’est peut-être mon avis qui l’est ! Je suis allée consulter après coup les autres critiques sur Babelio, et les analyses me paraissent beaucoup plus simples que la mienne. Il n’est pas aussi « drôle » que je m’y attendais.

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