Archive | avril 2015

L’Amérique en auto de Georges Simenon

Mon résumé :

Ce livre regroupe 21 articles, publiés alors que Georges Simenon vivait aux Etats-Unis. Ils relatent notamment sa traversée des Etats-Unis, du Maine à la Floride en passant par la Virginie.

50

Mon avis :

Georges Simenon s’est rendu aux Etats-Unis, y a vécu, y a situé l’action de plusieurs de ses romans (je pense notamment à Maigret à New York ou au moins connu La boule noire). Là, il traverse les Etats-Unis, non pas de l’Est à l’Ouest, mais du Nord au Sud, du Maine à la Floride. Il n’est pas seul : dans la première voiture, sa secrétaire (et future épouse) Denyse et son fils aîné Marc, né en 1939. Dans la seconde voiture, sa femme Tigy et l’institutrice privée de son fils.

Ce qui intéresse Simenon dans ce voyage ? La découverte du Sud – il accorde beaucoup d’importance à la Virginie – mais aussi la rencontre avec les américains et leur mode de vie. Les premiers supermarchés sont là, la nourriture offerte dans les « restaurants » est bien différente de ce que l’on trouve en France, et je ne parle pas de l’alcool non plus. Les grands hôtels sont bondés, Simenon et les siens usent alors d’un autre mode d’hébergement – sans être cependant contraints de dormir dans la voiture. Il leur est arrivé de tomber sur un hôtel … où il aura plus envie de fuir que de rester. Plus qu’à la couleur locale (ah ! cette maison de bois qui déménage), Simenon s’intéresse aux paysages et aux personnes qu’il croise. Le pays est jeune, et déjà la société de consommation, la société de loisirs est là puisque les employés de bureau écourtent leur pause déjeuner afin de partir plus tôt. Il existe des musées, aussi, là où un objet de cinquante ans est déjà digne d’y figurer. Rien ne dure vraiment et comme le dit Simenon non sans humour :  Comprenez-vous l’avantage des maisons en bois ? Au moins on peut y mettre le feu avant qu’elles ne deviennent des curiosités historiques !

Amérique de rêve ? Oui, un peu aussi. Georges Simenon note déjà l’individualisme grandissant, dans un pays où le maître-mot est la liberté. Il note aussi la faiblesse culturelle de l’éducation donnée, et aussi l’un des objectifs de cette éducation : donner confiance à chacun en ses possibilités. Ne va-t-il pas jusqu’à dire : Ne vaut-il mieux pas laisser les angoisses philosophiques à quelques-uns qui sont assez solides pour les supporter, au lieu de semer une graine aussi dangereuse dans des terrains mal préparés?

L’Amérique en auto nous offre une promenade plaisante mais forcément parcellaire : « Parce que l’Amérique est si multiple qu’on n’a qu’à choisir. Et c’est sans doute ç cause de cela qu’il est difficile d’en parler.  »

mois-belge-logo-folon-redstar-38-gras-blanc-ombre-orange-1-sans-bord

La flèche noire de Peyo

Mon résumé :

Le soleil vient de se lever…. et Pirluit n’est pas encore réveillé. Johan se charge de le faire. Las ! C’est le comte de Treville que Johan a réveillé par accident. Celui-ci dormait dans le lit de Pirluit, où celui-ci l’avait conduit après l’avoir surpris en pleine crise…. en pleine crise de somnambulisme. Oui, cela fait un peu désordre et Pirluit savait bien que Johan allait venir le réveiller. Farceur, le petit blondinet ? Oui, mais l’heure est grave. Les marchands qui avaient régalé la veille le château et ses hôtes ont été attaqués, dévalisés. Qui sont ces brigands ? Pire : de nouvelles attaques ont lieu dans la région. Qui pourra les faire cesser ?

Mon avis :

Cette série a été éclipsée, n’ayons pas peur de le dire, par les personnages secondaires qu’elle a fait naître : les schtroumpfs. Il n’est point encore question d’eux ici, mais de Johan, jeune page qui veut devenir chevalier, et de Pirlouit, qui se veut ménestrel du roi mais chante et joue archi-faux.

