Archive | décembre 2015

L’énigme de Saint-Olav

Présentation de l’éditeur :

Tallinn, 1409.
Sur les hauteurs de la ville, les chevaliers teutoniques incarnent une aristocratie en fin de règne, tandis que la ville basse de Tallinn brasse une population métissée et contrastée. On y croise orfèvres, compagnons maîtres chanteurs, marchands de l’ordre des Têtes-Noires et chefs de guildes, dans l’activité bouillonnante du port de commerce de la Hanse. Un haut responsable de l’ordre des chevaliers est retrouvé décapité à la porte du monastère, une épée ensanglantée abandonnée à la hâte sur le chemin de la ville basse. Le bailli fait appel à son fidèle ami Melchior, l’apothicaire, réputé pour son ingéniosité.

Mon avis :

Fans de policiers historiques, vous serez ravis de découvrir à la fois un pays peu connu (l’Estonie)et un tout nouveau héros, au nom de roi-mage, Melchior l’apothicaire. Il n’est pas enquêteur, comme sa profession l’indique. Il est un esprit éclairé, auquel les enquêteurs font appel : l’erreur est humaine, il est bon de tout faire, même à cette époque, pour s’en prémunir.

Les temps sont rudes, les guerres sont encore bien présentes à l’esprit, de même que l’assaut de pirates et autres brigands. Pas de quartier pour eux, pas de quartier non plus quand ils sont capturés et condamnés. Mais ces violences n’étaient pas parvenus jusqu’à Tallinn (pas encore devrai-je dire, puisque l’auteur introduit, à la fin du roman, une anticipation qui nous renseigne à la fois sur le destin de la ville et sur celui de Melchior et son épouse), aussi il convient de trouver l’identité du coupable et de mettre fin à ce qui devient une série de meurtres. Ce n’est pas si facile, même si tout le monde ou presque se connaît dans la ville – justement. On fait attention aux inconnus, rares, on se méfie moins de quelqu’un qui, justement, est tout à fait à sa place.

Le roman se teinte de fantastique à cause de la malédiction dont Melchior et sa famille sont victimes. J’ai dit « fantastique », parce que c’est ainsi que l’on dirait si l’action était contemporaine. Pour Melchior il s’agit plutôt d’une malédiction divine. Vivre sans croire était impossible au XVe siècle. Pour ma part, j’ai du mal à croire en un Dieu aussi vindicatif.

L’énigme de Saint-Olav est un roman policier intéressant, pour qui aime le moyen-âge, l’importance de la religion dans la vie quotidienne, et les intrigues qui prennent le temps de se développer.

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Choubi-Choubi, mon chat tout petit

Présentation de l’éditeur :

Avant de devenir un bon gros chat ronronnant, Choubi-Choubi était un chaton plein de vie, tout excité par ce qui l’entoure. Ce sont ces premiers moments, l’âge tendre d’une boule de poils, que Konami Kanata propose de nous raconter à travers ce manga tendre et drôle.

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Merci à Babelio et aux éditions Soleil pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce manga plaira à tous les amateurs de chats, et plus encore aux fans de Chi, vie de chat. Oui, je sais, je commence mon avis par un jugement péremptoire, c’est dire si je suis sûre de mon fait. Autre avantage : il se lit dans le sens de lecture européen.Bref, pas d’excuses pour ne pas découvrir ce livre et Choubi-Choubi, chaton tout rond, tout mignon, présentant tous les signes de bonne santé.

Les deux héroïnes de ce manga sont Choubi-Choubi, bien sûr, mais aussi la grand-mère qui l’a recueillie et lui est déjà très attachée: Comment pourrais-je rester fâchée… Ainsi ponctue-t-elle chacune des bêtises de la jeune féline dans le premier chapitre. Et oui : les grandes étapes de l’adoption d’un chaton, de sa socialisation devrai-je dire, ne pourraient pas nous être racontées si un être humain ne prenait soin d’elle, ne la nourrissait, ne la lavait si nécessaire, ne se préoccupait de savoir si elle ne souffre pas du froid, ou ne s’inquiétait si elle ne la voyait pas revenir. Nous n’entendons pas les pensées de Choubi-Choubi, contrairement à Chi, mais ses attitudes, ses miaulements, les nombreuses onomatopées qui ponctuent les dessins, sont suffisamment expressifs pour qu’elle soit immédiatement compréhensible.

