Cinq femmes et demi de Francisco Gonzalez Ledesma

couv30853599.gifPrésentation de l’éditeur :

Palmira Canadell est morte violée puis assassinée par trois voyous. Et Méndez n’a reçu pour mission que d’assister à son enterrement. Il fera davantage en partant explorer les petits cafés, les rues étroites, les appartements et les cours intérieures où se cachent les secrets de Barcelone. Le sang coule dans la cité catalane, et des ombres y planent aussi. Méndez observe que cinq femmes se réunissent dans un bar en vue d’un tournage publicitaire : certains trembleraient s’ils savaient la vérité. Tandis que, depuis la fenêtre de sa chambre, une autre femme découvre en son nouveau voisin un tueur chargé de l’assassiner.

100142514.to_resize_150x3000Mon avis :

Qu’est-ce qu’un auteur engagé ? Un auteur qui dénonce des faits dont personne ne parle, ou presque. Francisco Gonzalez Ledesma nous raconte Barcelone, pas la Barcelone huppée des beaux quartiers, non, la Barcelone laissé-pour-compte, celle des petites gens qui survivent malgré tout et à qui on ne rend pas justice.

D’ailleurs, comment définir la justice ? Ah, oui, elle est définissable à travers un très beau concept : la présomption d’innocence. Sa petite soeur se nomme « libération pour bonne conduite ». Les victimes n’ont pas de voix, elles sont mortes, ou elles se terrent par crainte des représailles de ce si charmant jeune homme qui a prouvé en prison qu’il avait changé.

Y aura-t-il une justice pour Palmyra ? Même après sa mort, cette jeune femme force l’admiration. Toute sa vie, elle a su tenir tête à l’adversité, et aux hommes qui ne la voyaient que comme un morceau de chair. Trois agresseurs l’ont violé, et tué. Qu’elle se soit défendue, et pas qu’un peu, est bien à son image. Mais ils l’ont tuée. Ne restent en vie que sa mère, et Emma, sa soeur jumelle, aussi douce que sa soeur était combattive. Une seconde victime en puissance pour des violeurs et meurtriers qui, en plus de la terroriser, l’ajouteraient bien sans scrupule à leur tableau de chasse.

Mais Mendez est là. Et d’autres hommes aussi, qui semblent de prime abord peu recommandables. Il ne s’agit pas « de ne pas se fier aux apparences, ou à la réputation, mais de se dire que, parfois, certaines personnes peuvent faire de bonnes actions. Pas les trois violeurs, non, ni remords, ni regrêts, si ce n’est que cela n’ait pas duré plus longtemps. Pas Oscar non plus, charmant individu, riche, sans scrupules, et a envie d’assouvir toutes ses envies. Il n’est pas très éloigné des agresseurs de Palmyra, il possède l’argent et la puissance qui lui permettent, croit-il, d’asservir toutes les femmes qu’il désire. Croit-il.

Les cinq femmes et demi du titre, et d’autres figures tutélaires encore, feront tout pour se sortir de la mauvaise passe où elles sont, par la force des choses, par la conjecture, par un veuvage qui les a laissées plus démunies que prévu, le front haut et la dignité intacte. L’union fait la force.

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15 réflexions sur “Cinq femmes et demi de Francisco Gonzalez Ledesma

    • Oui, c’est vraiment très glauque – et la couverture originale l’est plus encore, j’ai préféré prendre celle des éditions Points.
      Le péché ou quelque chose d’approchant, lu mais jamais chroniqué, est plus glauque encore, mais j’ai une vraie tendresse pour le personnage de Mendez, flic totalement atypique.

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