Archive | février 2015

Le message du pendu de Pieter Von Aspe

tous les livres sur Babelio.com

 Mon résumé :

Une famille toute entière a été tuée. Le père aurait tué sa femme et ses enfants avant de se suicider, ce sont du moins les conclusions du légiste, arrivé de Pologne six mois plus tôt et déjà très ami avec Van In. Et si les apparences étaient trompeuses ? Le commissaire brugeois enquête.

Merci à Asphodèle qui m’a offert ce livre pour mon anniversaire.

Mon avis :

Revoilà mon cher Van In ! Et il a des problèmes, oh, là, là, mais alors de gros problèmes. Il est presque à deux doigts du divorce. Non, pas avec Hannelore. Encore que… Ils ont bien de petits soucis de couple, Hannelore prenant la mouche facilement mais rien n’est insurmontable. Non : Van In est à deux doigts de divorcer de la Duvel ! Il supporte moins bien l’alcool qu’avant, et au bout de trois bières… il ne réfléchit plus de manière cohérente. Enfin, suffisamment pour se rendre compte qu’il n’a plus ses capacités d’antan, et qu’il craint de ne pouvoir mener à bien cette enquête.

Elle est en effet particulièrement cruelle : une femme et ses deux enfants ont été sauvagement assassinés, le père a été retrouvé pendu dans les combles. Drame familial suivi d’un suicide ? C’est ce que tout laisse à croire. Van In, cependant, a des doutes, et subodore une réalité bien plus complexe. Pourquoi ce père aimant, cet époux attentif, ce gendre si aimé par son beau-père, qui ne veut pas le voir coupable, aurait abattu toute sa famille avec tant de sauvagerie ? De plus, il était à la pointe de l’écologie, et reversait une partie de ses bénéfices à des oeuvres de charité.

Il faut, littéralement, un autre meurtre pour relancer l’affaire, celle d’une prostituée de luxe, maîtresse du disparu. Comme quoi, il avait des zones d’ombre, qu’il vaut mieux explorer, même si certaines personnes, très haut placé (non, plus haut encore…) ne le souhaitent pas vraiment. Manque de chance (pour elle) : Van In est bien connu des services plus vraiment secrets, il n’est pas le genre à abandonner une affaire. Que faire, que faire ?

Le message du pendu nous plonge à la fois dans les rouages et les magouilles de la politique belge et dans son passé colonial, un peu oublié, sauf par ceux qui veulent récrire Tintin au Congo. Ah, il était joli, le temps des colonies. Dommage que, maintenant, on ne puisse plus tout faire en toute impunité. Dommage aussi que les faibles, les sans-grades, les gens qui n’ont que l’amour pour vivre ne se laissent plus manipuler facilement. Ils mettent tant de temps à bien vouloir mourir. Et Van In qui continue à mettre de la mauvaise volonté à disparaître du paysage. La justice est très lente, aveugle, cause des dégâts irréparable,  elle finit pourtant par triompher. A quel prix.

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Tous les démons sont ici de Craig Johnson

Merci à Babelio et aux éditions Gallmeister pour ce partenariat.

Présentation de l’éditeur :

Indien Crow d’adoption, Raynaud Shade est considéré comme le plus dangereux sociopathe des États-Unis et représente le cauchemar de tout policier. Finalement interpellé, il avoue avoir enterré un cadavre au beau milieu des Bighorn Mountains, dans le Wyoming, et c’est à Walt Longmire que revient la tâche d’escorter Shade, en plein blizzard, jusqu’au corps. Mais le shérif sous-estime peut-être les dangers d’une telle expédition. Car pour tenter de rétablir la justice, il va devoir braver l’enfer glacial des montagnes et tromper la mort avec, pour seul soutien, un vieil exemplaire de La Divine Comédie de Dante.

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Mon avis :

Si, comme moi, vous êtes fan de Craig Johnson et de son personnage Walt Longmire, vous n’aurez que faire de mon avis, vous vous serez déjà précipité chez votre libraire préféré et vous aurez lu cet opus. Si vous ne connaissez pas cette série policière, je ne puis que vous conseiller de combler cette lacune le plus rapidement possible, en lisant toute la série de préférence.

