Archive | décembre 2014

Le bal des louveteaux – préparation.

– Je ne la sens pas cette soirée ! s’était exclamé le CPE.

– Rassurez-vous, tout se passera bien, répondit Gaël de Nanterry, directeur du pensionnat et neveu de l’alpha de la meute du Sud, j’ai pris quelques précautions élémentaires.

– Ah, bon ?

L’avantage d’avoir un directeur qui a grandi dans une meute, dont la maman est médecin spécialisée dans la lycanthropie et qui est lui-même lycanthropologue et vampirologue, c’est que l’on évite des catastrophes.

-C’est à dire ? reprit le CPE.

Gaël de Nanterry énuméra quelques précautions :

– pas de sapin dans la salle de bal ! En cas de crise, des louveteaux peureux pourraient grimper dedans, et bonjour la chute.

– pas de chaise en bois, pas de table en bois, pas d’estrade en bois : si les choses dégénèrent (et un bal des louveteaux sans dispute n’est possible que dans une crèche, et encore), tout ce qui est en bois sera immédiatement mordu, cassé, brisé, au mieux, ou sera utilisé comme armes. Reste le parquet, mais en trente ans de bal, Gaël n’avait jamais vu de garous arracher le parquet. Que du plastique : difficile à casser, à mordre, le goût n’est pas terrible, et puis… Entendre votre adversaire dire : « même pas mal », c’est rageant.

– Pas d’orchestre. En cas de réconciliation (et elle survient assez vite), tous sont pourtant d’accord pour dire que si les musiciens avaient été meilleurs, avaient joué des morceaux plus lupins… la bagarre n’aurait pas eu lieu ! L’orchestre a alors intérêt à courir très vite.

– Mais, reprit le CPE.. Qui passera de la musique ?

– L’ancien alpha de la meute du Nord. Il a beau avoir pris sa retraite depuis plus de quinze ans… Il impressionne toujours autant. Et il en a déjà maté de très coriaces. Je me rappelle d’un bal où deux loups s’étaient violemment empoignés, au point de casser… trois fenêtres avant d’être séparés par ses soins et envoyés dans le décor. Il a promis d’être très gentil avec les louveteaux – il sera secondé par monsieur Trukenski.

Le CPE se sentit un peu rassuré… à l’idée de ne pas assurer le service d’ordre.

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Meurtres au palais de Magdalen Nabb

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Résumé :

L’adjudant Guarnaccia assiste à la fête du Calcio Storico de Florence, lorsqu’il est entraîné par un étrange personnage jusqu’à une porte menant dans la tour d’un palais. Dans l’une des salles gît le cadavre de son maître, l’époux de la célèbre marquise Ulderighi. Suicide ? Meurtre ? Ou simple accident ? Tous les occupants de la noble demeure, la marquise en tête, aspirent à une conclusion rapide de l’enquête et notre adjudant aurait tout intérêt à valider la thèse de l’accident. Mais l’atmosphère pesante des lieux et la personnalité de ses habitants attirent vite les soupçons de Guarnaccia. Car même s’il risque sa carrière en l’affirmant, il est convaincu que le palais séculaire a été le théâtre d’un acte criminel.

Mon avis

Il n’est crime plus difficile à résoudre que celui sur lequel personne ne veut que l’on enquête. Le mari de madame la marquise est mort ? Et bien soit ! Que vient donc faire la police dans cette affaire ? La marquise est la dernière descendante d’une des meilleures et des plus anciennes familles de la ville. On dit même qu’elle serait victime d’une malédiction, le palais serait hanté ! Ce n’est pas que la marquise vit au moyen-âge et pense encore que la police est à ses ordres, comme ses domestiques, non, la marquise vit hors du temps et n’a que faire des sordides contingences actuelles.
Et Guarnaccia ? Il sent la tragédie, et veut aller au delà des apparences. Des années, à vivre, à enquêter à Florence lui ont permis d’acquérir le doigté nécessaire pour savoir comment enquêter – en toute discrétion. Comment savoir aussi quand il faut se taire. Certains morts méritent de reposer en paix.
Meurtre au palais est un huis-clos tragique, où raison et folie se cotoient.

