Au-delà des mots de Maya Banks

couv16965443Présentation de l’éditeur :

Eveline Armstrong est férocement aimée et protégée par son clan, bien qu’à l’extérieur de celui-ci, on la considère un peu « dérangée ». Car malgré sa beauté, elle ne parle pas. Personne, pas même sa famille, ne sait qu’elle ne peut rien entendre. Satisfaite de sa vie de recluse, Eveline a appris à lire sur les lèvres tandis que le monde la prend pour une idiote. Mais quand un mariage arrangé avec un clan rival fait de Graeme Montgomery son époux, Eveline accepte son devoir. Graeme est un rude guerrier avec une voix si grave et puissante que sa nouvelle épouse est capable de la percevoir, et des mains et baisers si tendres qu’il éveille en elle une passion intense.

challenge3Circonstance de lecture :

Ce livre m’a été proposé par Melymelo dans le cadre du challenge Livr’adeux pour pal’addict. Comme pour la dernière session, j’ai choisi la romance écossaise parmi les livres tirés de ma PAL. Je ne dis pas que je ne lirai pas les deux autres livres qu’elle m’a choisis, puisque, pour l’un d’entre eux, c’est déjà la troisième fois qu’il est sélectionné.

Mon avis :

Ce livre est une romance, certes, il est pourtant réducteur de penser qu’il n’est qu’une histoire d’amour entre un fier highlander et une jeune lady.

Tout ne commence d’ailleurs pas par une histoire d’amour, mais par un mariage arrangé par le roi d’Ecosse en personne, qui en a plus qu’assez de voir deux clans rivaux se disputer. Quitte à se battre, battez-vous pour votre roi ! Rien de mieux qu’un mariage pour les réunir. Deux fils et une fille d’un côté, trois fils et une fille de l’autre, tout semble donc facile, si ce n’est que Rorie Montgomery est un peu jeune pour être mariée (certains ne s’y seraient pourtant pas arrêté là, à une époque où l’on mariait les filles dès l’âge de 13 ans) et qu’Evelyne Armstrong est un tout petit peu différente. C’est à dire ??? C’est à dire qu’elle a gardé des séquelles d’une chute de cheval survenue trois ans plus tôt, alors qu’elle était sur le point de s’unir avec le fils d’un autre laird, Ian McHugh. Celui-ci en a profité pour rompre les fiançailles. Graeme Montgomery, lui, ne peut se le permettre : on ne désobéit pas à son roi, à moins de vouloir la guerre, même si cela signifie ne pas avoir d’héritier. En effet, Graeme ne veut pas s’imposer à une jeune fille qui ne comprendrait pas ce qui lui arrive – et l’histoire, la grande et la petite, est pleine d’hommes qui n’ont pas eu la même délicatesse.

Très vite, pourtant, Graeme découvre qu’Evelyne n’est pas attardée, elle est juste sourde, ce qui, aux yeux de Graeme, n’est pas si grave que cela. Muette aussi, simplement parce que la jeune fille ne s’entendant plus parler, elle craint de ne plus y parvenir, encore moins de parvenir à doser sa voix. Pourquoi n’a-t-elle pas tout révélé à sa famille, qui tient à elle ? Elle avait de bonnes raisons pour agir ainsi, et le cours du récit montrera assez qu’elle n’avait pas tort de se protéger – puis, personne n’a émis l’hypothèse, dans le clan Armstrong, qu’elle pouvait simplement être sourde.

« Simplement » – mais ce n’est pas si simple que cela. En France, il faut attendre l’abbé de l’Epée, qui mourut en 1789 (et ne reçut d’aide du roi Louis XVI que l’année de sa mort) pour qu’on se préoccupe de véritablement communiquer avec les sourds, de les rééduquer. Et si j’en crois le livre de Véronique Poulain, Les mots qu’on ne me dit pas, hors de Paris, point de salut pour les sourds qui souhaitaient poursuivre des études avant 1981 (et encore, très peu de voies professionnelles leur étaient ouverte. Alors, dans les Highlands, alors que la plupart des guerriers ne savent ni lire ni écrire…. Evelyne n’étant pas sourde de naissance (et n’étant pas sourde profonde non plus, elle perçoit encore certains sons) est parvenue à apprendre à lire sur les lèvres. Il sera presque aussi difficile pour elle de se faire accepter par son nouveau clan, qui n’a aucune, mais alors aucune envie d’accepter la fille de l’ennemi parmi eux.

Tout au long du récit, Graeme définit et redéfinit ce que constitue la loyauté envers le clan, n’hésitant pas à prendre des mesures extrêmes (avec l’approbation de ses frères et des anciens) pour faire respecter ce qu’il estime juste – et ce que tous devraient estimer être juste, d’ailleurs. Ce premier volume de la nouvelle trilogie de Maya Banks apporte son lot de péripétie, de rebondissement, de trahison, qui devrait ravir les amateurs du genre tout en abordant d’autres sujets plus dérangeants.

Challenge Ecosse 02

Publicités

12 réflexions sur “Au-delà des mots de Maya Banks

  1. Ton billet est passionnant ! Il est beaucoup question de surdité en ce moment (cinéma, livres) et si j’osais, je dirais « il était temps »… Même si dans le cas présent la demoiselle n’est pas sourde profonde et si ce n’est pas le sujet principal… En Ecosse, rhaaa, tu me ferais presque envie ! 😆

    • Merci Asphodèle ! Dans le cas présent, l’auteur dédie ce livre à son mari : sa surdité n’a été détectée que tardivement, et il a dû trouver des moyens de compenser tout au long de sa scolarité.
      Elle entend tout de même fort peu de sons, elle a la chance d’avoir entendu, mais à ce moment du récit, elle dit bien que sa mémoire des sons commencent à l’abandonner.
      Je suis en train de lire le tome 2, qui est la suite immédiate de ce récit.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s