Banlieues de Sandrine Desse

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Présentation de l’éditeur :

Les banlieues, les cités, la zone comme diraient les jeunes, certains ont voulu les «karchériser»… C’est un lieu de fantasmes les plus fous, une jungle urbaine un peu effrayante surtout dans l’esprit de ceux qui n’y vivent pas et ne les connaissent qu’à travers les journaux télévisés qui ne parlent naturellement que des drames qui s’y déroulent, de la violence qui les gangrène, du chômage qui y explose.
Mine d’or médiatique pour les politiques et les médias, les banlieues ont fini par s’embraser, dans une véritable ambiance de guerre civile, d’après ce qu’on nous en avait raconté, et l’idée d’une intrigue s’y déroulant n’a pas tardé à germer, fertile et luxuriante.
Alors si vous aimez les ambiances noires et haletantes, vous allez adorer cette promenade en banlieue !

Mon avis :

Tout d’abord, je voudrai remercier Sandrine Desse qui m’a proposé de découvrir un de ses romans. Et selon une de mes (mauvaises) habitudes, j’ai été assez longue à le lire et à le chroniquer (presque trois mois).

Banlieues est un roman court (160 pages). Tout se passe presque comme dans une tragédie : nous avons une unité de lieu (la cité, dont il est impossible ou presque de s’échapper), l’unité de temps (quelques jours à peine) et l’unité d’action. En effet, tout tourne autour de cette question lancinante pour Samira, l’héroïne de ce récit : quelles sont les circonstances exactes de la mort de son fils Gauthier, tué par un policier, au cours d’une nuit d’émeute ? Elle ne peut croire la version officielle des autorités, et va dès lors, chercher à ce que justice soit rendue pour son fils.

Ce qui m’a frappé est que Samira est seule, inexorablement. Elle n’a personne envers qui se tourner  : plus de mari, pas de famille, pas d’amis, pas même de proches. Et, bizarrement, beaucoup de mains se tendent, alors que des portes se ferment. Je me suis demandée comment Samira en était arrivée à ce point de solitude. Pudeur, face aux difficultés qu’elle a dû affronter ? Orgueil ? Un peu des deux sans doute.

Les rebondissements s’enchaînent dans ce récit, parfois un peu trop, le lecteur n’échappe pas à certains clichés sur la banlieue. J’ai eu l’impression aussi que certains faits, certaines pistes n’étaient pas assez développées, ou au contraire trouvaient leur résolution trop facilement. Les dialogues sont très nombreux, et nous invitent à penser le langage non en terme de communication, mais de manipulation. Le rythme effréné dans lequel Samira se trouve prise, sa douleur ne lui donnent pas le temps de se poser, de se reposer. Peu de choses lui seront épargnés, et au lecteur avec elle, et le dénouement n’apporte pas d’apaisement – mais était-ce seulement possible ?

Banlieues est un roman qui nous interroge sur les tragédies et les manipulations ordinaires.

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2 réflexions sur “Banlieues de Sandrine Desse

  1. Je ne lis pas ce genre de livres car justement j’aurais l’impression d’être devant le JT. C’est un à priori certainement mais il y a tant de choix en littérature qu’il faut bien se fixer une ligne et surtout écouter ses envies.

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