Archive | 1 décembre 2014

Maigret et les petits cochons sans queue de Georges Simenon.

Mon avis :

Le problème, avec ce recueil de nouvelles, est qu’il fait passer le commissaire Maigret pour le héros de ces récits, alors qu’il n’apparaît que dans deux d’entre elles, et même pas dans la nouvelle qui donne son titre au recueil.

Nouvelles policières, oui, mais surtout nouvelles réalistes, qui montrent comment un crime vient perturber la vie quotidienne de personnes extrêmement banales : un couple de jeunes mariés, un médecin, un cafetier, sa femme et leur serveuse, une épouse respectable et ses rejetons. Que ne ferait-on pas pour préserver un secret ? Que ne ferait-on pas pour garder près de soi la personne que l’on aime le plus, ou, paradoxalement, que l’on hait le plus ? Ces textes apportent une réponse crue et cruelle à la fois. On peut mourir d’aimer, tout le monde le croit. On peut aussi mourir de ne plus avoir personne à haïr.

Paris, Province, au fond, quelle importance ? Les petits jardins des petites villes cachent bien des tourments, parfois, tout comme les appartements peuvent cacher de doux amours. Simenon montre que les hommes peuvent être lâches, mesquins, avares, ou bien trop imprévoyants. Par conséquent, soit les femmes leur emboitent le pas, ne luttant pas, et se montrent veules, soit elles se montrent courageuses, prenant leur vie en main, protégeant les leurs. Simenon, ou l’art de raconter des tragédies quotidiennes invisibles.

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