Archive | 27 décembre 2014

La chambre des officiers de Marc Dugain

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Mon résumé :

1914, mobilisation générale. Parmi les conscrits, Adrien Fournier, jeune ingénieur. La guerre, il ne la verra pas. Première mission de reconnaissance, et un obus marquera la fin de la guerre pour lui. Non, il n’est pas mort, son visage a été tranchée comme par une hache. Amené à Paris, au Val de Grâce, seul hôpital capable de soigner ses blessure, il est le premier occupant de La chambre des officiers.

1312260953408502211846257Défi premier roman

Mon avis :

J’ai lu beaucoup de premiers romans cette année, et rares sont ceux que j’ai pu qualifier de coup de coeur, de parfaites réussites. Vous me direz… On sait, désormais, que Marc Dugain est un auteur connu, reconnu, qui n’en est plus à son coup d’essai. Oui, mais quand La chambre des officiers est paru, on ne le savait pas, on pouvait simplement le prévoir, tant ce roman est époustouflant.

Il est rétrospectif, d’abord. Dès la première page, on sait qu’Adrien, bien que mobilisé, ne verra pas la guerre des tranchées. Pourquoi ? Comment ? Les pages suivantes nous le révèlent, avant de nous raconter sa guerre. La sienne, et celle de ses amis.

Elle ne désemplit pas, cette chambre des officiers. Certains n’y font que passer, parce que leurs blessures sont moins graves que prévues, parce qu’ils n’ont pas survécu, parfois même pas repris connaissance. Parmi les survivants, deux hommes prendront une grande importance dans la vie d’Adrien : Paul Weil et Henri de Penanster. Oui, il serait facile de dire que les trois hommes sont devenus amis parce qu’ils sont des gueules cassées. Ils sont devenus amis parce qu’ils ont la volonté de vivre, malgré tout, la volonté de ne pas se plaindre, la volonté de ne pas achever le travail commencé par les allemands, la volonté d’aider aussi les nouveaux arrivants. Eux aussi mènent leur guerre, contre ceux qui désespèrent, contre le regard des autres aussi. Les infirmières, les médecins, qui s’acharnent à redonner leur humanité aux patients, par des gestes simples (mais auxquels il fallait penser, comme donner à Adrien une ardoise pour qu’il puisse « parler ») se sont habitués à leur visage, et affronter le monde extérieur, c’est aussi se confronter aux regards des autres. Comme une nouvelle bataille. L’une des plus importantes, peut-être.

Ce roman ira jusqu’au bout de l’amitié entre les trois hommes, jusqu’au retour à une vie que l’on peut qualifier de « normale » : un travail, un mariage, des enfants. Jusqu’à la seconde guerre mondiale, aussi, et voilà deux anciens soldats qui montent au front pour en sauver un troisième. Combattre est toujours possible, transmettre aussi : la dernière phrase du roman est à ce titre exemplaire.

La chance que tu as de Denis Michelis

9782234077416-XMa présentation :

Un jeune homme se rend, véhiculé par ses parents, dans un domaine. Ceux-ci lui ont trouvé un travail. Il ne mesure pas « la chance qu’il a ».

1312260953408502211846257Défi premier roman

Mon avis :

Hier, je suis allée à Paris, j’ai assisté à la représentation du Misanthrope de Molière, avec l’excellent Loïc Corbery en Alceste. Dans le train du retour, j’ai lu La chance que tu as. Et je n’ai pas du tout aimé ce premier roman.

Ce roman serait-il un conte ? Si oui, ce serait le troisième que je lirai cet année, et, dans un tout autre registre, le troisième à montrer les dures réalités du monde du travail pour les jeunes qui vivent encore au crochet de leurs parents.

Conte ou fable, finalement, sans morale, si ce n’est les phrases assénées au personnage principal, sans nom, sans âge, qui ne sait même plus ce qu’il fait ou ce qu’il ne fait pas, qui perd la notion du temps, qui se perd, se fait exploiter, et finit par se fondre dans le décor. Il subit humiliation sur humiliation, avec ou sans (dé) gradation et ne proteste pas, ne réplique pas. Avec « la chance que tu as », tu ne vas pas en plus te plaindre, tout le monde n’a pas de travail, etc, etc…

Les chapitres, courts, les personnages, nommés, désincarnés, bourreaux après sans doute avoir été victime en leur temps, montrent que le monde du travail est impitoyable, absurde, comme le montre aussi l’absence de liens logiques entre certains épisodes. Rien de neuf sous le soleil, donc, mais l’impression tenace d’avoir perdu mon temps à lire ce livre. challengerl2014