Archive | 14 mars 2015

Le conseiller d’état de Boris Akounine

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Mon résumé :

1891. Le général Krapov est envoyé en Sibérie. A cause de lui, une jeune détenue s’est suicidée. Il ne se sent pas responsable, il ne pouvait imaginer qu’une femme qui n’appartenait pas à la noblesse pourrait être  sensible aux affronts ! Décidément, le général est un grand incompris. Il n’aura guère le temps de méditer : il est assassiné dans le train par Evariste Fandorine – ou plutôt, pour un révolutionnaire qui s’est fait passer pour lui.

Mon avis :

Ce livre est long, plus de 460 pages. Du coup, j’aurai aimé vous écrire une longue analyse, vous expliquant l’importance de ce récit, son intérêt historique et policier, et je m’aperçois que je n’ai pas grand chose à dire, et encore moins à écrire.

Je n’ai pas tremblé pour Fandorine, le héros, même si sa vie est plusieurs fois en danger. Il est « le » héros, et se sort indemne quasiment en toutes circonstances. Oui, il est un tout petit peu soupçonné de meurtres au début du roman, ce quiproquo tragi-comique ne dure pas longtemps.

Les personnages les plus intéressants sont sans conteste les révolutionnaires, avec Grine à leur tête, mais aussi le Bouvreuil, l’Aiguille. Leurs motivations leurs actes sont soigneusement analysés, et pour des personnes qui veulent vraiment faire changer les choses – ceux que j’ai nommés – combien sont devenus révolutionnaires par goût du danger ou par opportunisme ?

Je m’intéresse aussi aux personnages féminins. L’Aiguille, encore une fois, est de loin le plus intéressant. L’amour, au sens le plus large du terme, la guide, loin des préjugés qui devraient être ceux de sa caste. Elle est courageuse, fidèle, lucide aussi, entièrement dévouée aux autres. Et si elle est prise en défaut une fois – une seule fois – je mets au défi quiconque de ne pas l’avoir été à sa place. Esther est le nouvel amour de Fandorine, mais aussi le symbole de l’oppression à peine discrète subie par le peuple juif. Elle est le pendant féminin, protégée par la richesse de sa famille, de Grine – combien de temps durera cette protection ? Difficile à dire. Julie, quant à elle, pourrait symboliser le sort réservé aux femmes sans famille, sans appui. Julie n’est pas une maitresse-femme, elle se laisse entraînée par ses sentiments, sans réellement penser aux autres. Elle est l’antithèse de l’Aiguille.

Plus que l’intrigue policière, c’est la peinture de la Russie au XIXe siècle qui est intéressante. Nous assistons à une véritable guerre civile entre exaction tolérée, violence, torture. Tout est permis pour conserver la puissance du Tsar, et surtout de sa police. Désespérant ? Oui. Et l’impression que la Russie, en 2015, n’est toujours pas sortie de son chaos.

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