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Love stage de Mikiyo Studa

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Présentation de l’éditeur :

Sena Izuma est le dernier né d’une famille composée uniquement de personnes célèbres et talentueuses. Malheureusement pour lui, il est loin de respecter la norme familiale. Sena est un Otaku fan de «Magical Girl LalaLulu» et ne rêve que d’une chose : devenir un mangaka ! Cependant, un jour, il finit par apparaître malgré lui dans une publicité. Ne pouvant refuser, cette expérience restera un très mauvais souvenir pour lui. Dix ans plus tard, Sena voit son passé refaire surface quand il retrouve Ichijou Ryouma, un jeune acteur très populaire, avec qui il avait tourné LA fameuse publicité …

Merci à Babelio et aux éditions Taifu comics pour ce partenariat.

Mon avis :

Que signifie « être normal » ? Izumi, le héros de ce yaoi, considère qu’il est le seul membre de sa famille à l’être, parce qu’il n’est pas un artiste. Mais si l’on admet qu’être « normal » signifie « qui n’a rien d’exceptionnel » ou « qui est conforme au plus habituel », Sena, qui refuse de devenir acteur, ou chanteur comme tous les autres membres de sa famille, est-il réellement normal, à leurs yeux et à ceux (munis de lunettes) de Rei Sagara, qui gère la maison de production de la famille ? D’ailleurs, il souhaite pratiquer un métier artistique, puisqu’il veut devenir mangaka. Premier  problème (et de taille) : il ne dessine pas très bien. Second problème : ses parents, son frère aîné aiment beaucoup Izumi et ne veulent surtout pas qu’il devienne un otaku, un de ses adolescents qui passent ses journées (et ses nuits) enfermés dans sa chambre, à lire des mangas, à jouer à des jeux video, bref, à être totalement coupés du monde. Ils ne veulent que le bien du petit dernier, et n’ont pas renoncé à en faire un artiste.

Vous me direz, pour l’instant, on n’est pas vraiment dans le yaoi. Je vous rassure, on y vient. En effet, à la liste des problèmes que rencontre Izumi, s’en rajoute un autre : il a tourné dans une publicité dix ans plus tôt, grimé en fille. Nécessité fait loi : on n’avait que lui sous la main, et il a parfaitement fait l’affaire. A l’heure actuel, le gentil garçon qui lui tenait la main dans la publicité est devenu adulte, il est célèbre et il veut bien tourner une nouvelle publicité… avec sa partenaire de l’époque. Et c’est là que tout se gâte… ou presque.

Et oui, l’intrigue n’est pas si simple, parce que les personnages ne le sont pas. Comment admettre que la fille dont on est amoureux est en fait un garçon ? Et une fois qu’on l’a admis, que faire ? Renoncer ou accepter ? Et le garçon-fille (pour emprunter le terme à une chanson d’Indochine), comment réagit-il ? Le graphisme qui le définit montre sa jeunesse, son immaturité aussi, lui qui ne peut se passer de ses doudous, et se demande bien ce qui lui arrive. Mine de rien, sa famille le surprotège et l’expose à la fois, tout en devant faire face aux conséquences. D’ailleurs, par un procédé de mise en abîme pas si inattendu que cela, Izumi se voit comme un personnage de BL (Boy’s Love, soit une catégorie de Yaoi).

Ce premier tome pose beaucoup de question sur la place au sein de la famille, sur le fait de grandir, de s’accepter (ou pas) et d’accepter aussi le regard des autres sur vous. Bâti sur un quiproquo, l’intrigue est plus intéressante, plus profonde qu’elle n’y paraît et marque pour moi un retour à la lecture des mangas.

Journal d’un louveteau garou – X

Cher journal

C’est la veille de Noël, je ne t’apprends rien.

Surtout, c’est la veille du bal des louveteaux. Le constat est simple : Mathieu et moi, en dépit d’un entraînement acharné, nous valsons aussi mal qu’au premier jour. Et comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, nous avons une épidémie au pensionnat, une épidémie de quoi ? Une épidémie de puces ! Heureusement, les poux nous sont épargnés – la condition de garou a tout de même du bon.

Nous sommes fins prêts pour accueillir le père Noël. Comme tous les ans, nous espérons qu’il court vite. Je sais de source sûre qu’un copain de mon petit frère Valère a commandé un bâillon. Très bonne idée. J’espère qu’il saura en faire un bon usage.

Sur ce, journal, je te laisse, je vais méditer jusqu’à ce soir, avec l’aide de quelques macarons.