En effet, il me semble plus difficile de savourer pleinement la lecture de ce tome si vous n’avez pas lu les aventures antérieures de Walt. Il revient à l’endroit où il a déjà largement souffert dans Little Bird. Il évoque les blessures reçues dans le passé, et pas aussi cicatrisées qu’il le croit. Le destin le remet sur le chemin de « l’indien blanc« , qui évoquera avec lui le camp des morts. Oui, j’en dis déjà beaucoup, mais faites-moi confiance : Craig Johnson est un adepte de la polysémie.

Walt se passerait bien de l’affaire qu’on lui confie : escorter un dangereux sociopathe, en pleine tempête de neige. Shade est accompagné d’autres détenus, aux casiers judiciaires moins chargés, moins redoutables. Mais ….quel détenu ne serait prêt à tout pour recouvrer sa liberté, surtout si la mort est au bout du chemin ? Presque tous. Aussi, Walt se montre particulièrement méfiant, attentif au moindre détail, réactif aussi. Comme il le dit lui-même : « si on était bon juge de l’homme que l’on avait en face de soi, on avait une chance de survivre. Dans le cas contraire, on devenait la victime qui recevait les honneurs. La question n’est jamais qui est le plus rapide, le plus fort, le plus résistant, mais plutôt qui, au moment où d’autres marqueront une pause, déciderait d’agir en premier. »

Rédiger la suite de mon avis est difficile, parce que j’ai vraiment été profondément émue par ce récit, moi qui ne m’émeus vraiment pas facilement. Dès que Shade s’évade, avec un paquet d’otages avec lui pour faire bonne mesure – il ne faut pas se leurrer, il n’accorde aucune attention à la vie de ceux qui l’entourent, ce sont juste des utilités – Walt Longmire se trouve confronter à un choix : attendre gentiment les renforts, qui peinent à avancer dans cette tempête, ou se lancer seul à la poursuite de Shade. Vous vous doutez bien qu’il choisit la seconde solution, et tant pis pour les difficultés ou les risques encourus. Walt s’engage dans la montagne avec peu de bagages, si ce n’est L’enfer de Dante et son humour. Comme il le dit lui-même : « Je ne pouvais pas mourir – il y avait trop de femmes qui me tueraient. « 

La suite du récit est vraiment une confrontation, un face à face avec la nature dans ce qu’elle a de plus âpre. Nous suivons pas à pas Walt sur cette terre et ses légendes, jusqu’à l’affrontement final. Avant ceci, aura été distillé une série de confrontations, comme autant d’obstacles que ce petit Poucet meurtrier qu’est Shade aura laissé sur son chemin. Tous les démons sont ici, dit Walt. Heureusement, ils ne sont pas les seuls à être venus.

Un très beau roman.

Pain, éducation et liberté de Petros Markaris

9782021125436Présentation de l’éditeur :

2014. À Athènes, la survie quotidienne est de plus en plus difficile pour les citoyens appauvris et pour les immigrés harcelés. C’est alors qu’un tueur en série jette son dévolu sur des personnalités d’envergure issues de la génération de Polytechnique qui, après s’être rebellées contre la junte militaire, ont eu une carrière fulgurante. Le criminel reprend le célèbre slogan des insurgés de l’époque pour formuler sa revendication : « Pain, éducation, liberté». Qui se cache derrière ces meurtres ? Un membre de l’extrême droite ou un ancien gauchiste mû par le désir de vengeance ? Le commissaire Charitos, privé de son salaire depuis trois mois, tente avec sa ténacité habituelle de comprendre les mobiles du coupable.

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Mon avis :

Le roman a été écrit en 2012, imaginant une Grèce qui aurait renoncé àl’euro pour retrouver le drachme. Politique fiction ? Oui, mais le drame grec est bien réel, et s’inscrit dans son histoire.

Charitos fête le jour de l’an en famille, une famille qui se veut unie en dépit d’un présent peu réjouissant et d’un futur plus confus encore. Son salaire est suspendu pour trois mois – si tant est que ce qu’il touchait jusque là puisse être considéré comme un salaire digne de ce nom. Sa fille, que son ami Zissis, grand résistant dans le passé et le présent, a convaincu de rester au pays, ne gagne aucun salaire. Son gendre est réduit à la portion congrue alors qu’il est médecin. Pour survivre, rien ne vaut l’union – et la simplicité. De France on imagine mal à quel degré de pauvreté sont parvenus les grecs. Conserver sa dignité est une lutte quotidienne pour ceux qui n’ont plus rien.