Bien sûr, ce moyen-âge est idyllique. Il y a des brigands, certes, qui volent sans tuer ceux qu’ils détroussent. Il peut leur arriver de les blesser (on ne fait pas d’omelette sans casser les oeufs), sans jamais les estropier : nous sommes dans une bande dessinée pour la jeunesse, ne l’oublions pas. Johan, et surtout Pirlouit ont suffisamment de chance et de courage (les deux sont utiles) pour se lancer sur la piste des brigands, déjouer leur tour et surtout, démasquer le traître qui sévit au château. Il devient dès lors bien mystérieux, ce château, qui semble dissimuler un passage secret… en plus d’un chevalier somnambule. Le comte de Tréville n’a vraiment pas de chance.

Drôle, enlevé, empli de rebondissement, cette bande dessinée aux couleurs vives est à mettre entre toutes les mains.

101223565mois-belge-logo-folon-redstar-38-gras-blanc-ombre-orange-1-sans-bord

La box de Pandore – avril 2015.

Je suppose que vous connaissez le principe de la box. Pour ma part, je suis abonnée depuis quelques temps déjà à la box de Pandore, box enfant qui se destine aussi bien aux tout-petits (j’en ai offerte une à ma nièce pour Noël. Certes, elle n’avait que 15 mois, mais ses parents ont beaucoup aimé le contenu) qu’aux grands. Vous comprendrez pourquoi en voyant la mienne.

Déjà, quand on ouvre le colis, la présentation est toujours particulièrement soignée.

IMG_3886 Voici maintenant le contenu (toujours, le soin pour la présentation) :

IMG_3887Et voici plus de détails.

IMG_3888Je n’ai garde d’oublier les gourmandises :

IMG_3889Bon dimanche à tous !

Le cas Lagaffe d’André Franquin

couv34692602Présentation de l’éditeur : Présente-t-on Gaston Lagaffe ? Ce personnage rêveur et inventif, aux trouvailles aussi inattendues que catastrophiques, est l’un des plus fameux de toute la bande dessinée. Qu’il se mêle d’améliorer la vie de bureau, de s’occuper d’un chat ou d’une mouette, d’inventer des instruments de musique ou de perfectionner sa voiture, Gaston déclenche immanquablement explosions, incendies et désastres, pour la plus grande joie des lecteurs écroulés de rire.  

Circonstance d’écriture : Mon activité bloguesque fête ses cinq ans, et j’ai voulu le faire sous le signe du rire.

mois-belge-logo-folon-redstar-38-gras-blanc-ombre-orange-1-sans-bordMon avis : Oui, Gaston Lagaff est un gaffeur. Oui, son activité au bureau n’est pas débordante. Quoique …. L’avez-vous vu, courir au grenier, vérifier que son instrument de musique fétiche était intact, à la suite d’une invasion de termites signé Lebrac (comme ses dessins) ? Avez-vous admiré la rapidité avec laquelle il se déshabille, quand, malencontreusement, le poil à gratter s’est répandu dans ses vêtements ? Plus sérieusement, il bat tous les records de vitesse quand Léon Prunelle, qui s’est donné pour mission de le faire travailler, lui réclame un courrier précis, parmi les très nombreuses lettres envoyées à la rédaction. Et si Gaston était un hyperactif qui s’ignore ? Il s’occupe énormément de son chat, qui ne semble jamais faire la sieste, et de sa mouette rieuse, spécialiste des attaques en piquet. Il n’est jamais à cours d’invention, toutes plus incroyables les unes que les autres. Il est un adepte de la sieste, mais aussi des postures les plus désopilantes. Il n’hésite pas à accomplir les acrobaties les plus audacieuses pour préserver ses animaux, et pas seulement les siens. Il retrouve toute son ardeur pour confectionner des costumes inoubliables. Et, à l’heure de la déconsommation, de l’écologie, il roule suffisamment prudemment pour que Prunelle puisse cueillir les fleurs au bord de la route – et se faire doubler par des lapins. Gaston Lagaff : une série dont je ne me lasse pas.

Les trois portes, tome 1 : la porte d’or d’Emily Rodda.

Présentation de l’éditeur :

Pour partir à l’aventure, trois portes devant lui : une d’or, une d’argent et une de bois. Quel chemin choisir? Et surtout Rye est-il prêt à affronter le monde qui l’attend de l’autre de côté?

Merci à Babelio et aux éditions Pocket Junior pour ce partenariat.