Anatole Sganou, 4e Bleu. IMG_2364

 

Debout dans la tombe d’un autre de Ian Rankin

deboutMon résumé :

L’inspecteur John Rébus est officiellement à la retraire depuis Exit music. Il n’a pourtant pas décroché totalement puisqu’il travaille, en tant que civil, au service des Cold case. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il s’ennuyait ferme… jusqu’à ce qu’une certaine Nina le contacte. Ce n’est pas lui qu’elle cherchait à joindre, mais son prédécesseur, Margrath. Sa fille unique, Sally, a disparu depuis treize ans. D’autres jeunes filles, depuis, ont disparu de façon similaire. Un tueur en série rôderait-il en Ecosse ?

Mon avis (spoiler sur Exit music) :

Que deviennent les policiers après leur retraite ? Georges Simenon et Agatha Christie y ont répondu, chacun à leur manière. Dans les séries télévisées françaises, les héros ont la gentillesse et l’imprudence de mourir bien avant d’avoir cotisé suffisamment pour faire valoir leur droit à la retraite. Rébus, lui, y est parvenu, avec beaucoup de fatigue et de kilos en trop. Il est un homme du passé : ses méthodes n’ont plus cours, pour ne pas dire qu’elles sont prohibées. Les réseaux internet ont remplacés les réseaux qui avaient pu se nouer dans la rue ou dans les pubs. Peut-il encore résoudre une enquête ? Sincèrement, doutez-vous de la réponse ?

Autant vous le dire, il n’a pas changé de méthodes, et cela peut sembler suspect, surtout à cet inspecteur des plaintes qui ne rêve que d’une chose : épingler Rébus qui a fait la grosse erreur de demander sa réintégration ! Il est même devenu proche de Cafferty, l’ex caïd écossais (pour « ex », il faut le dire vite, vous vous en doutez). Après tout, sans l’acharnement de Rébus à « ne pas vouloir que cela se termine ainsi », Cafferty aurait certainement succombé à la fin d’Exit Music !

Rebus motive ses collègues, qui ne l’étaient pas vraiment, se déplace, use de passe-droit qu’il n’a plus vraiment, et remue dangereusement la vase, la boue, la bouillasse, bref, tout ce qui ne demandait surtout pas à être remué. « Il n’y a que deux équipes… eux et nous », lui avait-on dit au début de sa carrière (cf Exit music). Ceux qui lui ont succédé pensent exactement la même chose, et il est bon, parfois, de préserver la dignité des enquêteurs. Rebus pense avant tout à ce que méritent les victimes. Il est définitivement de leurs côtés, et tant pis si pour cela, il n’est pas du côté des soi-disant « bons ».

Bien sûr, je pourrai vous parler aussi de l’amour de Rébus pour la musique, du titre, particulièrement bien choisi, du roman, ou du fait que l’auteur n’oublie pas le passé de ses personnages, contrairement à d’autres auteurs qui feraient bien de se relire de temps en temps. Il n’oublie pas non plus de présenter l’Ecosse telle qu’elle est, non telle que les guides touristiques la présentent, même si les légendes rejoignent parfois, étrangement la réalité. Je vous dirai simplement que ce roman est excellent, et qu’il est à lire pour tous les fans de John Rebus et de son auteur.

100142514.to_resize_150x3000challengerl2014challenge-anglaisChallenge Ecosse 02

L’ogre au pull vert moutarde de Marion Brunet

IMG_1702Présentation de l’éditeur :

Abdou et Yoan vivent dans un foyer pour enfants.
Oui, ces enfants dont personne ne veut… ceux qui n’ont « pas d’avenir », comme le répète l’horrible Directeur du foyer. Heureusement, les deux copains ont de la ressources; et quand ils découvrent que le nouveau veilleur de nuit, ce bonhomme énorme, très très costaud et très très laid, est un OGRE, ils ripostent. Pas question de se laisser croquer comme des cookies !
Et puis, au fait : qui sait si cet ogre n’a pas quelques points communs avec eux ?

Mon avis :

Ce livre est-il drôle ? Non, pas vraiment. Ce livre est-il réussi ? Oui, complètement.

Je me demande comment réagissent les enfants, dotés d’une famille équilibrée, à la lecture de ce livre. Quant à ceux qui vivent dans des foyers, je n’oserai même pas leur mettre ce livre entre les mains. Qui a envie de lire sa réalité dans un roman, même sous forme de conte ?