La crise n’empêche pas les crimes – et le premier meurtre commis touche directement un ancien révolutionnaire, un de ceux qui a résisté lorsque la junte militaire a pris le pouvoir. Mais qui peut en vouloir à ses héros modernes ? Et bien… des personnes qui savent pertinemment que la crise n’est pas arrivée toute seule en Grèce, et qu’il a bien fallu que cette génération, ceux qui sont sur le point de prendre leur retraite, ait participé à ce qui est aujourd’hui la débâcle grecque.

Ce n’est pas que Charitos enquête mollement, non, il fait ce qu’il peut avec les moyens du bord, laissant sa chère voiture au garage parce que, de toute façon, il manque un peu d’essence pour la faire rouler. Il est stupéfait par le fossé qui s’est crée entre les générations, entre les parents et leurs propres enfants, qui tiennent à réussir par leur propre moyen plutôt que de suivre les traces de leurs pères. Et il semble que, parfois, donner des cours à des détenus alors que l’on est soi-même incarcéré soit le début d’une existence réussie.

Pain, éducation, liberté est le portrait d’une génération désabusé, parce qu’elle a déjà tout perdu avant même que sa vie n’ait commencé.

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Rave d’une nuit d’été d’Ira Ishida

Mon résumé :

Quand le chef des G-Boys, avec lequel vous êtes ami, vous invite à une « surprise », vous ne vous défilez pas, vous y allez. Quand il vous dit de venir avec votre petite amie (hi, hi) et qu’il sait pertinemment que vous n’en avez pas, vous amenez Eddy, un métis qui adore faire la fête. Mais ce n’est pas pour le plaisir de lui faire partager une rave que le chef des G-Boys a invité Makoto, le démêleur d’embrouilles, non, c’est pour lui montrer qu’une nouvelle drogue a fait son apparition, et qu’elle fait des ravages.

logo-challenge-c3a9crivains-japonaisMon avis :

Voici le dernier volume des aventures de Makoto, toujours vendeur de fruits à Ikebukuro West Gate Park, toujours en train de résoudre des problèmes, avec l’aide bienveillante de sa maman, qui le laisse quitter plus tôt le magasin si nécessaire.
La drogue, ce n’est pas du tout, mais alors pas du tout le rayon de Makoto. La drogue existe, il en est conscient, mais il ne « pratique » pas, au contraire de la jeunesse japonaise qui en prend pour pouvoir s’amuser jusqu’au bout de la nuit, et même au-delà, quitte à se mettre le cerveau en ébullition, quitte à ne plus se souvenir de ce qu’elle a fait durant tout ce temps. Les conséquences ? Ils s’en moquent. Je n’ai pas dit qu’ils n’en étaient pas conscient, ils savent parfaitement que la mort peut être au bout du chemin. Qu’importe ? Ils ne vivent que pour l’instant présent, et sont prêts à tester toutes les substances possibles – tant qu’elle leur fait plus d’effets que la précédente.
Ajoutez à cela qu’il y a de la « vraie » drogue, presque breveté, et de la « fausse », qui imite celle qui remporte du succès – en étant plus dangereuse. Plus qu’une affaire de drogue, c’est à une affaire de lutte de territoire que nous assistons, entre ceux qui veulent garder le leur, et ceux qui veulent le conquérir.
Et Makoto, dans cette intrigue ? Comme l’écriture est rétrospective, nous découvrons les reproches qu’il s’adresse – après coup, les faits qu’il aurait dû voir, les mots qu’il aurait dû interpréter. Il est particulièrement dur avec lui-même, et ce n’est pas moi qui irai lui reprocher son manque de compassion envers les dealers. « Bien fait pour eux », dit-il, quand ils ont eu peur de mourir, spontanément, comme une colère face aux morts qu’il n’a pu empêcher.
Rave d’une nuit d’été, ou un coup de projecteur braqué sur une jeunesse japonaise désabusée.

 

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Le justicier d’Athènes de Petros Markaris.

