Archive | 5 novembre 2015

L’homme qui souriait d’Henning Mankell

Hommage à Henning Mankell, un mois après sa mort, organisé par Cryssilda Collins.

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J’ai choisi ce quatrième tome, parce que j’ai lu les trois précédentes enquêtes de Kurt Wallander.

Mon résumé : Au début de ce tome, un an s’est écoulé depuis sa précédente enquête. Il n’est plus que l’ombre de lui-même après avoir tué un homme. Certes, il était en état de légitime défense, cependant il ne se remet pas. Il a même rédigé sa lettre de démission, quand un ami avocat vient lui rendre visite et lui demande d’enquêter sur la mort de son père, qu’il pense ne pas être un accident. Wallander refuse. En rentrant à Ystad, il découvre que son ami a été assassiné. Il déchire alors sa démission, et reprend l’enquête. L’homme qui souriait, ou le retour de Wallander.

Mon avis :

Un roman policier comme on en lit peut, puisqu’il est celui d’une renaissance, celle du commissaire Wallander. Ayons une pensée émue pour toutes ses séries françaises où les policiers tirent sur tous les suspects qui bougent (ou presque) et n’ont pas vraiment de problèmes avec leur(s) acte(s). Lui ne se remet pas d’avoir tué et il faut vraiment :
– qu’on vienne le chercher.
– qu’il soit replonger bien malgré lui dans un bain de violence
pour qu’il redevienne celui qu’il était. Cela ne signifie pas qu’il oublie.
Enquêter n’est pas une partie de plaisir, qui reposerait sur des intuitions. Des faits, rien que des faits, des preuves, des déductions, des recherches intenses et pas toujours faciles. La violence est là, aussi, omniprésente parce qu’insidieuse. Enquêter sereinement ? Impossible, quand chaque acte expose un peu plus un enquêteur ou un témoin. Comme dans Printemps de Mons Kallentoft, le lecteur peut retrouver les louanges de l’industrie suédoise, si ce n’est que Kurt Wallander et à travers lui son auteur porte un regard critique sur ce qu’on lui a appris à louer sans nuance. La réussite, oui, mais laquelle et à quel prix sont des questions que ce livre nous pose – questions qui, je le crains, restent intemporelles.
Et Kurt Wallander avait-il encore des illusions sur ce dont l’homme est capable ? Je ne pense pas.