Le héron de Guernica d’Antoine Choplin

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Présentation de l’éditeur :

A Guernica, en avril 1937, le jeune Basilio peint des hérons cendrés dans les marais, alors que la population fuit dans la crainte de l’arrivée des nationalistes. A Paris, il découvre le Guernica de Picasso qui décrit la tragédie de la ville en feu alors que le peintre célèbre n’en a pas été le témoin.

Merci au forum Partage-Lecture et aux éditions Points pour ce partenariat.

Mon avis :

Comment représenter Guernica ? Comment raconter ce qui s’est passé là-bas ? Bien sûr, il y a le tableau de Pablo Picasso, que tout le monde connaît, que la quasi-totalité des collégiens de France aura étudié dans le cadre de l’histoire des arts, en 3e. Il est d’ailleurs le point de départ de ce roman, puisque Basilio se rend à Paris pour voir la toile et rencontrer Picasso, qui a peint Guernica sans avoir été là le jour du bombardement. Il y a aussi, désormais, ce roman.

J’hésite, d’ailleurs, avec ce terme : roman. Le héron de Guernica, avec ses paragraphes en forme de strophe, son rythme particulier, qui épouse le langage de Basilio, ses images, l’importance accordée aux sonorités, la précision des descriptions, me fait davantage penser à un poème en prose.

Le point de vue adopté est celui de Basilio, un jeune homme qui aurait voulu être soldat, mais que l’armée a refusé. Alors il travaille auprès de Julian, il se rend au marché pour vendre cochon et haricots, il va au bal, il peint un héron dans les marais, il essaie de le rendre vivant, de le représenter de la manière la plus juste possible et n’y parvient pas. Autour de lui, la vie poursuit son cours, malgré la guerre, malgré les soldats qui vont et viennent, malgré les nouvelles qui ne sont pas bonnes. Et survient le bombardement.

Témoigner, comment ? C’est la question que se pose le père Eusébio, double terre à terre de Basilio, qui prend des photos, inlassablement, pour montrer : il sait déjà que le témoignage oral des survivants ne suffira pas. Et quand l’auteur nous décrit la ville, les flammes, les destructions, et Basilio qui erre dans la ville, à la recherche des siens (son oncle Augusto, Julian, mais aussi Celestina, ou Rapha, dont la famille voulait partir), je suis toujours étonnée que l’on puisse survivre à tant de dévastations. La narration ne cherche pas une surenchère dans l’horreur, les détails les plus frappants, les plus significations sont montrés, racontés, ils n’en sont que plus frappants. De même, la toile de Picasso ne sera pas décrite : le héron de Guernica est une oeuvre à part entière, pas l’explication d’une autre oeuvre.

Le héron de Guernica est un roman à lire, tout simplement.

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12 réflexions sur “Le héron de Guernica d’Antoine Choplin

  1. C’est le seul titre de l’auteur qu’il me reste à lire… J’aime tant Choplin que je me le garde encore un peu, je m’y plongerais avec bonheur quand le moment sera venu 😉

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