Les plumes – 21 novembre 2015

Voici ma participation aux plumes d’Asphodèle. Les mots étaient : belle, gardien, lapin, destin, envolée, fermer, souffle, partage, quitter, s’abstraire, voyage, cavale, réchapper, chose, respirer, poète, nid, rêve, vie, doux, fugue, oiseau, imaginer, balles, poudre,  bercé.

  • Cela m’a échappé.

  • Oui, nous nous en sommes aperçus !

Tempête dans quatre cerveaux, ou plutôt tempête pour une série dans quatre cerveaux. Le projet précédent étant tombé à l’eau, au sens strict du terme (les enquêtes dans une école de pilotage se déroulaient désormais dans une école de plongée, ou comment passer des oiseaux aux poissons), les quatre mousquetaires du scénario se retrouvaient sur un nouveau projet. « Nid de rêves», voilà un titre peu propice aux envolée lyriques! Deux châtelains fauchés comme les blés, plutôt que de quitter leur logement, ouvraient des chambres d’hôtes avec l’aide de leur gardien. Chaque couple qui venait ici voyait sa vie transformée, son destin bouleversé. Bien sûr, des éléments extérieurs pouvaient intervenir, un ado en fugue viendrait troubler un voyage de noces ou ….

  • Ou bien, si le budget nous le permet, j’imagine bien une toute autre chose : une malédiction en partage. Imaginons ! Nous sommes sous Louis XIV, un poète se meurt d’amour pour une belle. Il la regarde, montée sur sa cavale fringante, elle dont le teint n’a pas besoin de poudre….

  • Celui de la belle ou celui du canasson ?

  • LA BELLE ! grogna notre scénariste. Il ne respire que pour elle, qui est enfermée dans sa chambre . Hélas, il meurt, elle meurt.

  • Forcément, sous Louis XIV, ils ne peuvent plus être vivants.

  • Ils sont tombés sous les balles…Non, ils ont été empoisonnés ! Je ne sais pas par qui, je vous laisse imaginer, je ne ferme aucune porte…

  • Je croyais qu’elle était enfermée.

  • Ils rendent leur dernier souffle, bercé par le doux espoir de la vengeance.

  • C’est vraiment stupide ce que tu dis.

Un grand silence suivit.

  • Cela m’a échappé.

  • Oui, nous nous en sommes aperçus !

  • Mais je ne regrette pas ce que j’ai dit. Il ne s’agit même pas de « budget », tu fais raconter l’histoire au beau milieu du salon par la châtelaine et tu peux t’abstraire un moment de ce problème de fric. Elle est débile, ton histoire d’amour contrariée, de vengeance à travers les siècles, d’ailleurs, toute cette histoire est idiote, elle ne vaut pas un clou planté dans un pneu rechapé.

Le quatrième scénariste, qui n’avait soufflé mot, murmura que venant de la part de quelqu’un qui écrivait des romances de la main gauche.

– Et j’assume totalement ! Je ne manque ni de budget pour mes décors, ni d’acteurs talentueux puisque les lecteurs peuvent imaginer qui ils veulent. Et je préfère écrire des romances à l’eau de rose plutôt qu’une série destinée à concurrencer une autre qui se déroule dans un camping. A bientôt, je dois terminer Muffin pour cœurs solitaires.

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21 réflexions sur “Les plumes – 21 novembre 2015

  1. Pas facile de dégotter un scénario qui tienne la route ! Surtout lorsqu’on est 4 à plancher dessus ! Je lisais et en oubliais le sujet du jour ! 😉 Il y en aura bien un qui trouvera L’IDÉE ! Lorsqu’ils auront fini de se bouffer le nez ! 😀

  2. Hi hi ! Le titre final est savoureux…comme un muffin ! Cela dit les histoires d’amour et de vengeance sont adaptables à tous les siècles !!! Mais ainsi présenté c’est très drôle !
    P.S. : j’avais mis le lien de Nunzi pour ce texte, je l’ai corrigé vers 10h, je m’excuse platement ! Voilà ce que c’est de me faire ouvrir un 3ème billet le lundi soir !!! 😆

  3. Pingback: LES PLUMES 46 – Les textes s’échappent ! | Les lectures d'Asphodèle, les humeurs et l'écriture

  4. 😄😄😄La fin m’a bien fait rire!
    J’aime bien l’idée de vengeance à travers les siècles, personnellement…mais c’est vrai que les aventures de vacanciers en camping ont l’air d’avoir plus de succès 😉
    Bises

  5. J’aimerais bien assister à un « brain storming » pour de vrai.
    je trouve les scénaristes de certaines séries récentes particulièrement brillants (je pense à Sherlock, un peu délice scénaristique)
    M’est avis que ça doit « saigner » à des moments ! Jouissif !
    Bisous célestes
    ¸¸.•*¨*• ☆

  6. Ça ressemble à ma boite de fils à broder parfois, où tout semble emmêlé…
    moi j’ai un faible pour le muffin à l’abricot en son cœur et en solitaire, bien sûr (pour en avoir plus)

  7. Génial ce texte!!! Je me suis éclatée en le lisant, et j’ai tout de suite imaginé l’ambiance de travail (pour être passée par là dans une vie antérieure!). Merci beaucoup!

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