Archive | 8 mars 2015

Temps glaciaires de Fred Vargas

tous les livres sur Babelio.com

Présentation de l’éditeur :

Adamsberg attrapa son téléphone, écarta une pile de dossiers et posa les pieds sur la table, s’inclinant dans son fauteuil. Il avait à peine fermé l’oeil cette nuit, une de ses soeurs ayant contracté une pneumonie, dieu sait comment. – le femme du 33 bis? demanda t-il. Veines ouvertes dans la baignoire ? Pourquoi tu m’emmerdes avec ça à 9 heures du matin, Bourlin? D’après les rapports internes il s’agit d’un suicide avéré.
Tu as des doutes? Adamsberg aimait bien le commissaire Bourlin. Grand mangeur, grand fumeur, grand buveur, en éruption perpétuelle, vivant à plein régime en rasant les gouffres, dur comme pierre et bouclé comme un jeune agneau, c’était un résistant à respecter, qui serait encore à son poste à 100 ans. – Le juge Vermillon, le nouveau magistrat zélé, est sur moi comme une tique, dit Bourlin. Tu sais ce que ça fait les tiques?

Mon avis :

Les fans de Fred Vargas n’ont nullement besoin de mon avis : ils se sont déjà précipités chez leur libraire préféré, ont acheté le livre, commencé  à le lire, et peut-être même, comme moi, l’ont-ils terminé. Quant à ceux qui ne connaissent pas encore cette auteur, je ne puis que vous conseiller vivement de découvrir son oeuvre.

Temps glaciaires nous permet de retrouver Jean-Baptiste Adamsberg, Danglars, Retancourt, Veyrenc, et tant d’autres. Ils sont toujours présents au poste, toujours prêts à suivre leur chef sur les chemins de traverse. Enfin… presque tous, et les dernières pages sont percutantes. Adamsberg serait-il un lointain cousin d’Hercule Poirot ? Certaines de ses phrases résonnent comme celle du détective belge – avec plus de pugnacité. Certains appellent cela acharnement, perte de temps, suivi d’une piste froide depuis longtemps. N’empêche..

Il n’empêche que, comme le précédent opus, Dans les vents éternels, c’est une visite qui n’aurait pas eu lieu d’être qui permet à l’enquête de débuter, et de redéfinir la notion de « conscience ». C’est pour apaiser la conscience d’un enquêteur que l’immense savoir de Danglard est sollicité. C’est pour soulager sa conscience qu’une femme sur le point de mourir révèle ce qui s’est passé dix ans plus tôt, sur une île perdue en Islande – et tant pis pour les dégâts qu’elle cause post-mortem. Certains n’ont pas eu conscience de ce qu’ils ont fait. D’autres n’auraient pu vivre avec certains actes sur la conscience, tandis que d’autres ont agi en leur âme et conscience.

Fred Vargas nous invite à un très beau voyage, à de très belles rencontres – je pense à Célestine, Victor et Marc. Elle nous interroge sur la filiation, bien plus sûrement que dans une belle démonstration bien lourde. Elle écrit un roman policier sanglant sans tomber dans le sordide, ce qui est un exploit. Au bout du chemin, avec Fred Vargas, il y a toujours une lueur d’espoir, pour ceux qui ont pensé aux autres avant de penser à eux-mêmes – encore une fois, je pense à Célestine, à Victor, et même à Marc. Ses personnages ont la force d’aller de l’avant, toujours, et c’est ce qui fait de Fred Vargas, plus qu’une grande auteur de romans policiers, une grande auteur avec un univers singulier et généreux.

 

100142514.to_resize_150x3000