9782021118001Présentation de l’éditeur :

La Grèce en 2011 : la crise économique s’aggrave. Les riches vivent bien et ne payent pas leurs impôts, les pauvres, eux, sont partagés entre révolte ou désespoir. Un inconnu ne choisit ni l’un ni l’autre : il agit … en franc tireur. Plusieurs fraudeurs fiscaux reçoivent un courrier signé « Le percepteur national » les enjoignant de payer les sommes dues au fisc, faute de quoi ils seront exécutés. Trois fraudeurs qui n’ont pas obtempéré sont retrouvés morts sur un site archéologique.

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Mon avis :

Vous savez ce qu’est le désespoir, mais avez-vous connu la désespérance ?
C’est ce que vivent les grecs, ou plutôt c’est ainsi qu’ils choisissent de mourir. Face à la crise – pas de travail, pas même de chômage, plus de retraite, plus de biens à vendre puisque personne ne peut acheter ou même louer – certains choisissent de partir dans la dignité, puisqu’ils ne peuvent plus ni aider, ni être aidé. La tragédie grecque contemporaine touche tous les âges.
A l’exact opposé de ces êtres dont la mort appelle la compassion, des hommes, qui avaient su pleinement tirer partie de toutes les failles du système (pour ne pas les nommer tout simplement des niches fiscales) pour mener une vie des plus aisées et des plus protégées, grâce à des appuis très influents. Les contrôles fiscales ne sont pas pour eux, l’administration est, de toute façon, débordée.
Ce roman nous interroge sur la notion même de genre policier. Nous avons bien des crimes, un meurtrier, un mobile, et des enquêteurs auxquels ont fait miroiter un avancement, mais quels sont les véritables crimes ? Laisser mourir les forces vives de la nation, ne pas savoir utiliser les compétences, pourtant nombreuses, dont dispose le pays, laisser pourrir les services indispensables (médecine, police, éducation) à la survie du pays et ne pas avoir su tirer les leçons du passé. En cela, le personnage de Zissis, ami de Charitos, est emblématique, puisqu’il incarne la véritable résistance du pays, et sa mémoire.
Nettoyer la corruption qui mine le pays, régler les dettes – toutes les dettes – renouer avec ce que le passé pouvait avoir de mieux, empêcher les jeunes désespérés de quitter le pays sont les véritables défis à relever.
Ce second volume de la trilogie de la dette est à lire pour tous ceux qui veulent mieux connaitre la Grèce moderne.

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Challenge Fitzgerald et ses contemporains les enfants du jazz – je reprends le flambeau

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Ce challenge devait s’achever en octobre 2014, mais Asphodèle, qui a crée ce challenge, ne parvenait pas à faire le bilan final car ça lui faisait mal au coeur de se dire que c’était fini ! Je me suis donc proposé pour prendre le relais. Il y a tant à lire : un roman de Fitzgerald ou une biographies, ou des correspondances (je vous les recommande, il faudrait juste que j’ai le courage de rédiger mon billet dessus, ou des témoignages le concernant, lui et Zelda, voire Frances Patricia dite Scottie, leur fille. certes, ça ne se lit pas comme une série policière mais de temps en temps, c’est une bouffée d’oxygène dans l’univers de ce poète intemporel qu’était Fitzgerald…

Comme l’indique l’intitulé du challenge, vous pouvez également lire les contemporains de Fitzgerald, des années 1920 à 1940 : Hemingway, Dos Passos, Dorothy Parker, etc. Même des livres récents mettant en scène ces années là à condition que l’esprit « Lost generation » et « Enfants du jazz » soit de la partie ! les films aussi sont acceptés, ce qui élargit le champ des possibles.

Voici le récapitulatif :  Asphodèle a oté les inscrits qui n’ont jamais participé, soit 17 personnes qui se reconnaîtront en allant sur la page du challenge. Restent 21 personnes qui ont fait, pour la plupart un beau parcours dans les trois catégories proposées. J’attends maintenant de nouvelles participations et, qui sait, de nouvelles inscriptions.

INSCRITS 

ZELDA : 1 livre

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1 -Syl, de Thé lectures et macarons : challenge honoré
1)Alabama Song de Gilles Leroy

2 -Anne de Des Mots et des Notes : challenge honoré
1) Z, le roman de Zelda de Thérèse Anne Fowler.

3 -Lou de Libellus : challenge honoré.
1) le film Gatsby le magnifique de Baz Lurhman.

