Infidèles d’Abdellah Taïa

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Présentation de l’éditeur :

Slima est une putain marocaine. Son fils Jallal l’aide à attraper les hommes, les clients, les soldats d’une base militaire. Il parle à sa place, se bat pour elle. Tous deux résistent à la misère et aux humiliations. Ils savent manipuler les hommes, tirer d’eux de quoi survivre. Ils se sont inventé une religion où cohabitent l’Islam, la sorcellerie, et des rêves nés des chansons populaires et des films.
Merci au forum Partage-Lecture et aux éditions Points pour ce partenariat.

Mon avis :

Je ne connaissais pas du tout l’œuvre d’Abdellah Taïa, jeune auteur marocain, avant de lire Infidèles. Dans ce roman divisé en quatre parties, des voix s’élèvent, et j’ai eu l’impression que personne ne les écoute, personne ne les entend, pas même ceux à qui ils s’adressent. Ainsi, Slima ne réagit pas aux paroles pleines d’amour de son fils, qui tente de la faire réagir. Chaque personnage semble muré dans sa solitude – solitude à deux pour Jallah et sa mère – et ne jamais parvenir à s’en sortir.
Le mot n’est jamais prononcé, pourtant la fatalité domine. Chaque lueur d’espoir est très vite étouffée, quand elle ne plonge pas les personnages dans une douleur plus grande encore. Slima, enfant abandonnée, a été recueillie – sa mère adoptive en a fait très rapidement sa domestique, puis l’a vouée à la prostitution, lui ôtant ainsi tout avenir. Un soldat, parmi les nombreux clients de Slima, avait apporté un peu de réconfort à la mère et au fils, il sera la cause involontaire de l’emprisonnement de Slima. Même l’amour n’apporte rien de véritablement bon, parce que les êtres aimants semblent ne pas réellement regarder la personne qu’ils disent aimer.
Les phrases sont courtes, simples, rythmées, scandées comme des cris de douleur et de rage parfois. Les mots sont crues, aussi, et m’ont mis mal à l’aise, notamment en ce qui concerne Slima et son fils, et ce que celui-ci a très certainement subi de la part des clients de sa mère. Il est question aussi de la violence – officielle – du sort des femmes – lire le dialogue entre le coiffeur du Caire et Slima – de la religion, de l’extrémisme. Et de Marilyn Monroe aussi, trait d’union entre la mère et le fils, consolation pour les malheureux.
Infidèles est un roman désespéré.

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7 réflexions sur “Infidèles d’Abdellah Taïa

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