Le vampire de la rue des Pistoles de Jean Contrucci

Présentation de l’éditeur :

Marseille, avril 1907. Par une nuit de tempête dans le quartier du Panier se noue un drame terrifiant. Pris pour un fantôme par un passant, un cadavre ficelé dans un drap, ouvert en deux et soigneusement recousu au point de surjet, est retrouvé contre le mur de la Vieille-Charité. Raoul Signoret, reporter au Petit Provençal, se lance dans une enquête que son oncle Eugène Baruteau, chef de la Sûreté, entend mener rondement, d’autant plus que Clemenceau, le « premier flic de France », exige des résultats.

Mon avis :

Non, mais, je vous demande un peu : on ne peut plus se rendre à son travail sans souci à Marseille. Prenez cet honnête apprenti, réveillé tous les matins par maman (non, parce que sinon, il resterait bien couché) : il a le malheur de tomber sur un fantôme. Que dis-je, un fantôme, un vampire ! Ou pire encore (selon le point de vue) : un cadavre. Que fait la police ?

Et bien la police a fort à faire, mais il semble que c’est surtout Raoul Signoret, neveu du chef de la Sûreté, qui enquête, aidé par un ami d’enfance. Roman policier, certes, Le vampire de la rue des Pistoles est aussi un roman historique, qui nous plonge dans le Marseille des années 1900, avec ses lenteurs administratives, ses quartiers réservés à certaines pratiques, ses poètes aussi, et ses rivalités avec d’autres villes : voir les articles de journaux qui tendent à discréditer la cité Phocéenne. Internet n’a pas inventé la diffusion des rumeurs, il l’a juste élargie !

Mais revenons à ce crime : ce n’est pas le premier, à Marseille, non, mais c’est sans doute le premier dans lequel le cadavre semble avoir déjà été autopsier et recousu, avec beaucoup de soin, comme si une gentille cousette avait prêté main forte à l’assassin (en plus des trois personnes qui ont transporté le corps). Et la victime n’est pas n’importe qui. Non, pas un notable, mais un guérisseur hautement réputé pour ses méthodes plus qu’originales (après tout, c’est un guérisseur, on ne lui demande pas de faire dans le conventionnel) et pour la frayeur qu’il inspirait à ses « patients ». Il est plus facile d’aller voir un guérisseur qui se fait payer en nourriture qu’un médecin qui attend des espèces sonnantes et trébuchantes. Il est plus facile aussi de lui parler de ses petits problèmes, notamment quand on ne forme pas vraiment avec son conjoint un couple légitime.

C’est dans le passé de Marseille, dans des croyances obscures et oubliées que nous plongent le romancier, et avec lui son personnage principal, qui, comme lors de ses précédentes enquêtes, paie largement de sa personne. Ce que je lui reprocherai, à ce cher Raoul, c’est non pas d’impliquer sa chère et tendre (elle l’a déjà fait à plusieurs reprises) mais de confier une mission à ses deux enfants. Certes, elle n’était pas risquée du tout, mais n’est-ce pas un peu tôt, même si son fils adoptif a déjà pu, à ses dépends, mesurer la noirceur du monde qui l’entoure ?

Quant au dénouement… il est surprenant, mais pas au sens où les lecteurs s’y attendent. Nous restons dans le registre policier.

ThrillerPolar-PatiVore2

Publicités

9 réflexions sur “Le vampire de la rue des Pistoles de Jean Contrucci

  1. Cool, comme histoire ! Raoul, le neveu du chef de la Sûreté, est un policier qui… s’ignorait… Warf, warf, warf !! (Signoret pour ceux qui ont pas capté le jeu de mot).

    Bon, j’aimerais noter, mais je ne le puis, par contre, je vais enregistrer le logo officiel du challenge ! :p

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s