GATSBY : 3 livres

Le couple Fitz

4 -Jérôme de D’une berge à l’autre, son billet sur Gatsby  : pas fini…

5 -MissyCornish :, ICI sur Tendre est la nuit et sur Alabama Song. Pas fini

6 – Jostein  : presque fini !
  1) Z, le roman de Zelda de Thérèse Anne Fowler
2) Gatsby le magnifique de F. Scott Fitzgerald/

7 -Jean-Charles : pas fini mais challenge terminé.
1) Zelda de Jacques Tournier

8 -Natiora : pas fini.
(billet de présentation) du Jardin de Natiora.
1) Coucher de soleil de William Faulkner.

9 -Ostinato de Lukea Livres : challenge terminé
billet de présentation ICI.
1) Gastby le magnifique, ICI.
2) La fille sur le coffre à bagages de John O’Hara.
3) Alabama Song de Gilles Leroy.

10 -Séverine :
(billet de présentation), des Chroniques assidues :   pas fini.
1) Gatsby Le Magnifique.

11 -Galéa du blog Sous les galets :  challenge terminé, mais possibilité de passer à la catégorie supérieure…
1) Tendre est la nuit,
2) ALABAMA SONG de Gilles Leroy.
3) Fitzgerald le désenchanté de Liliane Kerjan

12 -Lulamaea du blog Littérature(s) :
1) Tendre est la nuit. Challenge abandonné…

13 -L’Irrégulière  de Les chroniques culturelles : challenge honoré mais peut continuer dans une autre catégorie !
1) Gatsby Le Magnifique,
2) Zelda de Thérèse Anne Fowler.
3) The Great Gatsby le film de  Baz Luhrman

14 – Lili, La Petite Marchande de prose : il en reste un pour terminer !
1) – Gatsby le magnifique,
2)- Les new-yorkaises d’Edith Wharton .
Et son billet de présentation !

NABAB : 5 LIVRES et plus, illimité !

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15 -Béné31 du blog Des jours et des livres, : promue Nabab le 11.10.2013 : presque fini !
son billet de présentation.
1) Un recueil d’entretiens, intitulé « Des livres et une Rolls »
2) L’envers du paradis ;
3) Trois heures du matin de Roger Grenier, une bio originale sur Fitz ;
4) Le dernier nabab ;
5) Les heureux et les damnés de Francis S. Fitzgerald
6) BD : Super Zelda de Tiziano Lo Porto et Daniele Marotta (Ed. Sarbacane) (Béné n’a pas aimé du tout) (30 juin 2014).

16 – Nathalie, promue Nabab le 23/04/2013 avec : presque fini également !
1)- Gatsby le Magnifique, le 25 janvier 2012
2)
Une bio sur la vie du couple Fitzgerald,
3)- La vie à deux de Dorothy Parker,
4)-L’étrange voyage de Benjamin Button et La lie du bonheur  (nouvelles).

5) Tendre est la nuit

17 – Asphodèle  : honoré…
1). Alabama Song, sous forme de lettre à l’auteur (Gilles Leroy) pour un jeu d’écriture chez Babélio.
2)  Alabama Song de Gilles Leroy.
3). Zelda de Jacques Tournier (sur la vie du couple et le « making-of » de Tendre est la nuit). Chronique du 23.08.2011 ;
4). La Ballade du Rossignol Roulant (nouvelle) chronique du
29.09.2011. ;
5). Accordez-moi cette valse de Zelda Fitzgerald (15.12.2011) ;
6). Lots of Love, correspondance entre Francis et sa fille Frances dite Scottie.
7). Madame Hemingway de Paula McLain
8). Z, le roman de Zelda de Therese Anne Fowler
9). Lettres à Zelda et autres correspondances de F.S. Fitzgerald, première partie chroniquée, ICI.
10) Des livres et une Rolls (livres d’interviewes de F.S. Fitzgerald). Coup de coeur !

