Indiana de Georges Sand

IndianaGeorgeSand-187x300Mon résumé :

Indiana est mariée à un homme bien plus âgé qu’elle, qui ne la comprend pas. Mariage arrangé, bien sûr, comme tous les mariages de cette époque. Elle dépérit, en dépit de la présence de son cousin et de sa soeur de lait. Mais un jour, elle tombe amoureuse.

150113081711974778Défis Premier roman

Mon avis :

Mes études de lettres sont loin, et je ne suis pas une spécialiste de l’oeuvre de Georges Sand. C’est vraiment un avis de lectrice que je rédige ici, non d’enseignante – et faire lire Georges Sand est devenu très compliqué, même si certains de ses romans sont encore au programme.

Deux jeunes femme, Indiana et Noun, sa soeur de lait créole, trois hommes, son mari, son cousin Ralph, son séducteur Raymon. Indiana, très jeune, a grandi loin de la France, avec pour seule compagne une soeur de lait et un père très sévère, très distant. Elle a été mariée au mieux, avec un homme respectable, industrieux, un homme sans imagination qui ne comprend pas sa femme, pour la simple et bonne raison qu’il ne lui vient pas à l’idée qu’il y ait quelque chose à comprendre (et là, je ne parle même pas de quelqu’un). Indiana dépérit, non comme l’ancêtre de madame Bovary, elle ne rêve pas à l’amour, elle ne l’a jamais rencontré, ou imaginé – jusqu’à ce qu’il survienne en la présence d’un beau jeune homme.

Mais les différences sont là, et bien là, et Georges Sand, dès ce premier roman, analyse finement à quel point les conséquences sont différentes pour un homme ou pour une femme – enfin, si tant est qu’il y ait des conséquences pour un homme. Raymon de Ramière – tel est le nom du séducteur – fait de la séduction un jeu pervers, entièrement tourné vers sa satisfaction personnelle et son intérêt. Indiana a trop peu de connaissance des usages du monde pour comprendre que le langage que lui tient Raymon n’est que des mots, justement, une joute de l’esprit. A une époque où les combats guerriers, où les duels ne sont plus de mises, il ne reste qu’un adversaire à vaincre, à humilier : la femme.

La grande force de ce roman est sa subtilité. Georges Sand démontre beaucoup, sans forcer le trait. Ces séducteurs, qui n’ont que faire de leurs actes (Noun, enceinte, se suicide, Indiana peut tout perdre) ont eu des mères, qui les ont élevés de telle manière qu’ils sont devenus ce qu’ils sont, ou qui ont marqué de telles préférences, de telles préventions qu’elles n’ont su s’occuper d’égale manière de leurs rejetons. Dois-je rappeler que l’amour maternel n’est pas une obligation, surtout à une époque où la maternité était subie, non choisie. Il est aussi d’autres femmes, dans la société, pour conforter ses hommes, celles qui ont su jouer avec les apparences, asseoir leurs positions, et tant pis pour celles qui chutent par trop grande naïveté/honnêteté (les deux vont souvent de paires). Je pense ici à la tante d’Indiana, qui n’a pas grand chose à apprendre de Tartuffe.

Le bonheur est-il de ce monde ? Il n’existe pas en tout cas selon les règles en vigueur dans la société des années 1830.

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39 réflexions sur “Indiana de Georges Sand

      • Moi aussi, j’ai eu un chat qui s’appelait Indiana, parce qu’âgée de trois semaines, elle avait quitté son couffin, et était montée sur mon lit. Piper, sa mère, était comme folle et la cherchait partout. Indiana était de plus chaton unique et a passé les huit premiers jours de sa vie à taper ses frères et soeurs imaginaires.

      • Chez nous, c’était « patte folle » une chatte non apprivoisée (mais qu’on nourrissait) qui avait disparu et ses petits chatons étaient seuls, en train de crever de faim dans le petit abri où elle avait mis bas. Celui-là, un beau gris (genre couleur des chartreux) avait bravé sa peur et était sorti sous la truffe médusée de mon chien qui ne savait plus quoi faire devant ce zakouski ambulant.

        On avait tué les 4 autres et gardé deux, le plus téméraire (qui au final savait être couillon) et la plus calme, celle qui ne venait même pas chercher le lait que je leur donnait à l’aide d’une seringue (sans l’aiguille !!).

        Indy est mort, mais Pupuce est toujours là.

      • Indiana n’avait peur de rien – bon, elle a eu une méningite à trois mois, c’est fou ce que cela désinhibe !
        Les seringues (sans aiguilles aussi) sont bien pratiques pour faire avaler les antibiotiques.

      • Les deux nôtres avaient peur des gens qu’ils ne connaissaient pas et partaient se réfugier dans leur petit appentis ! Ils leur a fallu je ne sais combien de mois pour ne plus fuir devant mon homme… et parfois, encore maintenant, Pupuce s’enfuit devant moi jusqu’à ce que je lui crie « c’est moi, imbécile ». Oh, tilt !

      • Bon, avant, ce cheval n’avait rien contre les vétos, il a reçu des tas de piqûres car il a fait des tas de conneries et a dû recevoir des soins… mais une fois, il a eu affaire à un véto qui n’était pas en confiance avec les chevaux, il a mal fait la piqûouze et bardaf, après, il avait la trouille !

      • Mon père sait faire les piqûres à bien des animaux (chats, chiens, vaches,…) mais il n’a jamais osé faire les chevaux parce qu’après, quand il aurait dû aller en rechercher un en prairie, ils lui auraient tous montré leur cul !

      • Oui – mais elle s’en est malgré tout bien remise. Brésilienne, elle (quelle idée d’appeler un chat ainsi dixit mon vétérinaire), a fait un arrêt cardiaque à trois semaines. Ma mère l’a réanimé (massage cardiaque) mais Brésilienne en a encore des séquelles, forcément.

      • Je ne saurais même pas faire un massage cardiaque à un humain, alors, ne parlons même pas d’un petit chaton… avec moi, il serait mort. Purée, mais c’est le mauvais œil sur tout ces poupousses, dis donc… 😥

      • Oui !
        J’ai tenté, une fois, mais le chaton n’a survécu qu’une demi-heure. D’après mon vétérinaire, vu ma description, il n’aurait pas dû vivre du tout !
        Merci Nunzi est ravie.

  1. Merci pour cette nouvelle participation Défi Premier roman! Je viens de la relayer. J’avoue humblement ne pas avoir lu ce roman de George Sand… mais j’en ai lu d’autres!

    • Merci !
      J’en ai lu d’autres aussi, La mare au diable, la petite Fadette, Marianne, les dames vertes, le meunier d’Angibault. J’espère en lire un deuxième cet été, mais il ne comptera pas pour le défi.

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