La guerre d’hiver de Philip Teir

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Présentation de l’éditeur :

À presque soixante ans, c’est l’heure du bilan pour Max Paul. Après avoir connu la célébrité dans les années 1990 lors de la parution de son étude sur la vie sexuelle des Finlandais, le professeur de sociologie a l’impression d’être un has-been qui n’arrive plus à écrire.
Sa vie familiale lui donne tout autant de soucis, entre sa femme, Katriina, éternelle insatisfaite qui cherche à tout régenter, et ses filles, l’aînée Helen, enseignante passablement lassée, maman un peu dépassée, et la cadette Eva, étudiante en art rêveuse et désinvolte, plongée en pleine crise existentielle.
Reste la jeune et jolie Laura, son ancienne élève venue l’interviewer à l’occasion de son anniversaire, dont la présence n’est pas pour lui déplaire, mais qui pourrait bien semer la zizanie.

150113081711974778Défis Premier roman

Mon avis :

Ne jamais commencer un livre quand l’on est souffrant, ja-mais, à moins que ce ne soit un livre-doudou, un auteur-chouchou, et non un premier roman. Après l’avoir commencé (malade, donc), et avoir éprouvé des difficultés à le lire, je l’ai reposé, l’a repris, et n’ai plus du tout perçu ce qui me gênait initialement.

Je connaissais la « guerre d’hiver » qui donne son nom au titre grâce au Géomètre d’Arto Paasilina, guerre qui opposa finlandais et russe, et n’eut pas de perdant, dit-on. Aussi, la « guerre » qui oppose les deux époux ne donne pas lieu à de violentes scènes de ménage avec bris de glace et de vaisselles, pas de coups bas, de volonté d’attirer les enfants dans l’un et l’autre camp. Non, c’est à une guerre bien plus feutrée que se livrent les deux protagonistes. D’ailleurs, pour être plus précise, je ne crois pas que Max Paul ait l’impression d’être en guerre contre Katriina. Il n’a même pas conscience, lui le sociologue bombardé spécialiste de la sexualité, des causes des reproches que lui adresse sa femme. Et oui : on peut détester une personne pour les mêmes raisons qui l’ont fait aimer trente ans plus tôt. On peut aussi ne plus se comprendre parce que l’on ne communique plus – ou mal.

Le roman se livre à une analyse très minutieuse du couple, des personnalités, à chacun des âges de la vie. Il est fascinant de voir à quel point certains s’en tiennent aux apparences, croient bien connaître ceux qui les entourent et se fourvoient complètement. Comme le fait aussi, de tout donner pour que leurs enfants s’épanouissent, ne leur permettent pas de se réaliser aussi bien que leurs parents le croient ou le pensent. Ce ne sont pas les grandes erreurs et les grosses incompréhensions qui provoquent les crises. Non, ce sont les petites failles, les petits glissements, les minces erreurs de compréhensions qui entraînent des catastrophes. Les petits lâchetés du quotidien, également : ne pas voir ce qui est important pour l’autre – encore faut-il que l’autre veuille bien le partager.

Qu’est-ce qu’un couple, finalement ? La vision qui nous est donné dans ce roman n’est pas rose, non, elle nous questionne, simplement. Serait-ce deux personnes qui renoncent à leur individualité pour ne faire plus qu’un, dans le but d’avoir deux enfants ? Serait-ce une association de biens communs, que l’on se dispute en cas de séparation, quitte à exiger ce que l’autre aime le plus, afin de l’en priver ? Quel part tient l’amour dans le couple, et la sexualité ?

Il nous parle aussi du temps qui passe, et de ses effets sur le couple, de sa naissance, quasiment sous nos yeux pour Eva, la plus jeune des filles, à son explosion pour ses parents, où l’un découvre qu’il aime encore alors que l’autre ne le supporte plus, en passant par le couple avec enfants – si tant est que la parentalité n’a pas effacé la partie « couple » de l’équation.

Pauvre Max, finalement, qui est un mari dépassé, un fils qui croit prendre soin de sa mère, un père qui connaît très mal ses filles, et un grand-père qui peine à endosser ce rôle. Katriina paraît bien plus à l’aise – il faut dire que rien ne semble capable de la mettre mal à l’aise bien longtemps, elle dont le franc parler peut indisposer. Même si l’action est bien ancrée dans la société finlandaise – et le livre de nous rappeler que la Finlande est un pays jeune, je pense que cette histoire de couples qui se nouent et se dénouent pourraient prendre place dans d’autres pays, tant les sentiments éprouvés sont universels. D’ailleurs, la Finlande n’est pas un pays fermé, et ce qu’Eva vit à Londres au cours de ses études, les infirmières que Katriina part recruter aux Philippines, nous rappelle que la mondialisation n’est pas un concept, mais une réalité.

La guerre d’hiver est un premier roman maîtrisé et très agréable à lire.

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13 réflexions sur “La guerre d’hiver de Philip Teir

  1. J’avais lu une bonne critique presse de ce roman. En commençant la lecture de ta chronique, je pensais que tu avais été déçue. Mais finalement, cela ne semble pas si mal, même si le sujet reste un peu facile.

  2. Vie de couple, un univers complexe! Et découvrir un auteur finlandais autre qu’Arto Paasilinna est une bonne idée! Merci pour cette participation au défi et à bientôt!

  3. j’ai lu ce livre dans le cadre du prix cultura rentrée 2015 mais pas trop accroché.. je ne l’ai pas blogué. Je n’ai rien ressenti pour les personnages je crois que c’est ce qui m’a bloquée

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