Mort ou vif de Patricia Wentworth

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Présentation de l’éditeur :

Lorsque la police annonce à Meg O’Hara la mort de son mari, celle-ci ne peut s’empêcher de ressentir un immense soulagement. Tyrannique et manipulateur, Robin O’Hara aurait été assassiné alors qu’il enquêtait sur la bande du Vautour pour le compte des services secrets anglais. Libre mais dans une situation financière précaire, Meg se fait à sa nouvelle vie. Mais lorsqu’elle reçoit des lettres signées par le mort, la peur reprend vite le pas sur ses certitudes. Bill Coverdale, un ami de longue date, secrètement amoureux d’elle, est le seul à la croire quand elle affirme que son mari est encore en vie.

Mon avis :

Est-il possible de créer une héroïne plus gourde que Meg ? Oui, bien sûr. Cependant, alors qu’il est fréquent de rappeler que Patricia Wentworth a crée Miss Silver avant qu’Agatha Christie n’invente Miss Marple, il devrait également être rappelée qu’Agatha a inventé une catégorie d’héroïnes indépendantes, conquérantes même, aptes à s’en sortir toutes seules, voire même à donner un coup de main à l’enquête.

Rien de tel pour Meg O’Hara, pauvre petit oiseau sur la branche. Elle n’a pas fait d’études, son oncle et tueur ne lui en a pas fait faire – elle n’aurait pas aimé, de toute façon, et se montre ravie qu’il ne l’ait pas forcé. Elle a trouvé un travail, qu’elle n’a pu conserver. Elle ne mange pas à sa faim et du coup maigrit, maigrit. Son salut ? Il ne peut venir que d’un homme, Robin, qui l’aime en secret depuis des années, l’a même demandé en mariage quelques années plus tôt. Comme elle est très brillante, elle a refusé, voulant épouser un homme dont elle ne sut rien, pour pouvoir le découvrir lors du mariage – concept intéressant dont elle paie les pots cassés depuis deux ans.

Robin, son mari, est décrit de la façon la plus noire. Il faut dire qu’il ne l’a épousée que pour son argent, et qu’il a changé du tout au tout quand il a compris qu’elle n’obtiendrait pas de pension de la part de son oncle. Note : j’ai du mal à concevoir qu’un ménage pense, au lieu de faire sa vie, à être immédiatement entretenu. Du coup, il s’est montré particulièrement pervers avec elle – de nos jours, on parlerait de harcèlement moral – et ce harcèlement semble se poursuivre post-mortem.

Je dis bien « semble » parce que le chef de Robin au service secret a la certitude qu’il est mort – malheureusement pour le service. Et ce n’est pas parce que ce Garrett a des goûts plus que douteux en matière vestimentaire et qu’il est d’une misogynie totale que je ne lui accorde pas ma confiance. Meg est persuadée du contraire, et Bill, son amoureux transi qui a tout de même les pieds sur terre, émet des doutes, surtout vu les incidents dont il est témoin. Que faire ? Rendre visite à l’oncle de Meg !

L’oncle célibataire, monomaniaque, qui a élevé une pauvre orpheline est un personnage fréquent dans l’oeuvre de Patricia Wenthworth, de même que le fait de se retrouver sur une île déserte, coupée du monde – non, nous ne sommes dans Les dix petits nègres. Le narrateur pourra me répéter une fois, deux fois, dix fois, qu’il est un homme remarquable qui se consacre tout entier à son oeuvre et du coup, est totalement déconnecté de ce qui se passe à côté de lui, je ne peux m’empêcher de le voir comme un fieffé égoïste, avare de surcroît.

Et l’intrigue ? Oui, il y en a une, nous sommes dans un roman d’espionnage, après tout, mais elle me semble repousser à l’arrière plan, après la romance entre Meg et Bill, après les quelques recherches pour découvrir ce qu’est devenu Robin. Puis, l’espion est un être tellement insaisissable et brillant…

Mort ou vif n’est pas le roman le plus réussi de Patricia Wentworth, il est à réserver à ceux qui aiment les romances plus que les intrigues policières.

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2 réflexions sur “Mort ou vif de Patricia Wentworth

  1. Je n’ai jamais pu accrocher à Miss Silver, ce n’est pas faute d’avoir essayé… Ces bluettes prétendûment policières sont quand même un peu datées si j’en juge par tes réactions !!! 😆

  2. Je ne l’ai pas encore lu, j’en ai un stock pour les longues soirée d’hiver dans ma liseuse. Il est vrai que les romans datent un peu et que l’on est souvent plongé dans une Angleterre ultra conservatrice… Je trouve quand même que tu a écrit un billet long et détaille sur un roman de peu d’intérêr. Alors s’il t’avais vraiment piu tu nous aurais mis l’eau à la bouche…
    bonne journée
    Avec le sourire

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