Mon avis :

Lors de la dernière opération Masse critique Babelio, j’ai coché ce livre parce que j’avais beaucoup apprécié La quête de Deltora, série phare de cette auteur, l’une des rares où l’auteur répond à la question : que deviennent les personnages quand la quête est terminée ?

Ici, nous sommes au tout début d’une quête, ou plutôt d’un conte. L’action se passe dans une ville entièrement close par des murailles. La menace ne peut venir de l’extérieur, la menace vient du ciel, en la personne des  » becs-en-ciseaux » qui se nourrissent des habitants de la ville. Gare à ceux qui ne se seraient pas calfeutrer dans leur maison ! Même à l’intérieur, leur sécurité n’est peut-être pas assurée. Aussi, celui qui dirige cette ville forte (et isolée de toutes les autres parties de ce monde) cherche des volontaires pour partir en mission afin d’exterminer ces monstres. Et c’est là que nous retrouvons les éléments du conte. D’abord, cette quête, confié par un personnage haut placé. Ensuite, la récompense promise : rien moins que la main de sa fille unique, et donc la possibilité de monter sur le trône à sa mort. Puis, ce sont trois frères qui se lancent successivement dans la quête. Les deux aînés, très différents (l’un est fonceur, le second est plus cérébral), échouent chacun à leur tour, et sont considérés comme morts. Reste Rye, le petit dernier, qui se porte volontaire pas seulement pour faire cesser la menace, mais pour retrouver ses frères : il est persuadé qu’ils sont vivants.

Univers masculin ? Nous sommes en 2015, et à Rye s’ajoute une jeune héroïne, Sonia, déterminée, volontaire, qui ne se laisse pas commander et en impose à certains garçons, plus habitués à des filles douces, obéissantes, dociles en un mot. Bref, des filles qui vont les attendre bien gentiment dans leur cachette plutôt que d’aller au charbon avec eux. De plus, cet univers est relativement manichéen : les bons sont bons, les méchants très méchants, et les personnages secondaires, s’ils apportent leur aide, sont vraiment discrets. Je n’ai garde d’oublier la présence d’objets magiques, nombreux, tous destinés à aider le sympathique héros : Rye.

Au final, les trois portes est un roman facile à lire, avec son usage des codes du conte de fée traditionnel. Mon regret est qu’il n’apporte rien de nouveau à cet art du conte. Les péripéties, les épreuves s’enchaînent sans apporter beaucoup d’émotions. Les créatures (pour ne pas dire les monstres) imaginées par l’auteur n’apparaissent pas de manière suffisamment développées. Les descriptions manquent également d’originalité. En bref, ce roman est agréable, mais manque de saveur et d’originalité.

Mémoire pour servir à l’histoire de Malte de l’abbé Prevost

Présentation de l’éditeur :

Un jeune commandeur abandonne sa famille et s’embarque sur un navire. Au cours de son voyage, il sauve la vie d’un Espagnol qui devient son mentor et le suit dans ses aventures. Ensemble, ils libèrent une jeune fille, Helena, retenue prisonnière sur un navire pirate. Amoureux d’Helena, le commandeur l’enlève et s’enfuit à Naples avec elle où, lassé, il finit par l’abandonner.

Mon avis :

Je ne suis plus étudiante en lettres modernes depuis longtemps, et je me dis que c’est une chance, parce que je n’aurai pas supporté de passer une année universitaire entière sur ce roman du XVIIIe siècle. Des spécialistes pourront l’adorer, aimer le décortiquer… Ce ne fut vraiment pas mon cas. Voici une courte analyse de ma part – au cas où vous seriez tenté de le lire.

Le narrateur est un rebelle, figurez-vous. Oui, un rebelle pour son époque : fils aîné d’une riche famille aristocratique  dont il ne nous dira pas le nom (préservation, préservation), il entre dans l’ordre des chevaliers de Malte, bien que sa famille espérait un autre destin pour son aîné.

Il embarque donc pour Malte. Si vous avez de la patience, vous pourrez vous amuser à compter le nombre de fois qu’il s’est embarqué pour Malte, puis a repris la mer. De Malte, on verra peu de choses, si ce n’est la cour, ses cérémonies. Bien plus importants sont les moyens de s’assurer sa gloire, en des combats contre les infidèles.

