Archive | 5 mai 2015

Maman a tort de Michel Bussi

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Présentation de l’éditeur :

Mardi 2 novembre 2015. Lorsque Vasile, psychologue scolaire, se rend au commissariat du Havre pour rencontrer la commandante Marianne Augresse, il sait qu’il doit se montrer convaincant. Très convaincant. Si cette fichue affaire du spectaculaire casse de Deauville, avec ses principaux suspects en cavale et son butin introuvable, ne traînait pas autant, Marianne ne l’aurait peut-être pas écouté. Car ce qu’il raconte est invraisemblable : Malone, trois ans et demi, affirme que sa mère n’est pas sa vraie mère. Sa mémoire, comme celle de tout enfant, est fragile, elle ne tient qu’à un fil, qu’à des bouts de souvenirs, qu’aux conversations qu’il entretient avec Gouti, sa peluche…
Vasile le croit pourtant. Et pressent le danger.

Merci à Babelio et aux éditions Presse de la Cité pour m’avoir permis de découvrir ce livre en avant-première.

Mon avis :

Rédiger un avis peut être compliqué, surtout quand le constat est simple : j’ai eu beaucoup de mal à lâcher ce livre une fois que je l’ai commencé, je l’ai lu en trois jours (et oui, parfois, il faut dormir, et surtout, se rendre au travail). L’ai-je aimé ? Oui. Quels procédés font que cette lecture était addictive ? Je vais tenter de les analyser.

Tout d’abord, le lecteur est plongé quasiment à la fin de l’action, presque au moment du dénouement, dans un moment de grande tension. Les questions se bousculent dans sa tête : pourquoi, comment en est-on arrivé là ? Envie de tourner la page pour en savoir plus ? C’est fait. Certains auteurs nous plongeraient quelques années en arrière, et l’on aurait l’impression d’être floués (je serai sympa, je garderai les noms pour moi). Ici, non : quelques jours plus tôt suffisent. Bien sûr, nous apprendrons des faits qui ont eu lieu bien plus tôt dans l’action, et ces faits seront nombreux, mais jamais ils ne viendront rompre le rythme de la narration puisqu’ils nous seront presque toujours racontés de manière indirecte par un des enquêteurs. Le point commun de tous ces récits arrachés au passé ? Ils sont tous destinés à Marianne Augresse, la commandante. Elle peut se vanter de diriger des hommes brillants, de son stagiaire au beau gosse de service (et même hors service) sans oublier papy, sur le point de prendre sa retraite.

Drôle de nom, d’ailleurs « Augresse ». Reflète-t-il son caractère, ce qui expliquerait qu’à presque quarante ans, aucun homme ne partage sa vie, aucun enfant ne l’appelle maman ? Est-ce pour ces raisons qu’elle dirige une brigade – elle s’est tant occupée de sa carrière qu’elle n’a pas eu le temps d’avoir une vie privée ? Ou bien est-elle à même de combattre « l’ogre » qui effraie tant le petit Malone ? Et que dire du psy, Vasile Dragonman, pas vraiment apte à lutter contre les « vrais » dragons qui pourraient surgir sur son chemin. Oui, j’en demeure d’accord, nous sommes dans un roman policier mais, parfois, des éléments de conte surgissent- un enfant n’est-il pas au centre de ce roman ?

Oui, j’aurai peut-être dû commencer par lui, par Malone, cet enfant qui affirme que sa mère n’est pas sa vraie mère. Cet enfant qui a l’air très en avance pour son âge, bien trop mature, bien trop effrayés par des faits qui ne troublent pas des enfants. Présentez-moi un seul petit normand qui ait peur de la pluie (pour nous, ce sont plutôt les jours de grand soleil qui sont des anomalies) ! Cet enfant qui semble, plus l’intrigue progresse, au centre d’enjeux qui dépassent le simple « cercle de famille » ordinaire. Angoissant ? Oui. Et pour beaucoup de raisons que je n’analyserai pas ici, le but n’est pas de gâcher le plaisir de la lecture et de la découverte.

Maman a tort : un excellent roman.