Abdou et Yoan nous montrent cette réalité que l’on ne voit pas, ces enfants qui se fondent dans la masse ou qui même, parfois, sont déscolarisés. Ils ne sont pas tendres entre eux, ils ne sont pas tendres avec les adultes – et un adulte n’est pas tendre avec eux, le directeur. Plus encore que l’ogre, il paraît un homme d’un autre temps, tel qu’on pouvait en trouver dans la littérature jeunesse des années 50, dans lequel on expliquait aux enfants « placés » que c’était leur faute, et que s’ils étaient « autrement », ils seraient toujours avec leurs parents. Ce ne sont pas les enfants, les problèmes, ce sont les parents qui en ont. Et si le récit ne s’attarde pas sur les raisons qui ont conduit les protagonistes dans ce foyer au nom magnifique, il ne cache rien des piques que leur envoie le directeur – qui lui, sait.

Une seule nuit, trois protagonistes, quatre bientôt avec Linda, c’est presque une tragédie qui se noue sous nos yeux : comment empêcher l’ogre de dévorer tous les enfants ? Abdou et Yoan sont pleins de ressource. Ils n’ont sans doute jamais lu les mille et une nuit, mais sont plein de ressources pour se tirer d’affaires et faire parler l’ogre. Pour les citer : « comme quoi, au foyer, on acquiert décidément de bons réflexes de survie ».

Au passage, nous en apprenons un peu plus sur les ogres, ces charmants personnages qui hantent les contes et adorent le vert. Ils ont un avantage certain sur certains adultes : ils tiennent toujours leurs promesses.

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Ombres et soleil de Dominique Sylvain

couv_ombres_et_soleilPrésentation de l’éditeur :

Janvier 2013. Lola Jost tente de tromper l’ennui avec un puzzle lorsque le capitaine Hardy frappe à sa porte : Arnaud Mars – l’ancien divisionnaire mêlé à une affaire de contrats et de rétro-commissions douteuses – a été retrouvé mort en Afrique, une balle dans la tête. Le commandant Sacha Duguin, qui avait dû en découdre avec lui, apparaît comme le couple idéal.

100142514.to_resize_150x3000Mon avis :

Revoilà Lola et Ingrid ! Après Guerre sale, on n’était pas sûr de les retrouver en bon état, voire même de les retrouver tout court. J’ajoute qu’il est vraiment indispensable d’avoir lu – et apprécié – Guerre sale pour lire Ombres et soleil, qui lui fait vraiment écho : le fugitif du premier tome est devenu la victime au tout début du second. Quant à son ancien fils spirituel, qui s’est lancé à sa poursuite, il apparaît comme le coupable idéal, et il l’est aux yeux de tous. La seule exception : Lola Jost.

Bon… encore faudrait-il que Lola soit en état d’enquêter. Je ne vous parle pas de son état de santé – monter trois étages sans ascenseur lui ruine les poumons – mais de son état psychique. Les cauchemars hantent ses nuits, les cachets magiques l’aident dans la journée, à terminer le magnifique puzzle envoyé par son fils. Ingrid ? A Las Vegas. Avoir failli perdre la vie lui a donné envie de prendre ses distances avec la France.

Pour sauver Sacha, Lola devrait non seulement retrouver la pleine possession de ses moyens, mais surtout remonter dans le passé, remuer la vase, la fange, bref, des affaires bien puantes auxquelles plus personne ou presque n’a envie de penser. Et comme certains individus n’ont vraiment, mais alors vraiment pas du tout envie qu’on en reparle, ils ne sont plus à une bassesse près, un petit coup de pouce du destin, quand ce n’est pas un coup de feu, pour empêcher littéralement l’affaire de ressurgir. Même si les personnages politiques sont fictifs, ils ne sont pas sans renvoyer, en écho, à des affaires bien réelles.

Le récit est mené tambour battant, le rythme ne faiblit jamais, en dépit des nombreuses embûches rencontrés. Des touches d’humour bienvenues ponctuent l’intrigue.

Quel avenir pour Lola et Ingrid ? J’espère qu’un prochain volume de leurs aventures est en cours d’écriture.

