Printemps de Mons Kallentoft

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Edition Le serpent à plumes – 512 pages.

Mon résumé :

Un attentat à la bombe a eu lieu dans la petite ville de Linköping : deux jumelles de six ans ont été déchiquetées, cinq personnes dont leur mère sont grièvement blessées. Pendant ce temps, Malin enterre sa mère, morte trois semaines plus tôt d’une crise cardiaque sur un terrain de golf à Teneriffe. Elle s’attelle immédiatement à l’enquête.

Mon avis :

Ce roman marque ma dernière lecture des oeuvres de ce romancier. A mi-roman, je savais déjà que je poursuivrai pas la série. Hiver et Eté avaient été des coups de coeur. Automne m’avait déçu, Printemps enfonce définitivement le clou.

Ce qui m’a fait basculé définitivement est une petite phrase : «  ». J’en déduis donc que tant que l’homme peut faire des profits, il a tous les droits. Ce roman nous parle de crises économiques, du mal faits aux personnes (je mets en gras volontairement), à aucun moment il ne précise qu’il est possible de vivre autrement, que la recherche du plus grand profit, d’un confort de vie extrême n’est pas nécessaire. On peut vivre sa retraite autrement qu’en faisant du golf à Tenerife. Et tous les vegans ne sont pas des terroristes, qui nécessitent d’être interrogés avec des méthodes de cow-boys, approuvées par tous. Je ne remets pas en cause l’horreur de ce qui s’est passé, je constate simplement qu’à traiter tous les « suspects », pour lesquels en plus on n’a ni semblant de preuves, ni indices de leur implication de la même manière, la police suédoise perd en crédibilité.

Chaque enquêteur est nettement caractérisé, mais le personnage principal est Malin Fors. Problème : je ne la supporte plus. Ce n’est pas tant qu’elle soit une femme enquêtrice (il en est d’excellente, voir l’adjointe d’Erlendur, ou Petra, l’héroïne d’Alicia Gimenez Bartlett), c’est qu’elle est … fort peu maîtresse de ses nerfs. Elle craint toujours de retomber dans l’alcoolisme, elle a eu des relations difficiles avec sa mère, et maintenant avec son père, elle peut se montrer très agressive avec ses ex qui, puisqu’ils sont séparés, ont tout de même le droit de faire ce qu’ils veulent ! Je remets tout de même un premier prix de vulgarité à Daniel, le journaliste, qui sait parler crument aux femmes, même quand elles lui ont craché dessus (au sens propre). Je ne vous parle même pas de la façon dont elle s’adresse à sa fille, au point que l’on peut se demander qui est ado en crise ! Heureusement, Tove a une sérénité que ne possède pas (ou plus ?) sa mère.

Je m’écarte de l’enquête, je le sais, il n’empêche qu’au bout de quatre jours, ils ont déjà une piste sérieuse, et ce n’est pas grâce à la collaboration entre les services de police. Mais ce n’est pas tant l’enquête qui est importante que la dimension fantastique du récit. Comme dans les précédents opus, les morts parlent, et si j’avais été sensible à cette utilisation dans les deux premiers tomes, si j’avais trouvé ce procédé tiré par les cheveux dans Automne, là, il est employé si fréquemment que j’en suis lassée, pour ne pas dire irritée, voire énervée. Non, je n’ai pas été touchée par les voix des jumelles devenues des anges qui entourent Malin, qui tentent de lui faire signe pour lui dire qu’il faut qu’elle reprenne son enquête, que sa famille peut attendre (bonne nouvelle, cela fait seize ans qu’elle fait passer sa famille à la trappe, elle peut attendre quelques jours de plus). Elles n’ont pas le ton d’enfants de six ans, ni leurs émotions, ou leurs sentiments. Je pourrai multiplier les exemples, j’en dirai trop sur l’intrigue.

Pour terminer, je parlerai simplement que les mobiles les plus simples, les plus universels sont finalement les plus fréquemment utilisés dans les romans policiers et que le reste n’est que poudre aux yeux. Quant au happy end (ou presque) final, si l’héroïsme de certains policiers n’est pas sans rappeler le meilleur du genre, j’aurai aimé que la vie privée des protagonistes ne prennent pas tant de places.

 

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11 réflexions sur “Printemps de Mons Kallentoft

  1. J’ai eu exactement le même ressenti que toi sur cette série de roman, Hiver et Été m’ont vraiment plu mais les deux suivants beaucoup moins. Je me suis forcée à continuer car j’ai vécu 6 mois dans la ville de Linköping et ces romans me permettaient d’y remettre les pieds virtuellement.
    J’ai toujours du mal à apprécier un roman quand je ne m’attache pas aux personnages, et Malin m’a vraiment déplu.
    J’ai hésité longtemps avant de lire le 5ème opus (la 5ème saison) et finalement je l’ai apprécié, presque autant qu’Été et Hiver. Il met un point final à l’histoire de Maria qui hante Malin pendant toute la série

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