Archive | 9 mai 2015

Le petit frère de Manuel Vasquez Montalban


Présentation de l’éditeur :

« Petit frère » ! C’est ainsi que jadis ses camarades appelaient Leocadio Mínguez, lorsque la dictature étouffait le peuple d’Espagne, et que Pepe Carvalho croupissait en prison avec lui et d’autres compagnons d’infortune. Depuis cette époque, bien des choses ont changé. L’ancien « rouge » Leocadio est devenu un affairiste, et sa fortune est évaluée à trois milliards de pesetas. Harcelé par la presse pour quelques affaires douteuses, il fait brusquement la une des journaux qui annoncent son suicide. Persuadé qu’il ne s’est pas donné la mort mais qu’il a été assassiné, un de ses vieux camarades engage le détective Pepe Carvalho.

journc3a9e-europe-9-05La journée de l’Europe est organisée par lesbavardagesdesophie.

Mon avis :

Barcelone, encore et toujours. Barcelone est la ville phare du roman policier espagnol – ou devrai-je dire du roman policier catalan ?

Pepe Carvalho est le héros de Manuel Vasquez Montalban. Il est seul, à cette période de sa vie. Charo, sa compagne, l’a quitté, Bromure, son indic, est mort. Seul Biscuter reste fidèle au poste, rêvant à des stages de cuisine.

Ce livre comporte huit nouvelles. Celle qui donne son titre au recueil est aussi la plus longue (une centaine de pages). Elles apparaissent comme autant de figures de style, l’une est sous-titrée « Conte de Noël », deux autres sont des hommages à Agatha Christie : la première nous plonge en pleine première guerre mondiale, la seconde rappelle les meilleures enquêtes de la reine du crime (huis-clos familial, majordome très zélé, vieille dame dont tous désiraient le trépas) comme une variation sur un thème éternel. Même le chien qui n’a pas aboyé en présence du criminel n’est pas oublié !

Si les nouvelles peuvent être plus légères (« L’exhibitionniste »), ou nostalgiques, elles montrent aussi qu’on ne peut protéger des personnes contre leur gré. Le passé est la clef de ses histoires, il est impossible d’oublier les années de lutte contre Franco – et nul ne le lui demande. Les amitiés, les affinités nées pendant ces années-là sont restées, qu’il qu’il ait pu se passer après – les inimitiés aussi, pour ne pas dire qu’elles se sont accentuées.

Le petit frère est un recueil de nouvelles douces-amères, à apprécier pour contraire l’Espagne contemporaine.

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