Les groseilles de novembre de Andrus Kivirähk

Présentation de l’éditeur :

Les Groseilles de novembre démontre un peu plus les talents de conteur de l’écrivain. Nous voici cette fois-ci immergés dans la vie quotidienne d’un village au Moyen-Âge où tout pourrait sembler normal et où, très vite, plus rien ne l’est.

Mon avis :

Quand se passe l’action ? Difficile à dire. Pas dans le présent, certes, mais pas non plus dans un passé si lointain. Nous sommes en Estonie – logique, quand on lit un roman écrit par un estonien, mais pas tant que cela quand on pense que de nombreux auteurs situent leurs romans dans des pays autres que le leur. Nous sommes dans une Estonie résistante, face aux allemands qui ont « colonisé » le pays et l’ont converti au christianisme. Tous détestent « ceux du manoir » qui servent l’occupant, et personne n’a de scrupules à les piller. Non, ils n’y vont pas eux-mêmes. Ce n’est pas que c’est trop risqué, c’est… disons que les estoniens sont parfois un peu trop occupés, un peu trop paresseux, et qu’ils ont des kratts pour cela.

Les kratts sont des serviteurs fabriqués avec un joyeux bric à brac et animés de vie grâce à un pacte avec le vieux Démon, que chacun s’empresse de duper du mieux qu’il peut. Attention à ne pas se tromper dans la manière de confectionner son serviteur, attention à ne pas trop l’épuiser non plus : en toute chose, il faut savoir mesure garder. Ce n’est pas le cas de ses villageois. La vie est fragile, la vie est violente, il faut savoir profiter de chaque jour qui passe, ce sera peut-être le dernier. Une bagarre, un refroidissement, ou bien la visite de la peste peut écrire le mot « fin ».

Est-il des personnages sympathiques ? Non, pas tant que cela, sauf peut-être Hans, au destin tragique, qui écoute les poèmes que lui récite son kratt, et Liina, que son père souhaite marier au plus vite – n’a-t-elle pas eu la chance de parvenir jusqu’à l’âge adulte ? Passer un mois en leur compagnie permet de connaître leur vie toujours sur le qui-vive, toujours menacée, la vie de ces petites gens qui veulent garder leur tradition et leur sortilège. Ceci n’est pas un conte de fée, même si le merveilleux coexiste sans souci avec les villageois.

Les groseilles de novembre est un livre accessible pour ceux qui veulent découvrir la littérature balte.

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13 réflexions sur “Les groseilles de novembre de Andrus Kivirähk

  1. Pas dans un passé lointain ? Ca se passe pas vers 1300 et quelques ? Il faut dire que la plume de l’auteur rend les choses très vivantes, donc 😉 J’avais beaucoup aimé découvrir la littérature estonienne avec ce bouquin en tout cas, heureuse de lire une autre chronique dessus ! 🙂

    • Pas dans un passé si lointain : quand je lis des romans qui se passent dans les années 80 et dans lesquels tout le monde trouve normal qu’une femme meurt en mettant ses enfants au monde, que les enfants ne sont pas scolarisés , et tombent comme des mouches à la suite de maladie, je me sens bien plus éloignée d’eux que des personnages de Kivirahk. Certains codes utilisés m’ont davantage rappelé le XIXe siècle.
      L’invasion allemande en Lettonie date de 1300, effectivement, mais, encore une fois, certaines croyances m’ont rappelée le XIXe ou le XXe siècle.
      Pour ma part, j’ai été heureuse de lire un roman estonien qui parle de l’Estonie : beaucoup d’auteurs baltes parlent de tout autre chose que de leur pays.

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