Sur ce point, je ne puis m’empêcher de faire des rapprochements entre ce roman, publié en 1741, et les opéras qui séduisaient le public à l’époque. Que de récit de tempête, de bateaux naufragés, de turcs civils fait prisonniers, d’enlèvements, de déguisements ! Que d’invraisemblance, en un mot ! Ces multiples rebondissements, très répétitifs, m’ont vite ennuyée, de même que ces récits enchâssés faits par des hommes bien nés, qui, un jour, se sont fourvoyés. Autant d’avertissement pour le jeune narrateur. Autant de bâillements pour moi.

Il est aussi question de femmes, ou plutôt d’une femme : Héléna. Le résumé fourni par l’éditeur raconte toute l’histoire, et n’aurait de cesse de choquer le lecteur actuel. Héléna n’a que treize ans et demi quand le narrateur tombe amoureux d’elle, quatorze ans quand il la séduite et l’enlève à sa mère, qui pensait que le jeune homme la poursuivait, elle, de ses assiduités. Et le jeune narrateur de se gausser des prétentions de cette femme déjà âgée – elle a trente ans.

La situation des femmes est bien précaire dans cette société. On peut faire de certaines femmes sa maîtresse – il est hors de question d’en faire sa femme, si la « tache » de sa naissance risque de salir le blason familial. Le meilleur sort pour ces bâtardes, jamais nommées ainsi, restent le couvent puisqu’en dépit de l’amour ressenti pour elles, personne ne souhaite les épouser, ni leur géniteur les reconnaître, ou reconnaître leurs anciennes amours.

Mémoires pour servir à l’histoire de Malte est un livre ardu, à réserver aux spécialistes du XVIIIe siècle.

62545_banni_re_vle

Les Outrepasseurs, tome 1 les héritiers de Cindy Van Wilder


Présentation de l’éditeur :

Londres, 2013. Peter, un adolescent sans histoire, échappe de justesse à un attentat. Il découvre que l’attaque le visait personnellement et qu’elle a été préméditée par de redoutables ennemis : les fés. Emmené à Lion House, la résidence d’un dénommé Noble, il fait connaissance avec les membres d’une société secrète qui lutte depuis huit siècles contre les fés : les Outrepasseurs. Ces derniers lui révèlent un héritage dont il ignore tout…

Circonstance de lecture :

L’un des deux livres que j’ai lu « en avance » pour le mois belge, c’est à dire en janvier 2015. Je mets mes souvenirs bout à bout pour écrire cet avis.

Mon avis :

Tout d’abord, j’ai été agréablement surprise par sa lecture, ce livre était plus dense et plus riche que prévu. La narration alterne le présent, et la révélation du « secret de famille », le déroulement d’épreuves en vue de faire connaître à la jeune génération… et bien, les épreuves encore plus grandes qui l’attendent, et le passé où l’on découvre l’origine de la « malédiction ». J’utilise des guillemets parce que le tissu narratif est bien plus riche que ne le laisse supposer ce simple mot. J’ajoute qu’un goût certain pour le moyen âge et plus particulièrement pour le roman de Renart ne peut pas nuire à la lecture.

La difficulté est vraiment de faire le lien (dévoilé à la fin) entre les personnages du passé et ceux du présent, et j’avais besoin d’un petit temps d’adaptation pour passer d’un temps à un autre. Et si le style est fluide, je ne conseillerai pas la lecture de ce livre, même s’il est estampillé « littérature jeunesse » à un adolescent de douze ans, mais plutôt à un grand adolescent de quatorze/quinze ans. Et je terminerai par une mention spéciale au Chasseur, un de ces « beaux méchants » que j’apprécie. Oui, je sais, j’aime les adversaires des héros quand ils en valent vraiment la peine.

10694885_10204618827169323_918588559_nmois-belge-logo-folon-redstar-38-gras-blanc-ombre-orange-1-sans-bord

Vers l’Ouest de Xavier Jaillard

couv7905606Présentation de l’éditeur :

De nos jours, David Berg, comédien parisien, hérite de son vieil oncle Djydek une maison dans les Orcades, en Ecosse. Fraîchement débarqué sur l’île, il tombe amoureux du lieu, entre autres… Mais l’insolite comportement des autochtones cache un mystère… Pourquoi Djydek a-t-il quitté son Brésil pour venir mourir ici?

