Archive | 29 mars 2015

LC – Cinquante nuances de Grey

A la suite du TAG – le code de la route , j’ai avancé l’idée de laisser une chance au livre Cinquante nuances de Grey. Non, je ne m’en mords les doigts, j’ai répondu sincèrement au tag ! Maintenant, si j’avais dit que je comptais laisser une chance à Indridason ou Mankell, je crois que je n’aurais pas été crédible.

Je propose donc une lecture commune le 2 mai 2015 (possibilité de décaler au 2 juin).

Je pense que Syl et Philisine Cave se joindront à moi (j’attends leur confirmation, et éventuellement un changement de date). Et peut-être d’autres blogueuses.

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Eveille-moi de Christie Brown

eveill10Présentation de l’éditeur :

« Je me suis réfugiée à Paris, auprès d’Hugo, le seul qui connaisse mon enfance torturée. J’y ai rencontré Ethan, homme de pouvoir, séduisant et mystérieux. Immédiatement attirés l’un par l’autre, nous avons entamé une relation physique, dictée par des règles strictes, afin de gérer notre besoin mutuel de domination et de contrôle. Sera-t-il l’homme qui m’éveillera à l’amour ? »

Merci à Partage-Lecture et aux Editions de la Reine pour ce partenariat.

Mon avis :

C’est un peu sur la pointe des pieds que je suis entrée dans ce livre, moi qui n’ai jamais lu de littérature dite « érotique », pour deux raisons : je ne suis pas attirée par ce genre littéraire et je n’ai pas envie que mes élèves trouvent 1) mon blog 2) des avis de littérature érotique dessus. Je règlerai le problème très rapidement : ce roman n’est pas « juste » un roman de littérature érotique. D’ailleurs, mis à part trois scènes véritablement explicites, les faits sont davantage suggérés que racontés. (Et moi de sentir que mon avis part dans tous les sens).
Chaque chapitre s’ouvre sur un extrait du journal intime d’Emilie, le personnage principal. Résumé du chapitre précédent pour ceux qui auraient posé le livre trop longtemps et oublié ce qui s’étaient passé précédemment ? Non, manière pour Emilie de se réapproprier son histoire, de ne plus en être la victime mais l’auteur. « Eveille-moi », c’est avant tout l’histoire d’une femme qui tente de se (re)construire après une enfance et une adolescence en lambeaux. Son travail sur elle-même ne débute pas avec le roman, non, elle essaie de reprendre sa vie en main depuis qu’elle est majeure, depuis qu’elle a eu, légalement, le droit de fuir son bourreau et de porter plainte contre lui – en vain. Elle a un travail, elle a un ami qui lui aussi a été rejeté par sa famille et a dû trouver le moyen de survivre.
Sept ans, c’est long pour se reconstruire, diront certains. Des errances d’Emy, de son passé de dominatrice, de son besoin de faire souffrir l’autre pour exister, nous ne saurons pas grand-chose. Il n’est pas nécessaire de s’attarder dessus puisque ce n’était qu’une étape dans sa vie et qu’elle essaie de ne plus être cette femme-là – parce que ce n’était pas elle, tout simplement.
Alors, bien sûr, on pourra trouver qu’elle a beaucoup de chance de rencontrer un homme riche, puissant, beau (avec une cicatrice sur la figure comme Joffrey de Peyrac). Elle a surtout de la chance de rencontrer un homme qui la comprenne et qui la respecte. Un homme qui, malgré tous ses atouts, est capable de lui dire « je me suis mal exprimé » après lui avoir dit « je veux que tu m’appartiennes, quel que soit le prix à payer » et perçu son angoisse. Et s’il lui offre des cadeaux, ils ne sont pas démesurés (un bouquet de fleurs), et s’il croise sa route, c’est tout simplement parce qu’il travaille dans le même immeuble. Oui, le hasard fait bien les choses, mais pourquoi pas ?
Puis, ce n’est pas comme si Emy se laissait aller facilement à cet amour. S’abandonner physiquement, oui. Accepter d’être aimée, de construire une vie alors qu’elle ne se sent toujours pas en sécurité (et qu’elle ne l’est pas), non. Les malentendus, les quiproquos peuvent déjà entraver une relation quand on ne manque pas de confiance en soi, alors quand on est encore en lambeaux comme Emy, n’en parlons pas.
Au final, Eveille-moi ne fut pas une lecture facile, à cause des thèmes réels abordés mais ce fut une lecture très prenante. Et l’on rêverait, pour toutes les Emy, d’un épilogue comme celui qu’elle vit.