18 -Natacha de Marmelade de livres : challenge largement honoré !
1). Zelda de Jacques Tournier (chronique du 24.08.2011).
2). The Great Gatsby, (Chronique du 26 août 2011)
3). Lots of Love
4). La sorcière rousse (nouvelle) (chronique avril 2012)
5). Tout ce qui brille de Anna Godbersten, livre de 2012 mais qui se passe en 1929, avec ambiance « fitzgeraldienne », paraît-il !
6). Les heureux et les damnés et comme Natacha lit bien plus que moi de l’auteur elle a fait une page sur son blog, ICI.
7) Le dernier Nabab de F.Scott Fitzgerald
8) La ballade du rossignol roulant de F. Scott Fitzgerald
9) Super Zelda de Tiziana Lo Porto & Daniele Marotta
10) Paris est une fête d’Ernest Hemingway
11) The romantic Egoists de F. Scott et Zelda  Fitzgerald
12) La mort du papillon de Pietro Citati.

19 – Aymeline  de Arieste  : pas fini
1)  La Ballade du Rossignol roulant ;

20) Aircoba de La Dernière Phalange :* Hors concours car très antérieur mais à lire absolument si ce n’est déjà fait :
1) Gatsby Le Magnifique.
2) Tendre est la nuit, le 24/10/2011, magnifique aussi !

21) Sharon du blog de Sharon : Très bien honoré également !
1) La Vie à Deux de Dorothy Parker, ICI
2) Adios Hemingway de Leonardo Padura, ICI .
3) Paris est une Fête d’Ernest Hemingway, ICI.
4) Le dernier nabab de Francis S. Fitzgerald
5) Un légume (unique pièce de théâtre de l’auteur) de Francis S. Fitzgerald
6) Un recueil d’interviews de Francis Scott Fitzgerald, intitulé « Des livres et une Rolls »
7) Madame Hemingway de Paula McLain
8) Zelda de Michel Tournier

Les Logos de Natacha à votre disposition pour ce challenge, servez-vous si le coeur vous en dit !

fitzey-logo natacha-best-oneBon challenge  à tous !

Journal d’un louveteau garou – XV

a_loup_garou_4_pour_Nina_brrrCher journal,

on croit que la situation ne peut pas être plus périlleuse, et bien, on se trompe !

– T’exagères pas un peu ? intervint Valère, en train de manger de la compote de pommes.

Lui, au moins, n’aura pas besoin de se mettre au régime  parce qu’il croque tout ce qui bouge !

Bref, hier matin, nous avons tous été réunis dans la cours du pensionnat, et le CPE, qui paraissait remis de ces deux coups sur la tête successifs, nous a lu une lettre du principal intérimaire qui s’est mis en congé « d’onclernité ».

 Chers élèves,
comme vous le savez sans doute, je suis lycanthropologue de formation. Ma cousine, le capitaine Angelica Alpha Sud, va mettre au monde une portée de quatre louveteaux » (et là, on a tous eu les cheveux qui se sont dressés sur la tête), « il est donc indispensable que je sois à ses côtés, en tant que médecin, mais aussi en tant que soutien moral. Que ceux qui n’ont jamais donné le biberon et changé les couches d’une portée de louveteaux  soient les bienvenus s’ils souhaitent des travaux d’intérêts généraux à mon retour, dans une semaine ».

Gaël de Nanterry ». 

Depuis cette annonce, on se tient tous au garde-à-vous ou presque. Je me souviens trop bien comment mes petits frères étaient très légèrement pénibles – et ils étaient fils unique !

Sur ce, je te laisse, cher journal, cette annonce m’a épuisé

Anatole Sganou, 4e Bleu.

Ikebukuro West Gate Park, tome 2 d’Ira Ishida


Mon résumé :

Nous retrouvons, au cours de quatre enquêtes, Makoto, le solutionneur d’embrouilles officiel du quartier d’Ikebukuro. Toujours ami avec Le Singe, proche des yakusas, toujours vendeurs de fruits et légumes pour des salarymens, il écrit des chroniques dans un journal, mais surtout, il est toujours volontaires pour aider ce qui le lui demande – et même ceux dont il a croisé la route par hasard.

logo-challenge-c3a9crivains-japonaisMon avis :

