Archive | 29 octobre 2015

Yokazura, la fille du cerisier de Muriel Diallo

51vdaLkx3uL._SL160_Présentation de l’éditeur :

Parfois, un arbre ou un poisson peut comprendre ce qu’un être humain ne comprend pas

Mon avis :

L’auteur est originaire de Côte d’Ivoire, et pourtant c’est au cœur du Japon que nous conduit cette histoire. Un cerisier a la réputation d’être maudit. N’a-t-il pas mangé un maître du thé et sa famille ? Un jeune couple brave pourtant la soi-disant malédiction, et s’installe à son ombre. Il trouve même un enfant, qu’ils élèvent comme la leur. Elle grandit, et les enfants ne sont pas tendres avec elle – leurs parents non plus.
Ce conte brasse des thèmes forts, pas seulement celui des origines, mais aussi la jalouse, l’envie, la bêtise qui peuvent gâcher une voire plusieurs existences. Il faut beaucoup de tact pour briser le cycle ainsi engendré.
Concernant, les illustrations, elles peuvent surprendre, puisqu’elles mélangent peinture et collage – mais pourquoi un album pour enfant ne serait-il pas créatif ?

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La poésie du jeudi – 29 octobre

Les fleurs rouges des pêchers couvrent le sommet des montagnes
Les eaux printanières du fleuve Shu battent la colline
Le rouge des fleurs fanent facilement comme les sentiments de votre amant
Les eaux coulent sans fin comme mon chagrin

Liu Yü Hsi (772-842).
Ce poète satirique qui s’inspirait des chants populaires (son ami le poète Po Chü I (772-846) le surnommait « le héros des chants ») fut exilé plusieurs fois.

Journal d’un louveteau garou – XXII

Cher journal,

je t’écris du pensionnat qui a été transformé en camp de vacances. Et oui, et oui : je n’ai pas cherché longtemps ce qui nous a valu, à Valère et moi-même, le bonheur d’être envoyé, ou plutôt renvoyé au pensionnat. D’après maman, nous avons trop souvent exprimé notre loup-garou intérieur. C’est à dire que nous nous étions trop souvent métamorphosé, avions trop souvent mis tout sans dessus dessous, ce qui aurait contraint papa à engager une équipe de nettoyage et une société de jardinage.

Bon, papa a été pleinement rassuré quand il a su que notre principal encadrait les sorties culturelles et les activités sportives quotidiennes, accompagné par deux professeurs d’EPS (monsieur Trukenski et monsieur Catarel), une professeur de français (madame Cobert, madame Trukenski hors du pensionnat) et par notre prof de musique préféré. Eux quatre ont toujours des projets délirants. Je dis bien : quatre. Je ne connaissais pas monsieur Catarel, et je dois dire que sa résistance lupine est assez faible. Je ne lui donne pas deux mois avant de s’arrêter pour surmenage. Il devrait pourtant savoir que là où se trouvent les louveteaux, il n’y a pas de repos !

Je reconnais qu’on n’aurait pas dû se glisser dans la tente qu’il partageait avec notre principal moi et deux autres louveteaux. Mais nous avions froid ! Il a hurlé, pas monsieur de Nanterry. Je reconnais que nous n’aurions pas dû cesser la course d’orientation et faire une petite sieste réparatrice au pied d’un arbre. Tombant sur nous au sens prendre du terme, il a hurlé – et nous avec. Je reconnais encore qu’avoir refusé de ramer au cours de l’activité canoé kayak n’était pas hyper-sympa – ne sait-il pas que les louveteaux ont le plus grand mal à nager, notre musculature ne nous le permet pas ? Par contre, courir à terre en portant les canoés, ça, on peut le faire, et ça, c’était hyper marrant !

Tous les soirs, nous chantons deux chansons différentes, jusqu’à obtenir la perfection ! Monsieur Catarel hurle littéralement quand il nous entend, il est presque devenu un authentique loup sur ce point. Difficile pourtant de savoir si ce sont des hurlements de contentement ou d’exaspération. Je les étudierai plus attentivement ce soir.

Valère me fiche une paix royale : il écrit à Gentianounette. Si elle supporte son surnom, elle est mûre pour sortir avec mon frère.

J’oubliai : un mystérieux jeune homme a rejoint le principal, qui, ma foi, est relativement jeune lui aussi ! Demain, nous tenterons de  résoudre ce mystère.

Je te laisse sur ces mots.

Anatole Sganou, 4e Bleu.