Archive | 4 avril 2015

Le poison d’amour d’Eric-Emmanuel Schmitt

couv15963924Mon résumé :

De nos jours. C’est la rentrée des classes pour quatre amies, toutes les quatre en première à Paris. Raphaëlle, Anouchka, Julia et Colombe se jurent une amitié éternelle et confient à leur journal intime leur peine, leur désir, leur mal-être aussi. Leur amitié survivra-t-elle au passage à l’âge adulte ?


Mon avis :

Ce livre est ma première rencontre avec Eric-Emmanuel Schmitt, et je ne peux pas dire que la rencontre soit réussie.
Je ne me suis attachée à aucune des quatre adolescentes. Nous les connaissons par les extraits de leurs journaux intimes, par les sms qu’elles échangent, et il faut accepter ce parti-pris de n’avoir que des points de vue internes – que leurs mots, tout en sachant qu’elles peuvent ne pas tout dire, (se) mentir… D’ailleurs, leurs journaux intimes sont bien courts, bien policés, au niveau du style : elles parlent comme des adultes, non comme des adolescentes. J’ai eu du mal à croire à leurs « tourments » au sujet de la transformation de leurs corps – pas de la manière dont il était exprimé.

Puis, ces adolescentes ont beaucoup de chance – à mes yeux. Elles n’ont pas de tourments en ce qui concerne leur orientation scolaire, pas de problèmes de santé, pas de fin de mois difficile, pas de douleur à cause de la cruauté du monde contemporain. Elles sont à l’abri de tout. Certes, leurs parents sont séparés, pour trois d’entre elles – la quatrième rejoindra bientôt les statistiques contemporains, mais elles n’en souffrent pas plus que cela. L’une d’entre elles a même une attitude très moderne quand elle apprend la séparation de ses parents, à l’opposé de beaucoup d’ados, très « réacs » – à moins qu’il ne faille voir, dans son attitude, une manière de s’opposer à sa mère.

Alors oui, la tragédie survient, et elle survient sans être complètement imprévisible – il suffit de relire la première page du roman pour comprendre que l’on s’acheminait vers un dénouement pas forcément radieux. Elle ne m’a pourtant pas remuée, tout comme elle ne remue pas vraiment les personnages – du moins, je ne l’ai pas ressenti ainsi. Les personnages passent trop vite d’un sentiment à un autre pour que j’y vois autre chose qu’une suite d’instantanée.

Je lirai à nouveau un roman d’Eric-Emmanuel Schmitt pour ce mois belge – ils sont courts et faciles à lire. J’espère être plus séduite.

challengerl2014