Comme dans le premier volume, nous retrouvons Makoto au coeur de quatre récit. Si je devais trouver un point commun entre eux, ce serait l’impression de solitude qui s’en dégage – j’excepte peut-être « Un dieu vert pomme », récit qui m’a le moins touché en dépit de ses projets altruistes. Seul, le môme-compteur, différent des autres, incapable de rentrer dans le moule scolaire, avec un père yakusa, une mère présentatrice vedette, et un grand frère plus que velléitaire. Mis à part sa mère, puis Makoto, qui s’intéresse suffisamment à lui sans le faire souffrir ? Même solitude pour Kao, onze ans, maigre à faire peur, qui adore les livres mais est livrée à elle-même pendant que sa mère, si immature que je me suis demandée si elle n’était pas handicapée mentale, gagne leur vie en tant qu’objet de consommation comme un autre dans un bar. « Prostitution », oui, disons le mot, dans un quartier où la concurrence des étrangères et surtout de leur protecteur est rude. Quant à la nouvelle « Casseur d’os », tout est dans le titre. Je pourrai, en rédigeant cet avis, jouer sur la corde sensible en montrant à quel point les victimes – des sans domiciles fixes – sont vulnérables. Dans un pays où une centaine d’entre eux meurent tous les hivers (le chiffre m’a abasourdi), ils font tous preuve d’une rare dignité. Même quand certains jeunes, désoeuvrés, alcoolisés, les tabassent pour s’amuser le soir. Il serait faux de dire que la police est indifférente, c’est simplement qu’elle ne parvient pas à résoudre certains passages à tabac inexpliqués. C’est là que Makoto intervient.

Il intervient parce que, à moins qu’on ne lui ait demandé expressément (c’est bien d’être ami avec le chef des G-Boys), il est touché par le destin de chacun, et veut qu’il puisse le poursuivre sereinement, pas qu’il soit interrompu parce qu’un lâche ou un illuminé en a décidé autrement. Il n’est pas le seul à être capable d’altruisme, je vous rassure tout de suite, et il peut compter sur une alliée de choix, capable de faire plier par sa logique, son assurance et son sens de l’organisation les plus aguerris des gardes du corps. Je veux bien sûr parler de sa mère.  Les chiens ne font pas des chats.

Ce second recueil se termine sur la quête de plaisir et de musique qui réunit les jeunes. Il annonce le tome 3 : Rave d’une nuit d’été.

 

Cinq femmes et demi de Francisco Gonzalez Ledesma

couv30853599.gifPrésentation de l’éditeur :

Palmira Canadell est morte violée puis assassinée par trois voyous. Et Méndez n’a reçu pour mission que d’assister à son enterrement. Il fera davantage en partant explorer les petits cafés, les rues étroites, les appartements et les cours intérieures où se cachent les secrets de Barcelone. Le sang coule dans la cité catalane, et des ombres y planent aussi. Méndez observe que cinq femmes se réunissent dans un bar en vue d’un tournage publicitaire : certains trembleraient s’ils savaient la vérité. Tandis que, depuis la fenêtre de sa chambre, une autre femme découvre en son nouveau voisin un tueur chargé de l’assassiner.

100142514.to_resize_150x3000Mon avis :

Qu’est-ce qu’un auteur engagé ? Un auteur qui dénonce des faits dont personne ne parle, ou presque. Francisco Gonzalez Ledesma nous raconte Barcelone, pas la Barcelone huppée des beaux quartiers, non, la Barcelone laissé-pour-compte, celle des petites gens qui survivent malgré tout et à qui on ne rend pas justice.

D’ailleurs, comment définir la justice ? Ah, oui, elle est définissable à travers un très beau concept : la présomption d’innocence. Sa petite soeur se nomme « libération pour bonne conduite ». Les victimes n’ont pas de voix, elles sont mortes, ou elles se terrent par crainte des représailles de ce si charmant jeune homme qui a prouvé en prison qu’il avait changé.

Y aura-t-il une justice pour Palmyra ? Même après sa mort, cette jeune femme force l’admiration. Toute sa vie, elle a su tenir tête à l’adversité, et aux hommes qui ne la voyaient que comme un morceau de chair. Trois agresseurs l’ont violé, et tué. Qu’elle se soit défendue, et pas qu’un peu, est bien à son image. Mais ils l’ont tuée. Ne restent en vie que sa mère, et Emma, sa soeur jumelle, aussi douce que sa soeur était combattive. Une seconde victime en puissance pour des violeurs et meurtriers qui, en plus de la terroriser, l’ajouteraient bien sans scrupule à leur tableau de chasse.