Ce manga nous montre aussi la vie quotidienne au Japon, ainsi, l’usage d’une table chauffante en hiver. Le dessin est assez épuré, peu de décor, peu de personnages en dehors des deux héroïnes, et des rares animaux auquel le jeune félin est confronté. C’est aussi une bonne chose, puisque cela permet vraiment aux lecteurs de se concentrer sur elle.

Bien sûr, je lirai la suite de ce manga – j’ai très envie de connaître la suite de son évolution, à cette petite.

Pour illustrer, une photo de Lisette Galipette, trois mois et demi.

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La petite encyclopédie du merveilleux


Présentation de l’éditeur :

A travers l’Histoire, les légendes, les mythologies : celtique, gréco-romaine, germanique ou nordique, à travers les créations littéraires ou cinématographiques, Edouard Brasey a collecté tout le savoir des Hommes sur les peuplades féeriques, elfes, lutins, sirènes ou nains, les bêtes terrifiantes comme les dragons, les licornes, les griffons, les gargouilles, mais aussi les créatures de la nuit, les loups-garous, les vampires, les trolls, les cyclopes, les géants, les orques, les titans…

Mon avis :

Je commencerai par un avertissement très simple : si vous n’aimez pas la fantasy, le merveilleux, si vous êtes hermétiques à toute créature qui sort de l’ordinaire (y compris les ogres que l’on croise dans les contes de fée), passez votre chemin, ce livre n’est pas pour vous. En revanche, si vous aimez l’univers fantasy, si vous voulez en savoir plus sur les créatures qui hantent et univers – et même découvrir des créatures dont vous n’avez jamais entendu parler, ce livre est véritablement fait pour vous.
Tout d’abord, il est vraiment un très bel ouvrage, et je remercie Babelio et les éditions du Pré aux clercs de m’avoir choisi pour ce partenariat. Les illustrations, soignées et recherchées, sont parfaitement liées au texte.
Trois grandes parties divisent le recueil, elles-mêmes divisées en de très nombreuses sous-parties. A l’intérieur de celles-ci, les êtres fantastiques sont classés par ordre alphabétique.Chaque article est très soigné, parlant à la fois des légendes et de la littérature, plongeant dans les traditions de plusieurs pays. D’ailleurs, si vous cherchez une créature en particulier, un index est là pour vous aider. Ajoutez à cela une table des matières très détaillée, ainsi qu’une très riche bibliographie, et vous obtenez là un livre parfait pour tous les fans du genre.

L’ogre au pull rose griotte de Marion Brunet.

Mon résumé :

Nous retrouvons les personnages de l’ogre au pull vert moutarde – et l’ogre en question, dont le pull changera de couleur en des circonstances que tu découvriras, cher lecteur, si tu ouvres ce livre. Abdou, Yoan et leur amie Linda dite « La Boule » se lancent en effet à l’aventure pour le retrouver. Mais pour quelles raisons ? Aurait-il trahi son serment ?

Mon avis :

J’avais dit du premier tome :  Ce livre est-il drôle ? Non, pas vraiment. Ce livre est-il réussi ? Oui, complètement. Pour ce second tome, la réussite est toujours là, la drôlerie en plus.

La vie au foyer semble plus paisible pour les personnages principaux. Si les difficultés sont toujours là, elles tiennent au fait qu’ils sont des enfants placés, dont l’administration essaie tant bien que mal de leur permettre de renouer les liens avec leur famille. Jamais facile, et Linda peut en témoigner, elle qui ne s’entend pas avec son dernier beau-père en date. C’est pour régler ce  « problème » qu’elle souhaite retrouver l’ogre, avec la complicité de ses deux amis. Ils ne vont tout de même pas la laisser seule, non ? Puis, les fugues, dans un foyer, semblent être tristement monnaie courante.

