Archive | 6 mars 2015

Week-end à mille – 6 au 8 mars 2015.

WE1000 Cette fois-ci encore, je participe au week-end à mille organisé  par Lilibouquine.
Ce challenge a lieu quatre fois par an.
Le principe ? Lire mille pages entre le vendredi 6 mars 19h et le dimanche 8 mars 00h00.Regardant fidèlement la télévision le vendredi soir, et étant absente dimanche, cela s’annonce compliqué.

Voici mes trois défis choisis :
– Lire un livre qui est dans votre pal depuis plus d’un an.
– Lire un livre qui a été adapté au cinéma.
– Lire un livre qui comporte le mot « Livre » dans son titre.

 

Samedi 7 mars 13 h 38 :

J’ai lu trois cents pages de Prisonniers du Ciel de James Lee Burke et 105 de Bacchus et moi de Jay McInnerney.

Samedi 7 mars 21 h 32 :

J’ai lu 362 pages de Bacchus et moi de Jay McInnerney et terminé Prisonniers du Ciel de James Lee Burke. J’ai commencé Le livre de Saskia, soit 153 pages lues. J’ai lu au total 834 pages. Plus que 166 pages à lire, c’est jouable.

Dimanche 2 h 37 :

Insomnie. J’ai lu 126 pages de plus du Livre de Saskia. J’en suis donc à 960 pages lues.

Dimanche, 15 05 :

146 pages supplémentaires lu, le livre de Saskia est terminé, j’ai commencé un roman de Boris Akounine. 1106 pages lues.

Edit : j’ai lu en entier un roman de Soseki, le 210e jour. Donc, j’ai lu 1206 pages.

Le condamné à vivre, recueils de textes de Klaus Mann

tous les livres sur Babelio.com

Ma présentation :

Ce recueil comporte seize textes, articles, hommages, poèmes, écrits par Klaus Mann entre 1930 et 1949.

Mon avis :

Je suis une fan de Klaus Mann, de ses romans, de ses engagements aussi. Lui et sa soeur Erika ont très tôt pris position contre le nazisme, engageant leur père à prendre position lui aussi (voir à ce sujet le roman La décision).

Seize textes, d’inégales longueurs. Le plus long est le tout dernier, publié de manière posthume en anglais un mois après le suicide de l’auteur, en allemand, traduit par sa soeur Erika en juillet 1949 : elle disposait certainement du manuscrit original de son frère. Dans « La crise de l’esprit européen », Klaus Mann s’interroge sur l’avenir de la littérature et de la pensée européenne. De grands auteurs se sont donnés la mort, d’autres sont méconnus, certains sont desservis par leur appartenance politique (le communisme fait peur). Comment se relever de ce qui s’est passé ? Le peut-on seulement ? Lui-même n’a pas de réponse, et n’apporte pas de notes d’espérance.

Klaus Mann était fasciné par la mort, par le suicide. Ces textes rendent hommage à Virginia Woolf, Stefan Zweig, René Crevel, mais aussi son ami Wolfgang Hellmert, à qui il dédie deux poèmes, ou Ernst Toller, dramaturge allemand. Klaus Mann renonce à écrire des panégyriques de circonstances, quitte à revenir sur des propos optimistes qu’il a tenus. Ainsi, comme il le dit au sujet d’Ernst Toller : Ce que j’avais dit à propos des oeuvres de Toller qui feraient un retour « triomphal » en Allemagne dès que le Troisième Reich s’effondrerait, y croyais-je vraiment ? D’abord, je n’ai jamais fait grand cas des pièces de Toller. Et ensuite, pourquoi retourneraient-elles en Allemagne ? Pour qui ? Y a-t-il quelqu’un qui les attende ? Se serait-il senti contraint de mourir si quelqu’un attendait ses pièces en Allemagne ?… Pauvre Toller. Il est mort parce qu’il s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de retour, ni pour lui, ni pour les oeuvres. 

Le jeune homme combattif n’est pourtant pas devenu un homme résigné. Inlassablement, il dénonce, il n’a pas peur de dire, ni de nommer. L’expression « théorie du complot » n’existait pas à l’époque, pourtant elle apparaît bien dans les propos des allemands qui ne voulaient pas croire en l’existence des camps de concentration. « Propagande », disait-on. Dès 1930, il s’adresse à Stefan Zweig dans « Jeunesse et extrémisme », lui reprochant de voir dans la montée du nazisme une simple révolte de la jeunesse. Dans « N’oubliez pas ! » il invite à lire les écrits des dignitaires nazis, pour mieux les combattre. Connaître son ennemi, pour réfuter ses thèses, est encore aujourd’hui indispensable à mes yeux.

Se pose aussi la question de la langue, de la difficulté non seulement d’avoir quitté son pays mais aussi de devoir abandonné sa langue maternelle dans « Le problème de la langue ». Klaus Mann revient sur ce qu’il a été, sur ce qu’il n’aurait jamais cru faire (abandonner sa langue maternelle pour de l’anglais, devenir « américaniser », penser en anglais, traduire en anglais). Il se pose non seulement la question de Pourquoi écrire ? mais aussi pour qui ? Klaus Mann se montre toujours préoccupé de l’avenir de son pays plus encore que du sien.

Que le destin de Klaus Mann, dont les écrits furent trop longtemps interdits dans son propre pays, ne nous fasse pas oublier ses oeuvres et son engagement. J’inscris tout naturellement ce livre dans mon challenge Histoire de famille, puisque c’est par admiration pour la famille Mann que je l’avais crée.