Archive | 23 avril 2015

Simenon en bateau de Georges Simenon

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Présentation de l’éditeur :

Georges Simenon était, on le sait peu, féru de navigation. Fasciné par l’univers des mariniers, il embarque à la fin des années 1920 sur une barque à moteur, La Ginette, pour un périple de six mois sur les rivières et les canaux français. Il découvre la vie des bateliers et des éclusiers, qui inspirera nombre de ses célèbres romans. Puis, en 1934, à bord du voilier L’Araldo, il parcourt « la Méditerranée en goélette » : Côte d’Azur, Italie, Sardaigne, Malte, Tunisie… Et là, c’est le monde de la mer qu’il nous révèle, avec ses pêcheurs, ses réfugiés, ses ports et ses îles…

Mon avis :

Ce recueil comprend six articles, d’inégales longueurs, de sept pages (« Marins pour rire, marins quand même » qui donne son titre au recueil) à cent vingt-trois pages pour « Mare nostrum ou la Méditerranée en goëlette » : Simenon est passé de la navigation sur les canaux à celle sur la mer Méditerranée.

Si vous lisez le premier article (ils sont rangés par ordre chronologique), vous pouvez vous dispenser des quatre suivants, qui m’ont paru redire le tout premier, sans réellement apporter des informations nouvelles sur la vie des bateliers et des éclusiers. « Une France inconnue » se suffit parfaitement à lui-même pour nous faire découvrir ce quotidien destiné à disparaître, mais aussi les difficultés de la navigation « de plaisance », les codes de la navigation, ce rythme de vie scandé par des drames qui passent inaperçus : la mort peut survenir, les vivants continuent leur travail.

« Mare nostrum » est l’article le plus long, et je ne l’ai pas vraiment aimé. Oui, Simenon et son équipage naviguent d’un pays à l’autre, et véhiculent des clichés racistes ou sexistes. Air du temps, me répondra-t-on, il ne faut pas lui en vouloir. Si tous avaient pensé de la même manière, la société n’aurait pu évoluer, et ce n’est déjà plus le même Simenon que l’on retrouve vingt ans plus tard dans Simenon en auto.

Il fait preuve aussi d’un optimiste un peu trop béat. Oui, on peut très bien vivre dans se préoccuper de s’enrichir, en acceptant qu’il y ait des années fastes, et d’autres moins. On peut partager le peu que l’on a, pour que tous survivent. Des bras se tendront toujours pour tenir les bébés afin qu’ils ne meurent pas de froid et que leurs mères se reposent. J’espère que, pour tous les migrants, les problèmes rencontrés furent résolus aussi facilement. Bizarrement, je ne le crois pas.

Je recommanderai ce livre à ceux qui veulent en savoir plus sur le métier de bâtelier, à ceux qui veulent tout connaître de l’œuvre de Simenon.

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