Les aventures vont alors se succéder à un rythme effréné -même si les moyens de locomotion utilisés ne sont pas forcément très rapides. Le lecteur va de surprise en surprise. Certaines sont drôles, d’autres émouvantes, et montrent bien la difficulté d’être un enfant que ses parents n’ont jamais accepté. Les enfants, d’ailleurs, ne sont pas les seuls à être ainsi délaissés, ignorés. Prenez Janine, par exemple, qui a traversé l’Inde en stop à vingt ans : ses enfants connaissent tellement bien ses goûts qu’ils lui ont offert un napperon à Noël. Gentils, non ? Après cela, il ne faut pas s’étonner si elle est tombée sous le charme d’un ogre et partie à l’aventure avec lui. On peut être à croquer à tout âge.

N’allez pas croire, cependant, que nous ne soyons pas en face d’un livre de littérature jeunesse ! Nous avons une authentique morale à la fin. Certes, elle est dite par une sorcière, mais elle a une très grande valeur, pour les petits et pour les grands :

– Fais exactement ce que tu as envie de faire dans la vie, petit humain. Tu finiras moins bête que la moyenne.

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Little Piaf, tome 2 de Daniel Piccouly

Présentation de l’éditeur :

Vous voulez vous enrichir ? D’accord ! Mais attention, une incroyable arnaque menace de vous plumer ! Vous ne voulez pas devenir pigeon ? Alors suivez Little Piaf, Bouquinette, et leurs amis mousquetaires ! Avec l’aide de l’étrange Krak Karante, venez déjouer le complot de l’infâme cardinale contre Blanche de Nevers et sa fortune… Une histoire pleine d’action, d’argent, de trahison, de duels, de passages secrets et autres mécaniques implacables et mystérieuses.

Mon avis :

Le premier tome des aventures de Little Piaf était inspiré par Alexandre Dumas, le second, tout en gardant les « mousquetaires » et l’infâme cardinale, sans oublier Mie Lady (difficile de se passer d’eux) lorgne plutôt du côté de Paul Féval et de son célèbre Bossu.

La vie est toujours aussi difficile quand on est un moineau de Paris – ou pire, un pigeon. Ajoutez à cela que Little Piaf n’est pas vraiment un fan de lecture, ce qui est un comble quand on est épris, comme lui, de la belle et douce Bouquinette. Aussi, quand il découvre deux terribles complots, c’était déjà beaucoup, mais quand il s’aperçoit que sa chère et tendre est la victime de l’un d’entre eux, il ne lui en faut pas plus pour se jeter dans la bagarre, quitte à y laisser quelques plumes – et à en faire perdre beaucoup à d’autres.

Little Piaf, tome 2, est un très bel ouvrage, comme le premier. Les pages explicatives sont claires et bien détaillées, le rêve pour tout jeune lecteur qui veut en savoir plus sur cette période historique. L’intrigue est bien menée, ébouriffante, devrais-je dire, et les jeux de mots, nombreux, sont autant de rappel des autres arnaques qui ont eu lieu au cours du temps.

Little Piaf, tome 2, une belle idée de cadeau, pour les fêtes ou pour un autre moment.

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Celles de la rivière de Valérie Geary

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Présentation de l’éditeur :

La femme qu’emporte la rivière Crooked flotte entre deux eaux. Sur la rive, deux fillettes qui jouent dans l’après-midi ensoleillé. Elles sont les premières à découvrir le corps et, soudain, leurs jeux cessent. Leur enfance bascule dans la dureté du monde des adultes. La veille, leur père les a laissées seules suffisamment longtemps pour qu’elles puissent le croire coupable de meurtre. Pour ne pas le perdre, comme elles ont perdu leur mère quelques semaines auparavant, elles décident de mentir sur son emploi du temps… et resserrent bien malgré elles les mailles du soupçon autour de lui, le livrant en pâture à une petite ville dont les préjugés et les rancunes lui laissent peu de chances…

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Mon avis :

Je n’aime pas poser ce constat d’entrée de jeu : je ne suis pas parvenue à rentrer dans ce livre. Dès les premières pages, je suis restée extérieure à ce qui m’était raconté et j’ai même fait une pause dans ma lecture. A cause du contraste entre la beauté de la nature et ce cadavre trouvée par les deux soeurs dans la rivière ? Plutôt à cause de leur inertie : elles voient un corps, elles l’observent et font le choix, déjà, de ne rien dire. Parce que.

