Archive | 5 février 2015

Une main encombrante d’Henning Mankell

couv898323Mon résumé :

Kurt Wallander aspire à la tranquilité : une maison, un chien. Un de ses collègues lui propose de visiter une maison de famille, qu’il doit mettre en vente. Celle-ci plaît beaucoup à Wallander, jusqu’à ce qu’il ressente une impression bizarre en visitant le jardin. Il y retourne, et découvre ce qui l’avait dérangé : une main sort de terre. Qui est enterré dans le jardin, et depuis quand ?

Mon avis :

Lire ce court roman – ou cette longue nouvelle, comme vous voulez – m’a donné envie de retrouver plus avant Kurt Wallander, héros d’Henning Mankell. J’ai passé un excellent moment en sa compagnie, et j’ai vraiment envie de renouveler très vite l’expérience.
Le rythme du récit peut sembler lent. Il ne l’est que parce que le récit respecte les procédures d’une enquête, ses errances, ses difficultés aussi. Wallander et la police d’Ystad n’est pas tenu de resoudre ce meurtre en quarante minutes chrono, trop de données entre en ligne de compte.

Déjà, la police a bien d’autres affaires à résoudre, et il est impossible de mobiliser des moyens pour ce « cold case ». En France, d’ailleurs, je me demande s’il n’y aurait pas tout simplement prescription, pour un meurtre qui aurait lieu un demi-siècle plus tôt – réponse à trouver auprès d’un spécialiste du droit, ce que je ne suis pas. Il faut vraiment l’acharnement et la bonne volonté de ces hommes, le travail méticuleux des légistes, et un grand sens de l’observation pour que des éléments nouveaux surgissent.

En fait, cette nouvelle est presque un exercice de style, puisque l’on a bien un corps, mais aucune identité. Restaurer l’humanité dont a été privée la victime est la première chose que Wallander veut faire pour elle, et je ne soulignerai jamais assez ce qui distingue ces polars à dimension humaine des thrillers. Il pose également une question essentielle : quelle vide laisse la victime derrière elle, après sa disparition ? Plus que la mort, n’est-il pas effrayant qu’elle ne manque à personne ?

Autre passage obligé : les interrogatoires, et là, Mankell nous montre toute la gamme, de déception en contresens, de vérités qui mettent l’enquête dans une impasse en mensonges qui la font progresser. Enquête « à l’ancienne » aussi, puisque les bons vieux registres d’état civil et les archives des journaux ont tout à fait leur place dans une enquête qui remonte à une époque où certains des enquêteurs n’étaient pas nés.

Une main encombrante, ou un vrai plaisir de lecture pour les fans de polar.

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