150113081711974778Défis Premier roman

Merci à Livraddict et aux éditions Scrineo pour ce partenariat.

Mon avis :

« Pour résister quand tout le monde se prosterne, il faut être inconscient, il faut avoir douze ans », p. 44.

J’ai choisi de commencer mon avis par cette citation, parce que quoi que j’écrive, je ne pourrai faire mieux que l’auteur. Cette phrase est dite par un personnage que l’on ne fait que croiser, dont on ne saura pas le nom – règle qu’elle suit pour se protéger et pour protéger les siens – et pourtant chaque personnage crée par Xavier Jaillard est fortement reconnaissable, parce qu’unique, là où d’autres tendent à transformer les hommes en « animaux humains ».

L’action commençait pourtant loin de Varsovie, par le temps, l’espace ou la thématique. Nous étions en Écosse, de nos jours, aux côtés d’un comédien au chômage technique. Il vient prendre possession de la maison qu’il a héritée de son oncle. Serait-ce le début d’une romance, dans un pays qui inspire tant les auteurs de roman à l’eau de rose ? Faut-il y voir une version moderne des contes gothiques d’autrefois ? Ce sera beaucoup trop simple, surtout que la narration, très vite, se dédouble. D’un côté, nous avons un narrateur à la première personne, de nos jours, en Ecosse, qui nous narre ses aventures en utilisant les temps du passé. De l’autre, nous avons un narrateur à la troisième personne qui se focalise sur Jaroslaw, un adolescent du ghetto de Varsovie. Le choix du présent de narration pour le premier chapitre (la suite sera écrite au passé) rend vivant son périple – son périple vers la mort. Le lecteur se doute, qu’à un moment, il découvrira le lien entre ces deux récits. J’ai envie de dire : peu importe. Les émotions procurées par cette lecture sont là. On peut avoir peur, être ému avec Jaroslaw, on peut rire avec David, le comédien qui recherche le « trésor » de son oncle.

En effet, David ne se contente pas de prendre possession de son héritage, et de débuter une histoire d’amour avec une jolie écossaise. Il tombe littéralement amoureux de ce pays – et les descriptions des paysages, du mode de vie de ses insulaires, sont particulièrement réussis. Elles opposent les Ecossais, sur leur île depuis « cro-magnon » et David, dont la famille (ou du moins ceux que l’histoire n’a pas broyé) n’a pas de racines, pas de pays. Elles opposent aussi cet « étranger » aux autochtones, et à leur volonté de garder leurs secrets, le secret des recherches de Djydek. Alors, non, on ne sombre pas non plus dans les clichés, David n’est pas un « pauvre étranger martyrisé », il doit juste soulever la brume de silence qui l’entoure – les vraies souffrances sont ailleurs, dans les chapitres consacrées à la fuite de Jaroslaw, cet enfant devenu adulte bien trop tôt.  La langue employée dans ce livre est vraiment magnifique, poétique – et j’espère que personne ne reprochera à l’auteur de décrire avec réalisme ce qui se passait en Pologne pendant la seconde guerre mondiale.

Vers l’Ouest (le titre est aussi une belle trouvaille) est un roman qui m’a profondément émue. Je lui souhaite la meilleure destinée possible.

La rue des étoiles de Bart Moeyaert

tous les livres sur Babelio.com

Présentation de l’éditeur : Trois enfants assis sur un mur regardent le monde. Un roman à la fois subtil, profond et drôle d’un auteur d’envergure internationale.