Bien sûr, après lecture du roman, j’ai pu comprendre pourquoi elles n’avaient rien dit. Après tout, qui a pris réellement la peine de leur parler ? Comment communiquer quand on ne communique pas avec vous ? Le récit participe aussi de cet art du non-dit, puisque nous en saurons peu, au début, sur leur père, sur leur mère. Normal : nous ne voyons que le point de vue, alterné et complémentaire, des deux soeurs, Sam et Ollie – Samantha et Olivia quand les choses vont vraiment mal. Le lecteur ne peut en savoir plus qu’elles – et elles savent finalement, assez peu de choses, puisque l’on a toujours tenté de les protéger, jamais de leur parler, encore moins de les écouter. C’est sans doute pour cela qu’elles sont condamnées à user en permanence de ces longs monologues intérieurs qui constituent le roman.

Nous sommes dans un joli coin de verdure des Etats-Unis, un endroit presque hors du temps, où l’on va à l’église le dimanche, où deux soeurs semblent presque livrées à elles-mêmes dans des paysages minutieusement décrits. Celles de la rivière pourraient presque être un roman champêtre, n’était le meurtre. Il pourrait être un drame familial, une romance aussi – l’histoire d’amour jamais véritablement achevé entre Ours et la mère des deux soeurs, l’idylle naissante entre Sam et Travis. Roman policier ? Oui et non. L’enquête policière est très rapidement terminée, elle a d’ailleurs lieu dans les coulisses du roman. Sam, oui, enquête à son tour, après avoir tenté, dans la première partie du roman, de protéger son père – et si d’autres s’étaient donnés la peine d’aller au-delà des apparences, elle n’aurait pas eu besoin de le faire. Réquisitoire contre une Amérique conservatrice, contre la justice expéditive ? Pas vraiment non. Juste, à mes yeux, des étapes dans la construction de l’intrigue.

Reste la dimension fantastique. Je n’ai rien contre le fantastique. je trouve simplement que l’auteur aurait dû approfondir cette dimension, oser, en un mot. Brasser trop de genre littéraire nuit à leur épanouissement.

Merci à Babelio et aux éditions Mosaïc pour ce partenariat.

Risa Jones, tome 2 de Keri Arthur

Présentation de l’éditeur :

Risa est prête à tout pour venger le meurtre d’un être cher, même si cela signifie faire un pacte avec la vampire le plus maléfique qu’elle ait jamais rencontrée. Létale et puissante, Madeline Hunter est le leader du Conseil vampirique, et va utiliser ses ressources pour retrouver le meurtrier, mais à un prix. La vampire vénérable demande l’assistance des pouvoirs psychiques de Risa. Quid pro quo.

Mon avis :

J’avais bien aimé le tome 1 de cette série. Le tome 2 est tout aussi divertissant, dans le sens où il est un roman de bit-lit qui répond aux caractéristiques du genre.

On choisit ses amis, pas sa famille. Si Risa avait une mère fantastique, elle ne peut en dire autant de son père – elle n’a vraiment pas besoin d’avoir des ennuis en plus. Quant à la vampire avec laquelle elle est contrainte de s’allier, elle n’est pas le personnage le plus sympathique qui soit. Il est bon,parfois, de revenir à l’essence même des vampires.

Les péripéties sont très nombreuses, et s’inscrivent vraiment dans la continuité du premier tome. Risa prend toujours soin des siens, qui le lui rendent bien. « Siens » étant bien sûr à prendre au sens large du terme – ne vous ai-je pas déjà dit qu’elle avait quelques problèmes avec son géniteur ?

La série « Risa Jones » est hautement recommandable pour tous les fans de bit-lit.

Le mystère de Roccapendente de Marco Malvaldi

Mon résumé :

Pellegrino Artusi et ses deux chats pensaient passer un séjour des plus reposants, répondant à l’invitation du baron  de Roccapendente. Hélas, tout ne se passe pas vraiment comme prévu.

