Archive | 25 décembre 2014

Meurtres au palais de Magdalen Nabb

meurtres-au-palais-14836

Résumé :

L’adjudant Guarnaccia assiste à la fête du Calcio Storico de Florence, lorsqu’il est entraîné par un étrange personnage jusqu’à une porte menant dans la tour d’un palais. Dans l’une des salles gît le cadavre de son maître, l’époux de la célèbre marquise Ulderighi. Suicide ? Meurtre ? Ou simple accident ? Tous les occupants de la noble demeure, la marquise en tête, aspirent à une conclusion rapide de l’enquête et notre adjudant aurait tout intérêt à valider la thèse de l’accident. Mais l’atmosphère pesante des lieux et la personnalité de ses habitants attirent vite les soupçons de Guarnaccia. Car même s’il risque sa carrière en l’affirmant, il est convaincu que le palais séculaire a été le théâtre d’un acte criminel.

Mon avis

Il n’est crime plus difficile à résoudre que celui sur lequel personne ne veut que l’on enquête. Le mari de madame la marquise est mort ? Et bien soit ! Que vient donc faire la police dans cette affaire ? La marquise est la dernière descendante d’une des meilleures et des plus anciennes familles de la ville. On dit même qu’elle serait victime d’une malédiction, le palais serait hanté ! Ce n’est pas que la marquise vit au moyen-âge et pense encore que la police est à ses ordres, comme ses domestiques, non, la marquise vit hors du temps et n’a que faire des sordides contingences actuelles.
Et Guarnaccia ? Il sent la tragédie, et veut aller au delà des apparences. Des années, à vivre, à enquêter à Florence lui ont permis d’acquérir le doigté nécessaire pour savoir comment enquêter – en toute discrétion. Comment savoir aussi quand il faut se taire. Certains morts méritent de reposer en paix.
Meurtre au palais est un huis-clos tragique, où raison et folie se cotoient.

100142514.to_resize_150x300091121022Challenge-anglais

Love stage de Mikiyo Studa

tous les livres sur Babelio.com

Présentation de l’éditeur :

Sena Izuma est le dernier né d’une famille composée uniquement de personnes célèbres et talentueuses. Malheureusement pour lui, il est loin de respecter la norme familiale. Sena est un Otaku fan de «Magical Girl LalaLulu» et ne rêve que d’une chose : devenir un mangaka ! Cependant, un jour, il finit par apparaître malgré lui dans une publicité. Ne pouvant refuser, cette expérience restera un très mauvais souvenir pour lui. Dix ans plus tard, Sena voit son passé refaire surface quand il retrouve Ichijou Ryouma, un jeune acteur très populaire, avec qui il avait tourné LA fameuse publicité …

Merci à Babelio et aux éditions Taifu comics pour ce partenariat.

Mon avis :

Que signifie « être normal » ? Izumi, le héros de ce yaoi, considère qu’il est le seul membre de sa famille à l’être, parce qu’il n’est pas un artiste. Mais si l’on admet qu’être « normal » signifie « qui n’a rien d’exceptionnel » ou « qui est conforme au plus habituel », Sena, qui refuse de devenir acteur, ou chanteur comme tous les autres membres de sa famille, est-il réellement normal, à leurs yeux et à ceux (munis de lunettes) de Rei Sagara, qui gère la maison de production de la famille ? D’ailleurs, il souhaite pratiquer un métier artistique, puisqu’il veut devenir mangaka. Premier  problème (et de taille) : il ne dessine pas très bien. Second problème : ses parents, son frère aîné aiment beaucoup Izumi et ne veulent surtout pas qu’il devienne un otaku, un de ses adolescents qui passent ses journées (et ses nuits) enfermés dans sa chambre, à lire des mangas, à jouer à des jeux video, bref, à être totalement coupés du monde. Ils ne veulent que le bien du petit dernier, et n’ont pas renoncé à en faire un artiste.

Vous me direz, pour l’instant, on n’est pas vraiment dans le yaoi. Je vous rassure, on y vient. En effet, à la liste des problèmes que rencontre Izumi, s’en rajoute un autre : il a tourné dans une publicité dix ans plus tôt, grimé en fille. Nécessité fait loi : on n’avait que lui sous la main, et il a parfaitement fait l’affaire. A l’heure actuel, le gentil garçon qui lui tenait la main dans la publicité est devenu adulte, il est célèbre et il veut bien tourner une nouvelle publicité… avec sa partenaire de l’époque. Et c’est là que tout se gâte… ou presque.

Et oui, l’intrigue n’est pas si simple, parce que les personnages ne le sont pas. Comment admettre que la fille dont on est amoureux est en fait un garçon ? Et une fois qu’on l’a admis, que faire ? Renoncer ou accepter ? Et le garçon-fille (pour emprunter le terme à une chanson d’Indochine), comment réagit-il ? Le graphisme qui le définit montre sa jeunesse, son immaturité aussi, lui qui ne peut se passer de ses doudous, et se demande bien ce qui lui arrive. Mine de rien, sa famille le surprotège et l’expose à la fois, tout en devant faire face aux conséquences. D’ailleurs, par un procédé de mise en abîme pas si inattendu que cela, Izumi se voit comme un personnage de BL (Boy’s Love, soit une catégorie de Yaoi).

Ce premier tome pose beaucoup de question sur la place au sein de la famille, sur le fait de grandir, de s’accepter (ou pas) et d’accepter aussi le regard des autres sur vous. Bâti sur un quiproquo, l’intrigue est plus intéressante, plus profonde qu’elle n’y paraît et marque pour moi un retour à la lecture des mangas.