mois-belge-logo-folon-redstar-38-gras-blanc-ombre-orange-1-sans-bordMon avis : J’ai tenté une première lecture de ce roman lors du mois belge 2014. J’ai abandonné sa lecture au bout d’une cinquantaine de pages. Cette année, je suis allée, assez péniblement il faut le dire, au bout de ma lecture. Je ne retenterai pas une seconde expérience avec cet auteur. Si vous lisez l’avis sur la quatrième de couverture, l’on vous promet monts et merveilles avec ce livre. Pour ma part, je me suis dit que je devais manquer terriblement de profondeur pour ne rien avoir ressenti. L’intrigue ? Il n’y en a pas. Ce sont simplement les rêveries d’un été chaud, sur le mur d’un repaire, de trois jeunes adolescents. Des personnages apparaissent, puis disparaissent, sans qu’ils n’aient d’existence, finalement, que parce qu’ils passent rue des étoiles et que les trois adolescents imaginent des bribes de leur vie. Ne pas en savoir plus que ce qu’ils imaginent ne les dérange pas vraiment. Ce sont des enfants, n’existe que ce qu’ils nomment. Les personnages ? Aucun n’est attachant. Bossie mériterait des paires de baffes, et l’éducation, particulièrement laxiste qui lui est donnée (sa punition est une gaufre au chocolat… Il y a plus pénible) ne lui permettront pas de changer de comportement. Je n’ai aucune tendresse pour un garçon qui se moque de sa camarade jusqu’à ne plus trouver d’insultes originales et ne comprend pas du tout pourquoi elle ne voudrait plus lui parler. Une petite formation sur le harcèlement, cela vous dit ? Il faut dire que les garçons sont livrés à eux-mêmes toute la journée et que quand Oskar, le petit frère, essaie un peu de faire respecter les règles de base pour bien vivre ensemble, il en prend plein la figure, au sens propre du terme. Quand se passe ce roman ? Difficile à dire. En tout cas, les adolescents n’ont ni ordinateur, ni téléphone portable. Ils n’ont pas non plus de jeux vidéo, ne passent pas leur journée devant la télévision. Et s’il peut être agréable d’être hors du temps, ou de penser que ce livre pourrait se dérouler dans les années soixante, les grossièretés, prononcées de façon quasi-continue par Bossie et Callista, sont bien contemporaines. Et si le père de Bossie et Oscar peut encore se disputer par téléphone avec son rédacteur en chef, il est à noter que sa femme est allée « faire le point » en Italie sur leur relation. Depuis presque deux mois. En laissant ses enfants derrière elle. Les psys auront beau répété que la séparation est l’affaire d’un homme et d’une femme qui ne s’aiment plus, dans ce roman, ce sont bien un père et une mère qui se sont éloignés – la mère envoyant quatre lettres à ses enfants, comme s’ils étaient inclus dans le pack « séparation ». Ce long séjour en Italie prouve au moins que les moyens financiers ne sont pas absents… et les lettres envoyées sont pour le moins banal, à l’image du roman qui parle de tout et de rien plutôt que d’attaquer de vrai sujet. Il est vrai que quelques pages sortent de cette inertie volontaire. Elles sont très rares. La rue des étoiles est un roman qui a un très beau titre. Dommage que le livre ait été une telle déception pour moi.

Lassie, berger belge Tervueren

Oui, je sais, mon article est tiré par les cheveux, mais comme Lassie a au moins quinze ans et décline doucement, je me dis que je n’aurai pas l’occasion de faire un billet sur elle lors du prochain mois belge. Puis, on m’a récemment posé la question : « Belge, oui, mais wallonne ou flamande ? » Apparemment, Tervueren serait en Flandre, Lassie est donc une berger belge Tervueren flamande (quand je dis que certaines personnes se coupent les cheveux en quatre).

Lassie devait être envoyé à la SPA en janvier 2007. Nous avons appelé la mairie avant que la SPA ne soit prévenue, et nous l’avons récupérée. Elle était déjà âgée, sourde, et avait une peur panique des fils en tout genre. Voici une photo de l’été 2007 :

Je croyais bêtement qu’elle était une batarde. Mais, à Saint-Malo, j’ai vu exactement le même chien, et j’ai demandé à ses propriétaires ce que c’était. Ils m’ont fait un topo sur le berger belge tervueren.

Cette race est toute récente : elle est née au début du XXe siècle et doivent leur nom à la commune de Tervueren. Ils seraient nés de croisement de berger belge Groenendael. Les femelles pèseraient une vingtaine de kilos, les mâles une trentaine – Lassie pèse 30 kilos et est plus grande que les bergers mâles que j’ai rencontrés.

Cette photo ci-dessus date aussi de 2007.

Passons maintenant aux photos plus actuelles. Celles-ci datent de l’été 2014 :

Celles-ci ont été prises ce matin :

IMG_3800IMG_3801Bon dimanche à tous !

mois-belge-logo-folon-redstar-38-gras-blanc-ombre-orange-1-sans-bord