Archive | 10 avril 2015

Le tableau volé de Pieter Aspe

couv73371483Présentation de l’éditeur :

Qu’y a-t-il de commun entre le vol du Jugement dernier de Jérôme Bosch et l’ETA ? Entre le meurtre du vigile d’un musée de Bruges à la veille de l’exposition du Guernica de Picasso et celui d’un Espagnol dont le gouvernement est en visite officielle en Belgique ? Du fil à retordre pour l’inspecteur Van In et pour sa fidèle complice (et mère de ses enfants) Hannelore, qui devront se fier à leur intuition pour éviter une grave crise européenne.

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Mon avis :

Âme sensible, prenez vos précautions : il est deux pages dans ce roman difficilement soutenable. Elles le sont d’autant moins que ce qui y est raconté n’est que trop vrai. Il ne s’agit pas, pour Pieter Aspe, de surenchère sanglante, non, mais d’un retour en arrière qui caractérise un personnage et ses motivations.

Du côté de nos personnages principaux, le roman s’était ouvert sur une bonne nouvelle : Hannelore n’est pas atteinte d’un cancer. Elle compte bien profiter au mieux de la chance qu’elle a, c’est à dire de son compagnon un peu enrobé et souvent imbibé (de Duvel), de ses jumeaux, de son dogue allemand (pas très loquace, on lui pardonnera) et de son métier, même si elle ne correspond pas à la description conventionnelle du juge d’instruction.

La première enquête sur laquelle planche Van In semble d’une simplicité confondante – le tout est de ne pas paraître blasé devant Versavel, son vieil ami et adjoint, très gay (lui a quelques problèmes de couple, il ne s’étend cependant pas sur la question). En effet, un homosexuel vient d’être passé à tabac et laissé pour mort sur les rives du lac d’Amour (note : un des plus beaux endroits de Bruges, à mon humble avis). Rien que de très habituel, malheureusement. Ce qui l’est moins, c’est que quelqu’un donne l’alerte, reste sur place pour attendre la police. Ce qui l’est encore moins, c’est que la victime soit achevée à l’hôpital, par un professionnel. Que craignait-on qu’il puisse bien révéler ?

Il faut dire que Bruges est en effervescence, puisque la ville s’apprête à accueillir une superbe exposition dédiée à l’art espagnol – avec visite du premier ministre en prime. Y a-t-il un  lien ? Surtout que la première victime travaillait pour le musée qui, quelle coïncidence, accueillera l’exposition. Ses proches eux-mêmes appartiennent au milieu de l’art. Alors ? On ne peut quand même pas voler Guernica !

Bien sûr, les intuitions ne sont pas des preuves, il faut se méfier des rapprochements hâtifs. Certes. Il ne faut pas non plus baisser les bras, se laisser aller à la première difficulté. Van In s’accroche, s’acharne parfois, et si les relations policières internationales restent compliquées, il est à noter que pour une fois dans son enquête, Van In bénéficiera de nombreux soutiens – et de pouvoirs élargis.

Et il en faut, dans cette enquête où l’amour, la vengeance, l’engagement politique, la solidarité se mêlent pour créer des motivations complexes. Lequel prendra le pas sur les autres ? Il est aussi question, et c’est suffisamment rare pour le souligner, de religion. L’un des tueurs (mais je ne dévoile pas son identité) se réclame de Dieu, pense qu’il est de son côté. « Tu ne tueras point » est pourtant un commandement bien connu. Et, à la lumière du dénouement, je peux dire que la foi et l’art peuvent parfois faire des miracles.

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