Le pacte du Hob de Patricia Briggs

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Présentation de l’éditeur :

Haïe et redoutée, la magie avait disparu du pays. Elle s’en revient aujourd’hui, libérée des sortilèges des mages de sang. Et Aren sent croître son propre pouvoir, la  » vue  » qui lui révèle des instants du passé comme d’obscurs éclats d’avenir. Peut-elle s’en servir au profit de son village, que des maraudeurs menacent de piller et détruire ? Ils ont tué son mari et sa famille. Le peuple sauvage, fées, farfadets, spectres et gobelins, qui se manifeste à nouveau, peut-il lui venir en aide ? Et, surtout, le hob de la montagne acceptera-t-il de se mettre au service des villageois ? Ah ! c’est que l’assistance de cet être qui dit de nommer Caëfann a un prix, et qu’alors il faudra se résoudre à signer son pacte. Une fantasy émouvante où les petites gens, pris dans la tourmente de conflits qui les dépassent, doivent abandonner leurs préjugés pour survivre.

Merci à Babelio et aux éditions Milady pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce roman est le troisième opus de Patricia Briggs que je découvre, après Mercy Thompson et Alpha et Omega. Ce que j’ai apprécié d’entrée de jeu est la capacité à créer un univers très différent. Pas de loups garous, pas de monde contemporain mais un univers de fantasy pur, avec d’extraordinaires créatures et de cruels ennemis, et la magie est la clef de cet univers.

Elle n’est pas un don, mais un fléau, pire une malédiction, ne laissant le choix qu’entre la mort, l’embrigadement (soit quelques années gagnées avant la mort ou la folie) ou le silence prudent. C’est le choix qu’a fait Aren, l’héroïne du livre. Elle « voit » et garde ses visions pour elle. Son bonheur tout neuf ne sera que de courte durée. Puisqu’elle n’a pu sauver les siens, elle préfère révéler la vérité à tous – qu’ils décident si la révélation de ses visions peut les aider.

Le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer dans ce récit où le manichéisme n’est qu’apparent. Des gens « bien » peuvent être amenés à commettre des erreurs, des horreurs pour se protéger, pour protéger les siens, ou simplement pour sauver sa vie. Rien n’est aussi simple qu’il y paraît, dans ce monde où les créatures magiques sont le plus souvent des créatures maléfiques, ou, du moins, des créatures à ne pas contrarier impunément.

Sauf peut-être le Hob, et encore : il est le dernier survivant de son peuple, et nous avons entendu ses pensées, ses commentaires bien avant qu’Aren ne le rencontre en chair et en os. Il est pour moi le personnage le plus sympathique de ce récit – le plus direct aussi. Pas de mauvaises surprises, ni de mauvaises intentions dissimulées – il serait presque reposant s’il n’était aussi déterminé et aussi positif.

Le pacte du Hob fera passé un bon moment de lecture à tous les amateurs de fantasy.

Billet sans humeur et challenge A reading’s week

Je suis en vacances – premier constat – et en dépit de 218 copies à corriger, je compte bien en profiter.

Premier petit souci : trouver un livre qui me transporte, me change les idées, en bref, m’apporte un vrai plaisir de lecture. Ce fut le cas hier avec Ombres et Lumières de Dominique Sylvain, dont je vous reparlerai bientôt. Il était aussi bon que ce macaron chocolat/noix de coco dont voici les photos ci-dessous :

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Par contre, aujourd’hui… je n’ai eu que des lectures insipides, quand je n’ai pas purement et simplement abandonner le livre au bout de dix pages (là, par contre, pas de soucis, je ne vous en reparlerai pas ! ).

Pour les vacances, je me suis inscrite au challenge A reading’ week. Le but est de lire quatorze livres en quatorze jours, dont un thriller (facile), une romance, un livre avec Noël ou Hiver dans le titre, un livre offert à Noël (ou le dernier livre acheté) et un livre écrit par un auteur dont le nom a la même initiale que le sien. Je lirai donc un roman de Chris Riddell. Pour le reste… je me laisserai porter par les énormes piles de livres et les deux bibliothèques bien remplies qui sont dans mon bureau et mon salon.

Un dernier macaron pour la route :

019Bonne soirée à tous.

Lundi 22 décembre :

Ce sont les vacances. Donc, je me détends.

J’ai vu deux films aujourd’hui : Les pingouins de Madagascar et Le domaine des dieux. J’ai préféré le second, très drôle.

