Ikebukuro West Gate Park d’Ira Ishida.

couv49269936Quatrième de couverture

Bienvenue à Ikebukuro West Gate Park. Un square ouvert aux aventuriers urbains, à la sortie ouest de la gare d’Ikebukuro. C’est là que Makoto et ses amis ont établi leur QG. Makoto a dix-neuf ans, et c’est un trouble shooter, un « solutionneur d’embrouille ». Des embrouilles, il n’en manque pas dans ce quartier où se rencontrent gamins à la dérive, yakuzas, filles perdues et clandestins dans le Japon de l’envers. Avec pour seules armes et son énergie et sa débrouillardise, Makoto résout les énigmes, vient en aide à ceux qui sont dans la détresse, et tente de ramener la paix dans les rues menacées par une sanglante guerre des gangs…

logo-challenge-c3a9crivains-japonaisMon avis :

Quelle image avons-nous du Japon ? Un pays calme, serein, zen, où tout est bien rangé, bien ordonné, bien hiérarchisé ? Où les adolescents se préparent très tôt à une bonne carrière, en visant l’excellence dès le plus jeune âge ? Si la lecture des romans de Ryu Murakami n’a pas déjà changé votre vision de ce pays, je vous donne rendez-vous à Ikebukuro.

Vous trouverez facilement : c’est un quartier de Tokyo, célèbre pour ces commerces et sa librairie, la plus grande de la ville. Ici vit Makoto. Il n’a pas fait « de bonnes études », il a simplement terminé, tant bien que mal, le lycée technique. Il aide maintenant sa mère dans son petit commerce. Il est malgré tout mieux loti que ses amis. L’un d’entre eux, pourtant promis à un brillant avenir, ne quitte plus sa chambre, au grand désarroi de sa mère. Un autre a rejoint les yakouses, seuls moyens qu’il a trouvé pour se faire des amis. Makoto est aussi un « solutionneur d’embrouille », ou un « peacemaker », comme il se présentera lui-même, avec justesse, dans la quatrième nouvelle de ce recueil.

En effet, ce livre se compose de quatre grandes nouvelles policières, qui donnent une image glaçante de la jeunesse japonaise. L’argent ne fait rien à l’affaire, ou presque : la jeunesse dorée est toute aussi désœuvrée, elle a même des divertissements que d’aucuns ne peuvent soupçonner. Quant à ceux qui ne sont pas nés avec une cuillère en argent dans la bouche, ils leur restent peu de solutions. La prostitution, pour gagner vite de l’argent ? Un mariage, des enfants, pour devenir une femme respectée ? Petits boulots, petites combines ? La violence est partout, presque légitimée, tant personne ne songe à porter plainte. Les adultes n’interviennent que lorsque leur seuil de tolérance est atteint – c’est à dire quand un décès est à déplorer, ou quand la guerre civile est proche. Ne croyez pas que j’exagère.

Makoto, lui, évolue au fil du texte. Il se cultive, déjà, en écoutant de la musique classique – et tant pis s’il semble bizarre aux yeux des autres. Il garde les yeux grand ouvert, observant ce qui se passe dans son quartier, qu’il connaît parfaitement. Jeune encore, il est parfaitement lucide sur ceux qui l’entourent, dut-il en souffrir. Il ne se ménage pas, et encaisse lui aussi des coups, physiquement, moralement. Il n’est pas pour rien le narrateur de ce récit dont Ikebukuro est le personnage principal.

A lire si vous aimez les romans policiers qui sortent de l’ordinaire.

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