Archive | 14 février 2015

Du sang sur la Baltique de Viveca Sten

couv66901334Présentation de l’éditeur :

Une charmante petite île où l’été bat son plein.
Au départ d’une régate, le meurtre sanglant d’un homme controversé.
Une course contre la montre au cœur d’une enquête saisissante.
Oscar Julander n’était pas un ange… Maîtresse bafouée, concurrent jaloux ou victime de ses malversations financières, la liste des suspects de son meurtre s’allonge au fur et à mesure que l’enquête progresse.

Mon avis :

Sommes-nous en 2015 ? Oui ? Merci, je me sens mieux, parce qu’après la lecture de ce roman, je me suis dit que j’avais dû commettre une erreur quelque part, ou bien que la société suédoise est bien plus arriérée que la société française.

Prenez le personnage de Nora. Qu’elle est gentille, non, vraiment. Elle est entièrement soumise à son mari. Devant lui, elle se comporte (et le dit elle-même) comme une gamine de sept ans. Il n’est pas question pour elle de se disputer avec lui, elle se plie à ce qu’il désire, même si elle est totalement opposée à ce qu’il veut lui imposer. Il lui parle parfois (juste retour des choses) comme à une gamine mal élevée de sept ans. Heureusement, ils ont une sexualité épanouie, et surtout, deux enfants. Pour eux, Nora tient. Ils ne doivent rien savoir, il faut qu’elle leur donne d’elle et de leur père une image irréprochable. Vous avez dit : « bourgeoisie » ? Bien sûr, elle rêve du jour où leur père devra leur rendre des comptes pour ce qu’il a fait. Ah, bon ? Et leur rendre des comptes pour son hypocrisie, pour s’être cachée (un temps) derrière ses fils, elle y a pensé ? Ses fils ne sont pas là pour régler ses problèmes à sa place ! Je vous rassure cependant : telle Erika, l’héroïne de Camilla Lackberg, elle est une auxiliaire indispensable à l’enquête (presque à sa fin, d’ailleurs) puisqu’elle découvre, grâce à ses efforts, un élément essentiel pour la faire progresser. Que ferait la police sans elle ?

Je vous rassure : elle avance, la police, dans un milieu aisé, bourgeois, où l’on sauve les apparences. Si je saute les chapitres consacrés à la vie privée de Nora, je ne l’ai pas trouvé désagréable à suivre, cette enquête, je l’ai même trouvé passionnante. Mais il faut la lire très vite, pour ne pas se dire : « mais, ce policier, ce Thomas, il pourrait être extrêmement humain, il pourrait y avoir de l’Erlendur en lui – à condition de bien chercher, et d’oublier qu’il se comporte comme un gros macho avec la jeune femme, de quinze ans sa cadette, qui est éperdument amoureuse de lui! ». Le milieu est celui de la bourgeoisie aisée, plus qu’aisée, où il faut plus que tout sauver les apparences. Le mot « divorce » n’est même pas prononçable, les liaisons s’accumulent, s’entassent, en toute discrétion, d’un côté comme de l’autre. Cela fait partie de la vie, en Suède comme ailleurs. Je ne vois pas de grandes différences avec la haute bourgeoisie française telle que la montrait Simenon, cinquante ans plus tôt. Je ne vois pas non plus en quoi le dénouement l’était, j’ai eu l’impression d’avoir déjà vu très souvent cette « configuration », y compris dans des séries télévisées diffusées le dimanche soir sur France 3.

Du sang sur la Baltique est à lire par curiosité, mais ce n’est pas le meilleur des polars suédois.