Mon avis :

Dire qu’hier encore, en arrivant dans ce manoir, je me figurais y trouver la paix et la tranquilité, il y a de quoi se traiter de couillon.

Cet extrait du journal de Pellegrino Artusi donne le ton ! Pellegrino est un homme absolument charmant, pourtant. Inspiré par un personnage historique, auteur du premier livre de recettes italiennes, Pellegrino ne se déplace pas sans ses deux chats, qui auront, je vous rassure LEUR scène dans ce roman. Il est venu à Roccapendente en toute honnêteté : ne cherchait-il pas simplement dix jours de repos et de nouvelles recettes de cuisine ? S’il aura les unes, pour l’autre, c’est raté ; à peine a-t-il eu le temps de dîner et de goûter une nuit réparatrice que le majordome – oui, le majordome, celui qui est d’habitude le coupable idéal, celui que l’on ne remarque pas (même si, dans son cas, il était particulièrement bavard) – est passé de vie à trépas, et pas de manière très naturelle. A moins qu’il n’ait eu la gentilesse de s’empoisonner tout seul, ce qui est fort peu probable.

Ah ! Qu’elle est jolie, la réunification italienne ! Elle a eu lieu vingt ans plus tôt, et si Pellegrino Artusi en est ravi, s’il a même milité en ses jeunes années pour elle, ce n’est pas, mais alors pas du tout le cas de ses hôtes, qui sont tranquillement restés à l’époque de l’ancienne régime, celle où ils avaient droit de justice sur leur terre, et surtout, le droit d’ignorer superbement, voire de mépriser ceux qui les entouraient. Lire, à ce sujet, cette joute verbale entre l’héritier en titre et le médecin :

– Mais arrêtez donc d’employer des grands mots, espèce de charlatan que vous êtes ! intervint Lapo avec sa courtoisie habituelle. Vous n’êtes qu’un fils de berger, c’est nous qui avons payé vos études pour que vous deveniez le minable petit docteur que vous êtes. Sans nous, à l’heure qu’il est, vous en seriez encore à enculer les chèvres. Vous devriez montrer du respect envers eux qui vous ont sorti de la fange.
Le baron regarda son fils comme s’il était soudain devenu phosphorescent.
Sans perdre son calme, le docteur répondit :
– Avec tout le respect que je vous dois, monsieur Lapo; ce sont mes études que vous avez payées, pas moi. Moi, en tant qu’être humain, je ne suis pas à vendre et mes prestations peuvent être rémunérées, non achetées.

Vous comprendrez aisément que l’enquête pose alors quelques soucis pour eux, même si, aux yeux du fils aîné (ce cher Lapo, toujours), le coupable est tout trouvé ! Il a des moustaches invraisemblables, il cuisine, ce qui n’est pas vraiment une tache masculine, n’est-ce pas ? Il n’est pas marié, il ne l’a même jamais été, et il a des lectures indignes d’une personne de qualité (des romans policiers ! Un certain Holmes, aidé de Watson, enquêtent, bref, vraiment des livres véritablement illisibles). Heureusement, l’Italie a été réunifiée – le médecin et le délégué à la sécurité publique ont très envie de faire toute la lumière sur ce qui est arrivé, malgré les rebuffades nombreuses qu’ils subissent- ou plutôt à cause d’elles.

J’ajouterai un dernier point, qui rend vraiment cette lecture plaisante : la présence d’un narrateur contemporain, qui glisse des parallèles entre le récit policier historique et ce qui se serait passé si l’action s’était déroulée de nos jours, sans oublier quelques clins d’oeil à la littérature sentimentale du XIXe (on n’a pas encore inventé les benzodiazépines) et des répliques irrévérencieuses (Dignité à roulettes).

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Mort d’une prima donna slovène de Brian Svit

Mon résumé :

Lea Kraji est pressenti pour devenir la slovène de l’année. Un jeune journaliste français homosexuel répond à une interview au sujet de la talentueuse prima donna décédée.