Mais Mendez est là. Et d’autres hommes aussi, qui semblent de prime abord peu recommandables. Il ne s’agit pas « de ne pas se fier aux apparences, ou à la réputation, mais de se dire que, parfois, certaines personnes peuvent faire de bonnes actions. Pas les trois violeurs, non, ni remords, ni regrêts, si ce n’est que cela n’ait pas duré plus longtemps. Pas Oscar non plus, charmant individu, riche, sans scrupules, et a envie d’assouvir toutes ses envies. Il n’est pas très éloigné des agresseurs de Palmyra, il possède l’argent et la puissance qui lui permettent, croit-il, d’asservir toutes les femmes qu’il désire. Croit-il.

Les cinq femmes et demi du titre, et d’autres figures tutélaires encore, feront tout pour se sortir de la mauvaise passe où elles sont, par la force des choses, par la conjecture, par un veuvage qui les a laissées plus démunies que prévu, le front haut et la dignité intacte. L’union fait la force.

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Du sang sur la Baltique de Viveca Sten

couv66901334Présentation de l’éditeur :

Une charmante petite île où l’été bat son plein.
Au départ d’une régate, le meurtre sanglant d’un homme controversé.
Une course contre la montre au cœur d’une enquête saisissante.
Oscar Julander n’était pas un ange… Maîtresse bafouée, concurrent jaloux ou victime de ses malversations financières, la liste des suspects de son meurtre s’allonge au fur et à mesure que l’enquête progresse.

Mon avis :

Sommes-nous en 2015 ? Oui ? Merci, je me sens mieux, parce qu’après la lecture de ce roman, je me suis dit que j’avais dû commettre une erreur quelque part, ou bien que la société suédoise est bien plus arriérée que la société française.

Prenez le personnage de Nora. Qu’elle est gentille, non, vraiment. Elle est entièrement soumise à son mari. Devant lui, elle se comporte (et le dit elle-même) comme une gamine de sept ans. Il n’est pas question pour elle de se disputer avec lui, elle se plie à ce qu’il désire, même si elle est totalement opposée à ce qu’il veut lui imposer. Il lui parle parfois (juste retour des choses) comme à une gamine mal élevée de sept ans. Heureusement, ils ont une sexualité épanouie, et surtout, deux enfants. Pour eux, Nora tient. Ils ne doivent rien savoir, il faut qu’elle leur donne d’elle et de leur père une image irréprochable. Vous avez dit : « bourgeoisie » ? Bien sûr, elle rêve du jour où leur père devra leur rendre des comptes pour ce qu’il a fait. Ah, bon ? Et leur rendre des comptes pour son hypocrisie, pour s’être cachée (un temps) derrière ses fils, elle y a pensé ? Ses fils ne sont pas là pour régler ses problèmes à sa place ! Je vous rassure cependant : telle Erika, l’héroïne de Camilla Lackberg, elle est une auxiliaire indispensable à l’enquête (presque à sa fin, d’ailleurs) puisqu’elle découvre, grâce à ses efforts, un élément essentiel pour la faire progresser. Que ferait la police sans elle ?

Je vous rassure : elle avance, la police, dans un milieu aisé, bourgeois, où l’on sauve les apparences. Si je saute les chapitres consacrés à la vie privée de Nora, je ne l’ai pas trouvé désagréable à suivre, cette enquête, je l’ai même trouvé passionnante. Mais il faut la lire très vite, pour ne pas se dire : « mais, ce policier, ce Thomas, il pourrait être extrêmement humain, il pourrait y avoir de l’Erlendur en lui – à condition de bien chercher, et d’oublier qu’il se comporte comme un gros macho avec la jeune femme, de quinze ans sa cadette, qui est éperdument amoureuse de lui! ». Le milieu est celui de la bourgeoisie aisée, plus qu’aisée, où il faut plus que tout sauver les apparences. Le mot « divorce » n’est même pas prononçable, les liaisons s’accumulent, s’entassent, en toute discrétion, d’un côté comme de l’autre. Cela fait partie de la vie, en Suède comme ailleurs. Je ne vois pas de grandes différences avec la haute bourgeoisie française telle que la montrait Simenon, cinquante ans plus tôt. Je ne vois pas non plus en quoi le dénouement l’était, j’ai eu l’impression d’avoir déjà vu très souvent cette « configuration », y compris dans des séries télévisées diffusées le dimanche soir sur France 3.

Du sang sur la Baltique est à lire par curiosité, mais ce n’est pas le meilleur des polars suédois.