Quand on est jeune de Phan Thi Vang Anh

phantvaédition Philippe Picquier – 158 pages.

Présentation de l’éditeur :

Dans les histoires de Phan Thi Vang Anh, les émois de l »amour naissant ont la candeur et la fraîcheur des jeux d »enfants. Mais le ton n »est pas toujours aussi serein. Ses personnages, proches de l »adolescence, débusquent sans complaisance les tricheries, les mensonges et lâchetés des adultes. Tendus vers la connaissance des autres et de soi, il y a chez eux quelque chose de l »Antigone de Sophocle, un côté irréductible qui leur font préférer parfois la mort au compromis qu »impose la vie.

Mon avis :

Quand on est jeune est un recueil de quatorze nouvelles, qui dressent un portrait de la jeunesse vietnamienne actuelle. « Jeunesse » n’est pas un terme assez précis, il s’agit plutôt de jeunes filles, de jeunes femmes. Elles n’ont pas connu la guerre, ni les combats pour l’indépendance. Elles appartiennent à une génération coincée entre modernité et tradition.

« La mission sacro-sainte de la femme : attendre » pense Thao, l’héroïne de Kermesse, qui fait écho chez moi au « Attendre est une maladie. Une maladie mentale. Souvent féminine. » de Marie Darrieusseq dans Il faut beaucoup aimer les hommes. Autant dire que l’on est très loin des combats féministes occidentaux. Et pour une Mlle Thuong, qui vit comme elle l’entend, combien de An, qui pleure leur amour perdu (Dix jours) ou de Xuyên dont l’amoureux ne se décide pas entre elle et sa maîtresse officielle ? Parfois, j’aurai envie de dire à ses héroïnes que leur vie serait plus simple si elles osaient dire et faire vraiment ce qu’elles pensent, plutôt que de se fier aux conventions. Ainsi, l’héroïne d’Enfantillage ne voit pas le garçon qui est amoureux d’elle – parce qu’il ne correspond pas au conjoint idéal que la société lui prescrit.

Ces nouvelles sont courtes (dix à quinze pages) mais, contrairement aux nouvelles japonaises, elles nous racontent vraiment une histoire complète, des moments de vie, utilisant des procédés littéraires variés (retour en arrière, ellipse, changement de point de vue). Nous sommes projetés au milieu de la vie quotidienne vietnamienne, que les héroïnes soient étudiantes ou gagnent déjà leur vie. Moment d’intimité aussi, comme les fêtes de famille, ou la participation à un spectacle que seule la génération des parents comprend. J’ai ressenti des liens très fort entre les membres d’une même famille, beaucoup de tendresse et d’attention. Aussi, le choc est d’autant plus violent quand, dans la toute dernière nouvelle du recueil, l’héroïne découvre la liaison de son père avec une autre femme. Pas de cri, pas de larmes, non, un duel et un drame silencieux entre le père et la fille.

Quand on est jeune est un très beau recueil de nouvelles, que je recommande à tous les amateurs du genre et à tous ceux qui veulent en savoir plus sur la littérature asiatique.

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2 réflexions sur “Quand on est jeune de Phan Thi Vang Anh

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