Mon avis :

Deuxième lecture d’un roman de cette auteur, et deuxième échec. J’ai lu ce roman de bout en bout et je suis restée totalement extérieur à ce roman. Sans doute était-ce le but de l’auteur, puisqu’elle a choisi un narrateur  extérieur à la vie de la prima donna qui donne son nom au titre du roman. Ce narrateur se montre extrêmement passif. Il le dit lui-même : il aurait dû agir, n’a pas agi et se sent responsable de la mort de la diva, à laquelle, en bon personnage extérieur à l’action principale, il n’a pas assisté.

Bien sûr… mais pourquoi bien sûr ? Parce que j’ai déjà eu l’impression de lire cette histoire ? Oui, oui, je n’ai rien vu de nouveau sous le soleil littéraire dans cette histoire de mère destructrice, qui rabaisse sa fille au rang de gamine indisciplinée, fille qui se plie aux exigences de sa mère, à ses désirs au point d’y laisser la vie.

Sauf que c’est ce que l’on peut en déduire du récit. La prima donna a d’un côté fuit sa mère, accomplit son rêve qui n’était pas celui de sa mère, et vit très mal les rebuffades de sa mère. Oui, les deux facettes de cette personnalité peuvent être compatibles mais il aurait fallu que ce récit soit approfondi. Le lecteur en sait assez peu, finalement, sur les quinze années qui ont précédé le triomphe sur scène de Lea, qui savait si bien mourir sur scène. Il y a l’analyse du narrateur sur leurs relations, analyse assez artificielle puisqu’il n’a cotoyé madame Ingrid que peu de fois. Lui-même avait trop à faire avec ses relations amoureuses qui occupe quasiment les deux tiers du récit. J’ai même failli refermer le livre après une tirade dans laquelle il annonçait son dégoût pour Le petit Prince ! Oui, tous les goûts sont dans la nature. C’est bien pour cette raison que je n’ai pas aimé ce livre.

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Le commissaire Brordelli de Marco Vichi

Présentation de l’éditeur :

Florence, été 1963. Le commissaire Bordelli est appelé dans une somptueuse villa dont la propriétaire ne donne plus de nouvelles. Il trouve la vieille femme inanimée sur son lit, ayant succombé apparemment à une violente crise d’asthme. Mais, devant cette scène trop parfaite, le doute s’installe rapidement, et les analyses médicales vont venir confirmer qu’il s’agit d’un meurtre.

Mon avis :

Le commissaire Bordelli est hautement recommandé par Andrea Camilleri. Je le comprends : je suis sûre que si Salvo Montalbano et lui vivaient à la même époque, ils s’entendraient parfaitement bien. Ils partagent le même humanisme, la même volonté de rendre justice aux plus faibles.

Bordelli vit à Florence, en 1963. Il est célibataire, tout comme son cousin – ni l’un ni l’autre n’ont trouvé chaussure à leur pied, et ont préféré restés seuls plutôt que mal accompagnés. Cela n’empêche ni les regrets, ni, qui sait ? la possibilité de rencontrer l’amour.  Cela n’empêche pas les souvenirs aussi. Bordelli a combattu pendant la guerre, contre les Nazis, et quand un nouveau policier prend place dans son commissariat, quand il se présente, il ne peut que reconnaître en lui le fils d’un de ses compagnons d’arme – et gagner, il n’en doute pas et la suite le confirmera, un excellent enquêteur.

La victime était riche – la victime était aimée de sa gouvernante et de son fantasque inventeur de frère. Autant dire qu’elle est immédiatement sympathique aux yeux du commissaire, qui fera tout pour trouver le ou les auteurs du meurtre habile et cruel qui a été commis. Un meurtre qui semble pourtant policé, sans effusion de sang, mais avec une arme du crime plus qu’inattendue. Dans cette Italie qui prend goût à la société de consommation (déjà), le commissaire trouve des alliés inattendus parmi ceux qui se soucient plus de leurs biens que de la vie humaine. Ce n’est pas le cas de Bordelli, qui prend le temps de parler, de regarder, d’aller au-delà des apparences, et dese lier avec des personnes hautes en couleur.

Un livre réussi, es personnages attachants. J’espère que la traduction des autres titres de la série, dont Marco Vichi a écrit huit titres, suivra : ce premier tome a été publié en Italie en 2002.

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