Archive | 10 mai 2015

Mendez de Francisco Gonzalez Ledesma

51H659HM2KL._SL160_Présentation de l’éditeur :

L’inspecteur Méndez est un homme de comptoirs crépusculaires, de rues teintées de gris et de lèvres de femmes écarlates, autrement dit un homme d’histoires souterraines et de vérités occultes. Il connaît les chiens perdus, les vieux ouvriers des fabriques et les vieilles ouvrières du sexe. Ces histoires n’apparaissent pas dans les rapports de police, ce sont celles d’un Méndez qui déambule dans les entrailles de la ville et les recoins intimes de Barcelone.

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Mon avis:

Je ne pouvais pas organiser un mois espagnol sans parler de Francisco Gonzalez Ledesma et de son anti-héros emblématique : Mendez. Il n’est pas très bien vu de ses supérieurs. Était-il franquiste, républicain ? Personne n’a tranché, puisqu’il était du parti des délaissés, des laissés-pour-compte, des êtres en souffrance, qui, jusqu’à preuve du contraire, ne sont d’aucun partie. Pour faire court, Mendez est un humaniste, un vrai. Il ne craint pas d’aller dans les ruelles les plus sombres, les plus mal famés de Barcelone, pour délivrer la justice – qui n’est pas forcément celle que l’on attend d’un policier. Mendez voit ceux auxquels plus personne ne fait attention, pour ne pas dire ceux à qui personne ne fait attention.

Ce recueil de nouvelles, parfois très courtes (deux pages), nous raconte tout ce que Mendez ne peut écrire dans ces rapports – ou s’il le fait, comme dans cette lettre où il demande non la grâce, mais une médaille pour l’auteur d’un homicide involontaire, il ne manque pas de cran, tout en maîtrisant le jargon officiel dans toute sa splendeur.  Il est sensible, également, à l’ironie du sort qui, parfois, fait bien les choses – ou l’art d’écrire des nouvelles policières à chute.

Mendez, ou une manière de découvrir l’intimité d’un enquêteur atypique.

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