J’ai lu, aussi, les trois quarts de Debout dans la tombe d’un autre d’Ian Rankin et la moitié de l’ogre au pull vert moutarde de Marion Brunet.

J’ai fait les courses, aussi.

Mardi 23 décembre

Je suis fatiguée, ce qui ne m’empêche pas de faire une petite sortie entre copines et d’emprunter deux livres de James Sallis.

J’ai terminé Debout dans la tombe d’un autre et l’ogre au pull vert moutarde. Je commence Le frelon noir.

Mercredi 24 décembre :

Toujours fatiguée. Je termine Le frelon noir et commence Papillon de nuit.

Jeudi 25 décembre :

Je suis fatiguée (bis) et reçois mes cadeaux de Noël.

Je commence la lecture de plusieurs livres, et lis un manga. Je termine aussi Le roi disait… de Clara Dupond-Monod.

Vendredi 26 décembre :

Je prends le train pour Paris. Je vais à la Comédie Française, voir Le misanthrope de Molière. Place idéale (orchestre, quatrième rang, au milieu). Dans le train, je lis La chance que tu as de Dennis Michelis et je commence Moriarty d’Anthony Horowitz (sur la liseuse).

Samedi 27 décembre :

Je progresse, je progresse, mais je n’ai terminé qu’un livre : Papillon de nuit de James Sallis.

Il faut dire que je lis surtout des « gros formats » (trois à quatre cents pages) et que je passe de l’un à l’autre pour éviter de stagner, ou de perdre l’envie de lire, ce qui m’arrive si je lis un roman d’une seule traite.

Dimanche 28 décembre :

 

 

Les jeunes filles et la mort de Michael Genelin

Présentation de l’éditeur :

En plein coeur de l’hiver, sur une autoroute verglacée de Slovaquie, un minibus achève de flamber… Six jeunes femmes ont péri dans l’accident. Le commandant Jana Matinova, appelée sur les lieux, reconnaît l’une d’entre elles, devenue prostituée à Bratislava Mais ce qui paraît une affaire banale est en réalité le point de départ d’une enquête qui va mener Jana dans les méandres terrifiants du trafic d’êtres humains, aux quatre coins de l’Europe de Kiev à Strasbourg en passant par Nice et Vienne à la recherche d’un tueur impitoyable, lui-même déterminé à retrouver une jeune et belle russe qu’il veut éliminer.

Mon avis :

Je n’irai pas par quatre chemins : je n’ai pas aimé ce livre. J’ai même eu l’impression que ma lecture traînait en longueur, n’ayant pas du tout l’impression d’avancer. L’intrigue, oui, progressait, et moi, je faisais du sur-place.

Quels reproches adresserai-je donc à ce livre ? En premier lieu, l’accumulation de cadavres, avec des passages de vie à trépas qui ne frôle pas le mélodrame, non, le lecteur est en plein dedans. Ne me demandez pas de m’appesantir sur la psychologie des personnages, il n’y en a pas – ou si peu. Ils sont plutôt définis par un trait de caractère, et par une émotion : la peur. Oui, elle est bien légitime, puisque les menaces sont réelles. Elle semble pourtant l’un des seuls moteurs de l’action.

Puis, j’ai eu l’impression que certains personnages étaient laissés sur le bord de la route, et complètement oubliés. Pas ou peu de chagrin pour les victimes, vidées de leur substance pour être juste des cadavres. J’ai failli dire « des pions sur un échiquier ». Même pas : il faudrait alors penser à une stratégie, à des criminels géniaux, ce n’est pas le cas. Même le fameux Koba, élevé au rang de mythe, manque de charisme. Et pourquoi avoir tué Moïra, je vous le demande un peu ?

Ensuite, j’ai trouvé les incessants retours en arrière pour découvrir le passé de l’enquêtrice et la cause de sa brouille avec son unique fille fortement ennuyeux à la longue. Katka, la fille de Jana Matinova, est une création trop manichéenne pour être convaincante.

Enfin, si j’ai choisi de lire ce livre, c’est parce que l’action se passait principalement en Slovaquie. Qu’ai-je appris de ce pays ? Il semble que peu de choses le distinguent des autres pays de l’ex-bloc communiste, que ce soit avant ou après. Certes, je ne cherche pas le folklore à tout prix, cependant l’action aurait pu se passer n’importe où, cela n’aurai pas changé grand chose, si ce n’est cette impression lancinante d’indifférence.